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Un ancien policier devenu romancier est appelé à la rescousse par un vieux collègue pour enquêter sur une étrange série de meurtres perpétrés à Los Angeles. Le seul indice potentiellement exploitable à propos de cette tuerie, semble être une sorte de toile d'araignée gluante collée aux murs de l'une des maisons où un des crimes a eu lieu. Au cours de leur enquête, nos deux acolytes font la connaissance d'une jeune femme, étudiante en génétique (forcément affublée de la sempiternelle paire de lunettes dont les intellos ne se séparent jamais), qui leur apprend qu'à la suite de recherches secrètes sur l'ADN, des scientifiques ont mis au point une forme de vie synthétique parfaite, mais que l'expérience a été abandonnée, laissant dans la nature une créature non maîtrisable se nourrissant de mœlle épinière humaine. Le temps passant, le monstre artificiel, redoutable machine à tuer, épie leurs moindres mouvements et est toujours en liberté. Arriveront-ils à le détruire, ou devront-ils assister au terrible holocauste auquel ils semblent prédestinés ?



N'ayons pas peur de le dire : nous avons affaire là à un film typique de monstre qui rassemble à lui tout seul tous les clichés idiots et récurrents de ce genre de production bis. Tout comme ses victimes moins rapides qu'une tortue, la créature se meut hyper lentement (moyenne de déplacement approchant les deux km/h !) et ferait passer Michaël Myers pour le "Marathon Man des serial killers" ! L'aberration de la nature engendrée par l'homme a également à son avantage un look complètement craignos à la limite du factice très bas de gamme (ça se résume à un homme engoncé dans un costume de lézard géant comme dans les Bioman et consorts de notre enfance, enfin la mienne !). La stupidité des victimes méritant leur compte est, par ailleurs, au rendez-vous (notamment une jeune fille qui va faire du roller dans un parking ; quelle riche idée vous ne trouvez pas ?). L'histoire bancale avec la conception d'une créature issue d'expériences génétiques devenant incontrôlable vient consolider les bases de cet édifice pour le moins chancelant. Pourquoi cette expérience déjà ? Pourquoi a-t-elle été délaissée ? Quelle est la réelle motivation de ses instigateurs ? Ces questions sont malheureusement trop vite éludées pour laisser place à des dialogues insipides et à des scènes d'homicides un peu molles du genou. Enfin, en sous intrigue, on a une pseudo romance foireuse entre une fille insignifiante et le héros qui, soit dit en passant, est insupportable tellement il a trop confiance en lui. A titre d'exemples : il est convaincu que son éditeur a tellement besoin de lui qu'il le publiera quoi qu'il écrive et enfin, il provoque un accident avec sa voiture en reculant sans prêter garde au rétroviseur et accuse injustement la personne derrière lui de lui être rentrée dedans. Ce n'est pas du gentleman ça, Mesdames !?



A l'instar de "CHUD", qui à côté, est un chef-d'œuvre en péril, Scared to death voit la majeure partie de ses scènes d'action ou de meurtre, tournées dans les égouts où la bête a semble-t-il élu domicile. Sauf que là, la musique est digne des meilleurs soap opera (sic), les protagonistes sont ennuyeux à mourir, le rythme est ultra lent, et surtout on ne voit strictement rien, alors que les trois quarts du temps, les scénettes ont lieu dans le noir le plus complet, sympa donc comme ambiance ! Cela dit, tout l'argent du budget, aussi restreint fût-il, a forcément dû passer quelque part et pourquoi pas dans le costume de la bête ? Ah ben non en fait, il était pitoyable ! Bon ben il a servi à payer les acteurs alors ? Non plus, car ils sont tous mauvais et inconnus au bataillon ! Peut-être le co-scénariste du coup ? Ben, disons qu'une histoire de monstre génétiquement modifié qui tue des gens ce n'est pas très novateur et ce, même au début des années 80 ! Bon alors quelqu'un a dû piquer dans la caisse, je ne vois pas d'autre explication ! Ah attendez on vient de me dire à l'oreillette qu'en fait il n'y avait pas beaucoup d'argent et que c'est William Malone lui-même qui a financé son premier film ! Ouf, tout s'explique!

Bon, trêve de galéjade et soyons sérieux cinq minutes. Il est évident que ce film est très mauvais. Apparemment William Malone a dû être très impressionné par les travaux de Dan O'Bannon, Ridley Scott et Giger (à la fois scénariste, réalisateur et concepteur de la créature d' "Alien"), au point de faire de son métrage une espèce de sous "Alien urbain". On en veut pour preuve le costume de la créature quand même très proche du travail de Giger sauf que pour celle de Scared to death, une affreuse langue sort de la bouche de la bête pour aller téter le liquide spinal des pauvres énergumènes passé un peu trop près, ce qui, cela étant, est très drôle à voir la première fois ! On se dit alors qu'il y a probablement une explication Freudienne à ça. En effet, la langue pourrait représenter un phallus comme dans nombre des dessins de Giger, qui sait ? Mais on doute que l'analyse des scénaristes (Malone et un pote) soit aussi poussée…



Force est de reconnaître cependant que William Malone est un artisan du bis, et il avouera que sa première contribution au cinéma Scared to death, pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris !) est un remake officieux et technologique de "L'étrange créature du lac noir". Pourtant, il est bien difficile de faire le rapprochement après avoir visionné les deux métrages ! Plus tard, il dirigera Klaus Kinski dans "Creature" (un ersatz d' "Alien" prenant place dans l'espace mais avec un vrai financement). Après une période de vaches maigres télévisuelles (la série des Freddy), Malone intègrera l'équipe de Dark Castle (Robert Zemeckis, Joel Silver) et se fera la main sur quelques épisodes des "Contes de la crypte", ce qui lui vaudra un passeport direct pour la réalisation de "La maison de l'horreur" (son seul véritable succès cinématographique à ce jour, c'est pour dire !). En bref, une carrière discrète mais toujours vouée au bis. Quelle intégrité, ce Malone !



Il faut également noter que ce petit navet sera, en 1990, suivi d'une séquelle intelligemment baptisée : "Syngenor" pour "Synthetized Genetic Organism" dans la langue de Shakespeare. Ah ben tiens, vous n'allez pas me croire, mais c'était déjà le nom de l'expérience ratée des scientifiques de Scared to death ! Quelle coïncidence ! Heureusement, mais il paraît que cette fois-là, ils avaient un budget relativement correct. Cela dit ça n'a pas empêché le film de passer aux oubliettes, tout comme son illustre aîné d'ailleurs !

Vous l'aurez donc compris, il n'y a rien à sauver dans ce nanar même si on peut, par moments, sourire devant le côté cheap des effets spéciaux et la langue du monstre. A éviter donc, sauf si on veut s'en servir comme somnifère, car avouons-le, Scared to death est un peu le Derrick des films de monstres !

Titres alternatifs : Demon Paradise, Les Cicatrices de la Mort, The Aberdeen Experiment.