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Une garnison de soldats sudistes, dirigée par un commandant odieux, massacre, tue et viole la population indienne d'un petit village. Yari, fille du chef Aigle Noir, voit son père et ses amis succomber devant l'agression sans pitié des hommes blancs. Faîte prisonnière, elle parvient à s'échapper et fait la connaissance de Matt, ancien soldat sudiste, qui vit dans une petite ferme. Matt soigne Yari et celle-ci se rend compte que tous les hommes blancs ne sont pas mauvais. Tous deux vont devoir s'enfuir à nouveau afin d'échapper à la horde des soldats, bien décidés à leur faire la peau et à reprendre Yari, qui doit être offerte au commandant…



Il y a bien longtemps que le western spaghetti n'est plus présent sur les écrans quand Bruno Mattei et son ami Claudio Fragasso décide de le remettre au goût du jour en 1985 (certains sites donnent 1987 comme année…) avec deux réalisations : "White Apache" et "Scalp". Parmi les scénaristes de ces deux films, on retrouve un nom bien connu : Richard Harrison, acteur fétiche du cinéma Bis italien, qui, bien qu'étant américain, n'a tourné qu'en Italie. Ces deux scénarios, Richard les écrit pour son fils Sébastien, qui débute une carrière d'acteur. Sébastien Harrison obtiendra le premier rôle de "White Apache". Pour "Scalp", ce sera Vassili Karis qui sera choisi, pour jouer au côté de la belle Mapi Galàn, qu'on retrouvera en 1995 dans "La cité des enfants perdus". On sera étonné de ne pas voir Richard Harrison en tant qu'acteur dans ces deux films, mais c'est comme ça…



Qui dit Bruno Mattei au générique dit "mauvais film", du moins, c'est ce que pense la majorité des spectateurs, peu réceptifs à ses films, dont certains sont pourtant d'un bon niveau et comblent d'aise les amateurs de Bis rital, comme "L'autre enfer", "Virus cannibale", "Les rats de Manhattan", "KZ9, camp d'extermination" et j'en passe…
Ses dénigreurs seraient sans doute assez surpris s'ils regardaient "Scalp". En effet, ce film est une bonne surprise, et notamment en terme de réalisation. Tout passe comme une lettre à la poste et Mattei révèle même une certaine maîtrise à filmer son sujet. Le genre Western l'intéresserait-il plus que les autres ? Je ne sais pas mais en tout cas, on se retrouve avec un western spaghetti qui ne fait pas pâle figure face à ses homologues, même si on sent que le budget n'était pas forcément au rendez-vous. Mattei enchaîne de nombreuses séquences de poursuites, de sévices, de calme, puis de tortures avec brio et on se laisse envoûter par cette histoire de vengeance somme toute assez classique. Il faut aimer le genre western spaghetti pour l'apprécier à sa juste valeur par contre, sinon, vous pouvez passer votre chemin. D'ailleurs, je dis "spaghetti" mais pas seulement. En effet, certains scènes, certains plans, certains paysages, renvoient typiquement au western classique américain, le côté italien du genre venant lors des scènes de tortures ou de massacres.



Malgré son titre, ne vous attendez pas non plus à de l'horreur pure et dure en territoire Peaux-Rouges. Mattei se montre même assez sobre dirons-nous dans ce film en terme de violence. Nous aurons quand même droit à quelques joyeusetés, lors du massacre des indiens par les sudistes par exemple, avec décapitations, viols, fusillades. Le titre du film donnera lieu à une ou deux scènes de ce type, où le sang coulera abondamment de la plaie crânienne de la victime. Mattei va se lâcher lors du final, où l'on retrouve toute la cruauté des westerns italiens, avec les sévices que fait subir le commandant sudiste au pauvre Matt. Comme quoi, il n'y a pas que les filles qu'on peut crocheter par les seins dans le cinéma italien…

Outre cette violence, qui n'est pas l'apanage principal du film, le spectateur a droit à un vibrant réquisitoire anti-raciste, où l'amour entre deux peuples qui ne peuvent s'apprécier va pourtant réussir à être plus fort que les préjugés. Les sudistes sont des bêtes pour les Peaux-Rouges mais l'inverse est vrai aussi pour Matt, qui ne supporte pas la coutume du scalp et le comportement barbare de certains indiens. Pourtant, il ne se posera aucune question sur sa conduite à tenir quand il verra débarquer Yari, salement amochée à l'œil, et qui tentera même de le tuer. On se croirait presque dans "La prisonnière du désert" de John Ford !

Notons également dans les points positifs du film, les décors, tournés en paysages naturels, qui terminent de donner au film son côté réaliste. Le casting est assez bon également, avec des personnages certes stéréotypés, comme le commandant fou et violent, le fermier qui s'est retiré de cette violence mais qui va être contraint d'y revenir, la jeune squaw avide de vengeance, mais ils sonnent tous justes et paraissent crédibles. Il est juste fort regrettable que la version française d'époque soit aussi mauvaise, en particulier au début du film, dans le petit camp sudiste, où les adaptateurs ont cru bon de faire proférer des insultes à tout bout de champ au commandant, ce qui est plus risible qu'autre chose. Heureusement, la suite se révélera d'un meilleur niveau.



Mattei et Fragasso nous livrent donc un western cruel et violent, réaliste, bien joué, bien réalisé, ne jouant pas de la surenchère d'effets sanglants, mais ceux-ci sont très efficaces quand ils rentrent en jeu. Encore une bonne surprise donc de la part d'un réalisateur souvent décrié.






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