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Le professeur Quatermass vient en aide à un couple d'automobilistes dont le conducteur n'est pas dans son état normal et présente une étrange marque au visage, marque provoquée par la chute d'une multitude de petites météorites. Après avoir fait des recherches sur cette chute soudaine de pierres venant de l'espace, Quatermass découvre l'existence d'une usine ultra protégée, dont les gardes sont porteurs de la curieuse marque…



Deux ans auparavant, la Hammer avait lancé sur grand écran le personnage du professeur Quatermass dans le très bon film "Le monstre". Enorme succès pour ce premier volet, il était donc normal de le voir réapparaître. Tout comme pour "Le monstre", ce second film est basé sur une série télévisée de 6 épisodes, d'une durée de 180 minutes, réalisée en 1955. C'est le scénariste de cette série, Nigel Kneale, qui s'est occupé cette fois du scénario, avec le réalisateur Val Guest. Pas évident de raccourcir une histoire tenant sur 3h pour lui donner un format acceptable pour le cinéma. De nombreux éléments sont évidemment passés à la trappe mais le résultat final tient la route sans soucis. Pourtant, malgré que ce "Quatermass 2" ait bénéficié d'un budget bien plus confortable que le premier, je le trouve moins réussi. Peut-être parce que le côté "épouvante" a fait place à de la pure science-fiction. Ce n'est pas que je n'aime pas ce genre de cinéma, mais le mélange entre SF et épouvante du film de 1955 apportait une ambiance fort sympathique et plus palpitante.



Ce qui frappe à la vision du film, avec cette invasion extraterrestre, c'est la ressemblance avec un autre grand classique de la SF, le génial "L'invasion des profanateurs de sepultures" de Don Siegel, œuvre phare datant de 1956, où des entités venues de l'espace se servaient de l'enveloppe corporelle des humains pour survivre et mener à bien leur colonisation. Dans "La marque", on retrouve cette idée de se servir des corps humains afin de contrôler la population. Les envahisseurs prennent des postes importants (armée, gouvernement, police…) afin de garder secret l'existence de l'usine, située dans un lieu perdu, éloignée de tous regards. Que se trame-t-il dans cette usine, que produisent les employés (de la nourriture leur a-t-on dit…), que se cache-t-il sous ces énormes dômes métalliques, pourquoi les météorites tombent-elles dans cette région, pourquoi la petite ville située près de l'usine a-t-elle été entièrement rasée ?? Autant de question que Quatermass va devoir résoudre s'il veut mettre à jour un diabolique complot et sauver le monde! Impossible donc de ne pas penser au film de Siegel. Y a t-il plagiat? On pourra également penser au roman de Robert Heinlein, qui a servi de base au film "Les maîtres du monde", réalisé bien plus tard, en 1994, et dans lequel les extraterrestres s'emparaient également de l'esprit des humains pour les asservir…
Mais bon, qu'importe d'où viennent les idées de "Quatermass 2", l'important est le film lui-même.



Nigel Kneale n'a jamais apprécié de voir Brian Donlevy interpréter le rôle de Quatermass. C'est pourtant encore lui qui se voit incarner le personnage. Comme dans "Le monstre", Quatermass se montre assez hautain, sûr de lui, peu aimable. Un héros antipathique, mais un héros quand même, faisant tout son possible pour convaincre les autorités, et en particulier son ami l'inspecteur Lomax, joué cette fois par John Longden au lieu de Jack Warner. En 1967, Kneale aura sa revanche puisque dans "Les monstres de l'espace", ce sera Andrew Keir qui interprètera le rôle du professeur.

Outre Val Guest à la réalisation et Brian Donlevy en tant qu'acteur, on retrouve également dans ce second film le compositeur James Bernard, qui deviendra l'un des compositeurs les plus talentueux des films de la Hammer. Il apporte encore ici sa touche personnelle et livre une composition intéressante, qui traduit bien les images qu'elle est censée représenter.

Niveau réalisation, Val Guest assure sans souci, même si l'action est plus lente et moins prenante que dans "Le monstre". Il nous réserve néanmoins de bonnes scènes, notamment lorsqu'elles se déroulent à l'intérieur de l'usine, avec l'opposition entre les employés et les gardes contaminés par exemple, ou la découverte des créatures vivant sous les dômes, très bien réalisées et apportant un petit plus au film. La séquence avec l'homme entièrement brûlé descendant les escaliers de l'usine est également très bonne et bien prenante. Mais contrairement au film de 1955, cela reste de la science-fiction assez classique, sans réelle surprise. Même si c'est très honnête, ne passez pas à côté, ce serait dommage.



Si vous êtes fan de la série "Les envahisseurs", si vous appréciez les ambiances où la paranoïa des personnages prend le pas sur leur raison, si les invasions extraterrestres du style de celle de "Body snatchers" vous plaisent, alors ce film est fait pour vous. Notons au passage qu'il se fait parfois appeler en France sous le titre "Terre contre satellite", ce qui en dit encore plus long sur son contenu. Bref, de la bonne science-fiction des 5O's comme on l'aime…








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5.04

l’instar de sa première aventure (Le Monstre), cette seconde apparition du professeur Quatermass, un scientifique tout en énergie, procure un vrai plaisir avant tout grâce à son scénario carré et cohérent permettant de toujours maintenir l’intérêt du spectateur. Sa courte durée (1 h20) est également à souligner car elle ne permet pas les digressions et les longues plages de dialogues qui souvent plombent ce type de production.
Malgré un budget toujours aussi serré (mais moins que celui de quatermass xperiment, semble-t-il), une mise en scène sans réelle inventivité et une fin qui ne surprendra pas grand monde, on se prend très vite au jeu de l’enquête que mène le bon scientifique surtout que celle-ci déviera très vite vers des implications aux conséquences universelles. Le fait de très peu voir les gros vilains E.T. dans un climax qui fleure bon le petit budget, empêche celui-ci de sombrer dans le grotesque et prouve qu’une certaine suggestion est toujours une bonne idée de mise en scène. Un des tous meilleurs films de SF des années 50 et même au-delà.