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Une séance de cinéma est organisée afin de promouvoir un film d'horreur. Deux amies se voient offrir des billets d'entrées et se rendent le soir venu à la séance. Dans le hall du cinéma, divers objets qui seront présents dans le film sont exposés, dont un masque de démon. Une des spectatrices porte le masque à son visage et se blesse à la joue. Pendant la projection, les événements se déroulant dans le film se reproduisent dans la réalité. La fille blessée à la joue se transforme en affreux démon et se met à attaquer les autres spectateurs, les transformant à leur tour en monstres assoiffés de sang. La panique règne dans le cinéma, toutes les sorties sont mystérieusement condamnées. Le petit groupe de survivants tente de s'organiser face aux démons…



Souvent dénigré, le réalisateur Lamberto Bava a pourtant une filmographie bien sympathique. Evidemment, si on compare ses films avec ceux de son illustre papa, le maestro Mario Bava, on en arrive à la conclusion que le fils est loin d'égaler le père. Mais pourquoi toujours chercher à faire des comparaisons ? Prenons Lamberto pour ce qu'il est : un réalisateur de films de série B, qui sont beaucoup moins mauvais qu'on veut nous le faire croire. Son premier film, "baiser macabre", réalisé en 1980, est d'ailleurs excellent. Parmi ses réussites, on peut citer "la maison de la terreur", "démons", "démons 2" ou sa série en cinq épisodes de "la caverne de la rose d'or". Bava nous avait donné également un "apocalypse dans l'océan rouge" bien fendard, que les amateurs n'ont pas encore oublié ! Même si sa carrière n'a pas connu le succès comme celle de ses confrères italiens, Lamberto Bava n'a pas dit son dernier mot puisqu'il se retrouve actuellement aux commandes de deux films, "ghost son" et "the torturer".



C'est donc en 1985 qu'il réalise "Démons", produit par Dario Argento. Ce dernier connaît bien Lamberto puisqu'il a utilisé ses talents d'assistant-réalisateur pour "inferno" et "ténèbres". "Démons", c'est un peu le condensé du Bis italien. On y retrouve tous les éléments qui font qu'on aime le Bis rital horrifique : du gore, des situations improbables, surréalistes, de l'humour aussi. Sans oublier la musique. Bref, nous voilà en présence d'un film fun, décomplexé, qui en donne pour son argent aux spectateurs. Le ton est donné dès le générique avec un thème musical électronique excellent, signé par un Goblin, Claudio Simonetti. On reconnaît également dans le rôle du donneur de places de cinéma le futur réalisateur Michele Soavi, qu'on reverra également dans le film projeté lors de la séance. Cette séquence est l'une des plus intéressantes de Démons. L'idée du film dans le film est ici très bien utilisée, on se retrouve à la place des spectateurs, "doublement" en somme, pour s'apercevoir que se qui se passe sur l'écran de cinéma se déroule dans la salle également. En plus, tout a été millimétré, les images du "film" projeté étant en parfaite synchronisation avec les faits qui se produisent dans le cinéma. On a vraiment l'impression que ce film est vivant. Une variation horrifique de "la rose pourpre du caire" en quelque sorte, qui sera encore plus prise en considération dans "demons 2", où les personnages du film, diffusés à la télévision cette fois-ci, sortiront littéralement de l'écran.



Niveau horreur, le film de Lamberto Bava n'en est pas avare ! La transformation d'une fille en démon est un grand moment ! Ongles qui poussent, dents qui se déchaussent pour en laisser apparaître d'autres bien plus pointues, les effets spéciaux, dus à Sergio Stivaletti, sont très efficaces et le gore ne tarde pas à faire son apparition, avec gorges déchiquetées et autres tueries sanguinolentes. On retiendra également l'apparition d'un démon sortant du dos d'une victime, image souvent reprise dans les magazines qui parlent du film. Peu de temps morts dans "Démons", les spectateurs prisonniers se transformant tour à tour en démons et multipliant les cadavres parmi le casting ! Les survivants tentent par tous les moyens de se barricader dans la salle de cinéma et on suit plus principalement la tentative de survie de quatre personnages principaux, George, Ken, Cheryl et son amie Kathy. On trouvera par contre un peu inutile les passages avec le groupe de voyous circulant dans les rues de la ville et qui finira par se retrouver dans l'enceinte du cinéma. Ces scènes ralentissent un peu le rythme et ne servent guère qu'à apporter de la nouvelle chair fraîche aux démons. Cette petite baisse de régime est vite compensée par la séquence hallucinante où George, tel un chevalier servant, vient à la rescousse de sa princesse Cheryl, chevauchant une moto cross, armé d'une épée à la lame aiguisée comme un rasoir, et qui va trépaner du démon comme le bûcheron abat des arbres. Une séquence comme seuls les Italiens savent en faire ! Le tout sur une musique hard rock bien énergique, provoquant dans notre corps un sentiment de jubilation assez poussé ! Ne parlons même pas de l'irruption proprement inexpliquée et inexplicable d'un hélicoptère, qui vient s'abattre on ne saura jamais pourquoi dans la salle de cinéma !! Du vrai bis rital, je vous avais prévenu !



Si vous voulez vraiment passer un bon moment avec des copains, avec un film d'horreur de qualité, qui ne se prend pas au sérieux, avec ce qu'il faut de gore et de monstres, "Démons" est fait pour vous. Le film se laisse voir et revoir avec toujours la même bonne humeur qui s'en dégage, preuve de sa réussite. Je le trouve vraiment supérieur à "démons 2", même si celui-ci nous propose la même recette. N'hésitez donc pas, ne faites pas la fine bouche, et ruez-vous sur ce "Démons" de très bonne facture !