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Dans des temps très anciens. Une prêtresse viking se livre à un sacrifice humain afin d'acquérir les pouvoirs de la "coupe de sang", objet maléfique renfermant une grande puissance. L'irruption d'un chevalier transforme la cérémonie en carnage. Avant de mourir, la prêtresse lance une malédiction sur la coupe : quiconque boira dedans sera possédé par la force de l'objet et mourra atrocement. Des siècles plus tard, des archéologues découvrent la coupe dans les vestiges de la salle des sacrifices. De nos jours, le pouvoir maléfique de la coupe est toujours présent et elle attire à elle toutes sortes de personnes afin de faire suivre la malédiction et permettre à la prêtresse de se réincarner…



Que les amateurs de films "trash" lèvent la main ! Ce film d'Andreas Schnaas, réalisateur allemand frappadingue, déjà auteur de films extrêmes comme "Violent shit", "Violent shit 2", "Demonium" ou "Infantry of doom" est fait pour vous ! Si en plus, vous appréciez la musique métal et punk rock, si les séquences gores "bricolées" ne vous dérangent pas, si vous aimez être choqués par des scènes de sexe déviantes, vous réunissez toutes les conditions pour être enchantés par ce film de 1996, qui était à la base un projet devant réunir différents réalisateurs, mais, se retrouvant seul, Schnaas s'est dépatouillé lui-même pour le mener à terme. Un accouchement qui a eu lieu fin 2004 !



Bon, mettons les choses au point : ce film n'est pas exempt de défauts. D'une courte durée (1H10, avec des génériques de début et de fin d'au moins 3 minutes chacune, tout en images de synthèse), on regrettera que certaines scènes soient quelque peu inutiles ou bien trop longues, comme la présence d'un commissaire de police et de son adjoint, qui ne servent strictement à rien, ou bien encore filmer un groupe interpréter un de leurs titres pendant au moins cinq minutes (des amis à Andréas je suppose). Idem pour la scène des archéologues, certes bien filmée, mais qui n'apporte pas grand chose en fait, puisqu'on ne saura jamais ce qui arrive à celui ayant découvert le "Goblet of gore". On le voit devenir comme fou et hop, on se retrouve à notre époque. Que sait-il passé entre temps ?? Mystère total. Dommage d'avoir fait une aussi longue ellipse sans expliquer quoi que ce soit. Cela renforce le côté très expérimental de l'œuvre mais nous laisse dans le flou concernant les événements. Le jeu des acteurs n'est pas non plus le point fort du film, mais ça, on en a l'habitude.



Malgré les défauts cités ci-dessus, on ne peut pas rester insensible devant "Goblet of Gore". C'est certainement le film le plus étrange de son auteur, le plus "trash" en tout cas parmi tous ceux que j'ai déjà vus. En effet, le métrage aligne des séquences assez hallucinantes, même si les effets spéciaux ne font pas longtemps illusions. Mais pour ce qui est de choquer, ils atteignent parfaitement leur but. La séquence d'introduction, avec la prêtresse, n'est qu'une mise en bouche de ce qui va nous attendre par la suite. Décapitations, découpage de bras à l'épée, récolte de sang dans la coupe maléfique d'un cou dont on vient de couper la tête, on se retrouve ici en plein film gore, mais du gore "classique" dirais-je, dans la veine de "Nikos the impaler" par exemple. C'est une fois dans notre présent que ça va devenir bien plus déviant. La coupe de sang apparaît comme par enchantement dans un concert et appelle à elle un jeune punk qui va avoir le malheur de boire dedans. Il entraîne dans un garage une punkette qui va avoir droit de pratiquer une fellation explosive, qui ferait passer celle du film "Elmer le remue méninges" pour un conte pour enfant. On devine que le sexe du punk n'est qu'un "sex toy" en plastique mais c'est suffisamment bien filmé pour que l'effet soit réussi. L'éjaculation provoque l'explosion des joues, l'expulsion des yeux puis l'explosion totale du visage de la pauvre nénette.

Schnaas va aller encore plus loin dans la scène suivante, où un couple, en possession de la coupe, est pris d'une frénésie sexuelle. En plein acte, le mec se laisse posséder par l'esprit de la prêtresse qui l'oblige à tuer sa compagne. Il lui enfonce un couteau dans le ventre pour l'éventrer, puis insère son sexe dans la coupure ventrale et se lance dans un va-et-vient sanglant, allant jusqu'à faire ressortir son sexe par la bouche de sa compagne, de l'intérieur, avant de se laisser jouir !! Shocking !!!

Ce sera ensuite le tour d'un vieillard d'être victime de l'esprit du "Goblet of gore". Ancien nazi, il va se retrouver entouré d'un commandant SS et d'une ravissante blondinette au doux prénom d'Ilsa. Cette dernière va nous massacrer le pauvre vieux, alors qu'elle fait l'amour avec lui pendant que le commandant se masturbe en regardant la scène, en l'égorgeant et en lui extirpant la colonne vertébrale du cou. Pour parfaire la séquence, la blondinette va uriner sur le cadavre avant que le commandant ne recueille le précieux nectar dans la coupe sanglante pour le boire…

Ayant eu le nombre suffisant de sacrifices, la prêtresse peut se réincarner afin de terminer sa cérémonie d'obtention du pouvoir qui avait été interrompue au début du film…



Ces séquences ont été conçues par Schnaas lui-même, aidé par Marc Trinkhaus. Des FX astucieux, qui font certes très amateurs, mais qui réjouiront encore une fois les fans de cinéma extrême et choquant. Des images bercées par de la musique bruyante et vivifiante, mélange de métal et de punk, qui donne la pêche, surtout si on est réceptif à ce genre de sonorité. De nombreux groupes sont présents sur la BO du film, qui mériterait un achat.

Pervers, irrévérencieux, choc, gore, expérimental, autant d'adjectif qui colle parfaitement au film de Schnaas. Le côté amateur est présent, le film ayant été entièrement filmé en Super 8, il y a des longueurs, qui auraient pu être supprimées, mais la mission de choquer est totalement remplie. Un film ovni, bien barré, qui confirme, s'il en était besoin, qu'Andréas Schnaas ne risque pas de nous livrer une comédie romantique. Ou alors de couleur rouge sang…
Bien sûr, on pourra se demander quel est l'intérêt d'un tel film. Faut-il être atteint du cerveau pour lui trouver des qualités, voir de prendre du plaisir devant un tel spectacle ? Mais après tout, ce n'est que du cinéma…








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