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Après avoir massacré son épouse et l'amant de celle-ci, le mystérieux Alvin Lee se retrouve lancé sur la route, une nuit de pleine lune. La fille du gangster, Lila, part à sa recherche mais ne croise que d'étranges personnages sur sa route : la jeune fille a en effet reçu la lettre d'une énigmatique Lemora, l'invitant à rejoindre son père mourant. Elle ne sait malheureusement pas que le bus venant de la récupérer va la mener droit vers le domaine des créatures de la nuit…



Innocence, créatures maléfiques et virginité ; voilà ce qui lie le trio "Valérie au pays des merveilles" / "Lemora" / "La compagnie des loups", trois grands morceaux du cinoche fantastique qui, malgré leurs années d'écarts et leur nationalité différente, se rejoignent parfaitement.
Difficile de parler de plagiat tellement les trois films restent différents, tout en étant forcément semblables sur de nombreux points : surréalisme, poésie, symbolique, onirisme, perversité, beauté…



"Lemora" emprunte les vampires de "Valerie au pays des merveilles" mais aussi l'aura horrifique de "La compagnie des loups" ; la trame générale reste sensiblement la même : la rencontre (imaginaire ?) d'une jeune fille avec des êtres surnaturels la mènera vers un passage certain à l'âge adulte.

Il est aussi amusant de voir à quel point les actrices principales des trois films sont choisies avec soin : de jeunes beautés envoûtantes dont il n'est même pas surprenant de tomber amoureux. Après Valérie aux cheveux châtains mais avant la brune Rosaleen, ici c'est la très blonde Lila Lee qui mène la danse, incarnée avec fragilité par la jolie Cheryl Smith, une habituée des films d'exploitations des années 70 qui, malgré ses airs de petite fille, était âgée de 20 ans lors du tournage ! Soit la seule actrice de cette "trilogie" n'ayant pas l'âge exact de son rôle…



Après une intro particulièrement violente à la sauce "film noir", Richard Blackburn (qui signera là son unique film !! Triste monde…) balance son héroïne en pâture au monde des adultes et des morts-vivants, au monde débauché et dépravé de la nuit : forêt obscure, présence mystérieuse, ruelle borgne gonflée de maquereaux et de prostituées… Attaquée dans un bus vide par une horde de vampires sauvages, la petite blonde ira se réfugier auprès de la fantomatique Lemora, lui jurant de l'emmener au chevet de son père.
C'est donc un peu trop tard que la douce Lila se rendra compte qu'elle est bien la seule à ne pas être pourvue de longues canines dans le domaine, victime malgré elle des sombres desseins de Lemora. Pas facile non plus de retrouver son pater ou d'échapper à une horde de vampires se faisant la guéguerre…



Petite vierge blonde arrachée aux pages d'un conte, Lila ne trouvera guère d'alliés dans cette escapade au pays des horreurs (Alice au pays des horreurs ?), où l'image du père disparaît au profit de celle d'une nouvelle mère débordant de tendresse perverse (inquiétante Lesley Gilb, qui n'est pas sans rappeler une certaine Martine Beswick) : le seul espoir tient en la présence du tuteur (incarné par Blackburn himself) de la jeune blondinette, timide pasteur se refusant à ses gentilles avances, intervenant malgré lui à un bien mauvais moment de l'histoire.
Fascinant, noir, (parfois) sanglant, "Lemora" se laisse bercer par des éclairages bleus et rouges du meilleur effet, sans doute hérité de Bava, mais annonçant déjà ceux du père Argento.
Et quoi de mieux qu'une conclusion teintée d'ambiguïté, laissant planer le doute sur les mésaventures de la soi-disante si gentille Lila…








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