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Des strip-teaseuses se font cruellement massacrer par un mystérieux assassin. Une journaliste, Nancy Weston, engage le détective privé Abraham Gentry afin que celui-ci découvre l'identité du tueur et lui permette d'écrire un scoop pour son journal…



Le Pape du Gore a encore frappé ! Et pour la dernière fois, Lewis ne réalisant son film suivant que 30 ans plus tard, avec "blood feast 2" ! L'inventeur du gore, qui marqua d'une pierre rouge sang l'histoire du cinéma en 1963 avec "blood feast", se retira de ce milieu après ce "gore gore girls", réalisé en 1972. Il se consacrera pendant toutes ses années d'inactivité filmique à la rédaction d'ouvrages sur la communication, 27 livres environ, et donnera même des cours sur ce sujet.

"The gore gore girls" porte typiquement la marque de son auteur. Acteurs au jeu moyen, érotisme soft et répétitif, humour et gore bien jouissif. Des défauts qui font aussi sa qualité, le charme rétro de l'œuvre en étant décuplé. Malheureusement, le film n'échappe pas à une certaine lenteur, avec des situations qui se répètent, devenant parfois un peu rébarbatif, mais heureusement contrebalancé par des personnages atypiques et des meurtres extrêmement graphiques, qui en font une petite réussite parmi les autres œuvres de son auteur.



Comme souvent dans les films de Lewis, les acteurs ne sont donc pas de catégorie supérieure, les trois personnages principaux n'ayant que ce film à leur actif, si on excepte Amy Farrell qui a joué aussi dans "airport 75" !! Est-ce étonnant ? Pourtant, Frank Kress n'est pas mauvais dans son rôle de détective privé un brin macho, un brin dandy, style "le magnifique" avec Belmondo. Comment ? La comparaison est un peu exagérée ? Oui, peut-être un peu, j'avoue…
Néanmoins, il campe là un personnage fort sympathique, ne reculant devant rien pour amener son enquête à son terme, quitte à devoir y mettre de sa poche pour obtenir des témoignages. Un personnage bourré d'humour également, dont les bons mots et réflexions nous feront bien sourire ! Il est accompagné dans sa recherche par la jeune journaliste qui l'a engagé. Un personnage plus "potiche" qu'autre chose, ne servant pas à grand chose dans l'histoire.

Tout au long de son enquête, le détective sera amené à fréquenter des endroits divers, et notamment une boite de strip-tease qui voit ses employés passés de vie à trépas de manière assez fréquente. De drôles de personnes se trouvent dans cet endroit haut en couleur, le plus hallucinant étant cet ancien du Vietnam, totalement déboussolé, qui dessine au feutre des visages sur des fruits et légumes avant de les éclater entre ses puissantes mains, se rappelant les horreurs qu'il a vu pendant cette guerre. Il faut le voir pour le croire !! Lloyd Kaufman a dû s'extasier devant un tel individu, typique de l'esprit Troma Films ! Et qui ferait un suspect idéal ?



Qui dit histoire se déroulant dans le milieu du strip-tease dit forcément vision d'effeuillages de jolies filles sur l'écran ! Nous serons servis à ce niveau, puisque nous assisterons en même temps que les personnages, à de nombreux numéros de charme et de déshabillage. Des effeuillages très softs, se limitant à la vision des seins et de quelques paires de fesses, mais tout à fait dans l'esprit "nudies" des années 60. La répétition de ces numéros, malgré le changement de strip-teaseuse, a légèrement tendance à nous assoupir et fait baisser le rythme, déjà pas très soutenu.

Mais en bon artisan du genre, Lewis nous sort de cette petite lassitude grâce à des meurtres bien barbares dont il a le secret. Je pense que "the gore gore girls" est son film le plus extrême en terme de violence. Bien sûr, les effets spéciaux apparaissent en 2006 bien "cheap", bien datés, mais ils satisferont aisément les amateurs de barbaques sanguinolentes. Parmi les réjouissances, un visage défoncé entièrement à coup de hachoir, une paire de fesses féminines frappée avec une sorte de petit maillet, jusqu'à ce que les fesses ressemblent à une pizza, avec, comble du raffinement, l'ajout sur cette bouillie fessière par le tueur d'une petite touche de sel et de poivre. Mortel !! Suivront des égorgements, de l'écrasement d'œil fraîchement extirpé de sa cavité, du grillage de visage via un fer à repasser, etc, etc.
Du grand art dans la manière de varier les plaisirs donc, fait avec conviction, et qui s'avère encore une fois fort sanglant, même si les astuces ne passent plus inaperçues de nos jours.



Ce dernier film de Lewis avant son come-back dans les années 2000 est avant tout destiné aux fans des réalisations de ce grand monsieur, puisqu'on y retrouve tous ses défauts et ses qualités et qu'il est tout à fait compréhensible que la plupart n'adhèrent pas. Il est également conseillé aux fans de gore qui tâche, qui regarderont avec nostalgie ces effets spéciaux bien dépassés mais qui avaient le mérite d'exister. Pour les autres, ce film oscillera entre ennui et dégoût, lorgnant vers un certain côté "amateur" qui pourra les rebuter fortement. Pour ma part, je rentre dans la première catégorie, et même si je reconnais volontiers que ce film n'est pas exempt de moult défauts, le charme opère quand même. Il suffit de se mettre dans le bon état d'esprit et de savoir à l'avance qu'on ne va pas assister à un blockbuster mais à la vision d'un film d'exploitation horrifique typique des années 60/70. On sent également la passion du réalisateur, et le désire d'en donner pour son argent au public. Mission réussie de ce côté là, et qui fait qu'on pardonne vite les petites maladresses de ce film, dont tout le monde aura compris le jeu de mot du titre, version trash des célèbres Go Go Girls ou Go Go Dancers !