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Après cinq ans d'absence, Superman revient sur Terre. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Superman est le fils de Jor-El. Il est né sur la planète Krypton qu'il quitta dès son plus jeune âge, avec pour mission de guider les hommes sur le chemin du Bien. Il fut alors élevé dans une ferme du Kansas par un couple de gentils fermiers et grandit donc parmi les Terriens. Doté de supers pouvoirs, Superman est obligé de mener une double vie : celle du timide et très myope Clark Kent et celle secrète de celui que l'on surnomme l'homme d'acier, qui vole au secours des gens en danger. En cinq ans d'absence, les choses ont pas mal changé sur Terre : Lex Luthor est sorti de prison, Lois Lane a fait sa vie avec un autre homme et a eu un enfant, mais surtout, les Terriens semblent très bien se passer de Superman. Ce dernier va tant bien que mal tenter de retrouver sa place sur Terre, ce qui n'est pas une tâche facile quand on a à ses trousses un Lex Luthor prêt à détruire la planète pour vous éliminer.



Difficile de s'attaquer à une nouvelle adaptation de l'histoire du super héros le plus populaire de tous les temps... Cela faisait une bonne dizaine d'années que l'on entendait parler d'un nouveau film ayant pour personnage principal Superman. Dix ans lors desquels une multitude de scénarios ont défilé devant les yeux de producteurs peu convaincus. Il aura fallu attendre l'énorme succès de "Spiderman" et la motivation d'un geek confirmé, qui s'est attaqué à d'autres super héros, les "X-men", pour que la mise en chantier du projet démarre véritablement.

Bryan Singer en plus d'être un fan hardcore de comics est un réalisateur intelligent. Tous ses choix artistiques et techniques révèlent un respect du matériau d'origine mais aussi une volonté d'apporter des éléments nouveaux au mythe qui contribuent énormément à la réussite d'un projet loin d'être évident.


Il y a d'abord cette décision scénaristique étonnante de ne pas écrire un "Superman" qui s'inscrirait dans la foulée des quatre premiers. Bryan Singer oublie donc la comédie burlesque qu'est "Superman III" et le sympathique nanar qu'est "Superman IV". "Superman Returns" est en effet la suite des métrages qui instaurèrent tous les codes des films de super héros: les "Superman" et "Superman II" de 1978 et 1980 réalisés par Richard Donner et Richard Lester (concernant l'épisode 2). Il doit donc y avoir une certaine continuité entre les trois métrages. La continuité scénaristique est astucieuse puisqu'elle fait de Superman un héros dont la Terre n'a plus besoin, ce qui va permettre au réalisateur de développer une psychologie à ce héros trop parfait et sans faille. La continuité visuelle est quand à elle époustouflante de par son côté rétro des plus agréables qui ne tombe jamais dans le ridicule.


Les acteurs, sans être époustouflants sont très crédibles: la ressemblance entre le regretté Christopher Reeve et le jeune Brandon Routh est parfois troublante. Kevin Spacey est comme à son habitude excellent et interprète avec beaucoup de brio un Lex Luthor plus cynique que jamais. A ce titre, certains dialogues de "Superman Returns" font preuve de beaucoup d'humour et de finesse. Bryan Singer prend beaucoup de plaisir à jouer avec les codes des films de Super héros sans jamais dévier vers la parodie. Les plus attentifs pourront d'ailleurs repérer un annuaire de Gotham City (ville sur laquelle veille "Batman") et une pendule donnant l'heure de Gotham City.

La plupart des effets spéciaux sont étonnants. Il ne faut absolument pas se fier à la bande annonce du film qui fait preuve d'un mauvais goût affligeant. La reconstitution de Metropolis est tout simplement incroyable ; l'harmonie entre les maquettes et les images de synthèses est parfaite. Les séquences, où Superman vole, font le plus souvent illusion. Par contre le développement du cristal est vraiment laid... mais cela ne représente qu'une petite partie du film.


Autre choix intelligent : la reprise par John Ottman du thème principal de "Superman" composé par le génial John Williams. On ne peut s'empêcher de frémir et de se sentir pousser des ailes à l'écoute de cette puissante partition. Le seul véritable défaut du film est sa longueur et un manque de rythme évident au coeur du métrage qui seront probablement responsables de critiques trop sévères envers un film qui s'impose comme le meilleur film de super héros à l'ère du numérique avec "Spiderman".