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A Los Angeles, dans un complexe locatif un peu vieillot, de nombreux meurtres sont commis sur les habitants, principalement des femmes et des jeunes filles. Le tueur utilise toute une panoplie d'outils divers pour accomplir ses méfaits : tournevis, pistolet à clous, perceuse, marteau… Une jeune fille de quinze ans, Laurie, est kidnappée par le psychopathe. La police enquête mais n'avance pas. Son frère Joey décide de mener lui-même les investigations…



Quel titre français ! La Foreuse Sanglante ! Ca en jette un maximum !! Bon, ok, le titre original de "tueur à la boite à outils" est bien plus réaliste puisque nous ne verrons qu'un seul meurtre commis avec une perceuse. Mais bon, y'a pas à dire, le titre français met l'eau à la bouche. Surtout que le film est précédé d'une solide réputation, interdit ou classé X dans de nombreux pays à l'époque. Le phénomène des vidéos nasties en Angleterre y est également pour beaucoup dans le parfum de fruit défendu que se colporte ce film. Mais qu'en est-il réellement ?

La genèse de The Toolbox Murders est purement mercantile. Impressionné par le "massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper et par les bénéfices que le film a réalisé par rapport à son budget de départ, le producteur Tony Didio décide de réitérer cet exploit. Il loue une copie du film, appelle deux scénaristes et va chercher Dennis Donnelly, un réalisateur de télévision, ayant travaillé sur des épisodes de "charlie's angels", qui désirait faire son premier long métrage. Il leur demande alors de bien analyser le film d'Hooper et de proposer une idée de film similaire. Le script deviendra donc celui de "la foreuse sanglante". Disposant d'un faible budget, Tony Didio ne peut se permettre d'embaucher des stars. Il tombe sur l'acteur chevronné Cameron Mitchell, qui conviendra parfaitement pour le rôle auquel il le destine. Il complète son casting avec l'actrice enfant Pamelyn Ferdin, qui avait ici 18 ans, et possédait déjà une filmographie impressionnante, jouant depuis l'âge de 5 ans, puis avec la débutante Marianne Walter, qui aura la meilleure scène du film, et qui deviendra star de films pornographiques peu de temps après sous le nom de Kelly Nichols. Quelques adolescents viennent compléter le tableau, comme Nicolas Beauvy ou Wesley Eure. Une fois le film terminé, il a suffit à Tony Didio de faire une campagne marketing top niveau, et il fût également aidé par la fameuse séquence du pistolet à clous, qui eu une grande répercussion sur la presse et fit beaucoup parler d'elle. Conçu avec la somme de 185 000$, le film en rapporta 10 millions lors de son exploitation dans les cinémas en 1978 et 1979, et la Vhs connu un énorme succès dans les vidéos clubs.



Après ce petit intermède éducatif, venons-en au film lui-même. Cette Foreuse Sanglante est-elle donc un classique de l'horreur ? On peut dire que ça démarre plutôt bien en tout cas. Après un générique un peu bizarre où l'on suit une voiture roulant dans les rues de Los Angeles, le conducteur se remémorant l'accident survenu à une jeune fille, on se retrouve dans une résidence disposant de plusieurs appartements et là, le spectacle commence vraiment. Trois meurtres d'affilés, rien que ça ! Notre tueur, armé de sa boite à outils métallique, va nous gratifier de quelques petites tueries bien sympa, se servant d'une perceuse, puis d'un marteau et enfin d'un tournevis. Je préviens de suite les amateurs d'atrocités, c'est de l'horreur "soft" auquel vous aurez droit ici. Les coups de marteau dans le crâne sont filmés en hors champ, on ne voit jamais le foret de la perceuse rentrer dans les chairs (ce n'est pas "frayeurs" !), donc, malgré la présence du sang bien rouge, on pouvait s'attendre à de l'horreur plus graphique vu la réputation du film. Néanmoins, on prend plaisir à suivre notre tueur, qui a revêtu pour l'occasion un passe montagne ridicule, et c'est bien là le principal. Un tueur méthodique, dont on ne connaît pas encore les motivations, mais qui met du cœur à l'ouvrage !



L'action s'enchaîne pour le moment sans temps mort, on passe vite fait sur l'arrivée de la police, pour enchaîner aussi sec sur un quatrième meurtre, LA séquence la plus culte du film, avec la fameuse utilisation du pistolet à clous. La scène commence par une masturbation de Kelly Nichols dans sa baignoire (un rôle prédestiné à sa future carrière dans le X ???), puis à l'entrée en scène de notre assassin, armé donc du pistolet à clous. Un engin aux allures phalliques, envoyant une semence en acier qu'il vaut mieux éviter, ce qui ne sera malheureusement pas le cas ici. Surtout à bout portant. Encore une fois, la scène est bien réalisée, et s'enchaîne sur le kidnapping d'une autre jeune fille, Laurie. Pourquoi ne l'a t'il pas tué ? Mystère pour le moment. Bref, le film atteint maintenant une durée de trente minutes, tout va bien, le spectacle est au rendez-vous. Il y a même un petit côté pervers bienvenu, le tueur sifflotant pendant les meurtres, comme un ouvrier faisant bien son travail. Dommage, la suite ne sera pas du même niveau…

Car il faut bien le reconnaître, passer cette première demi-heure rondement menée, le reste du métrage ne parviendra pas à conserver ce rythme, et surtout, ne nous proposera quasiment plus de meurtres. En plus, on a l'impression de se retrouver dans un téléfilm maintenant. On suit mollement les interventions du policier, ainsi que l'enquête de Joey, le frère de Laurie, qui rencontre Kent, le neveu du propriétaire de l'immeuble. Le réalisateur tente de faire naître un semblant de suspense avec le personnage de Kent, qui semble bien s'y connaître en outils. Serait-ce lui le meurtrier ? Ou bien son oncle, chez qui on retrouve une boite à outils métallique dans le garage ? Le suspense sera de courte durée puisque Dennis Donnelly nous donne la solution après seulement trois quart d'heure ! D'ailleurs, ce n'était pas vraiment l'intérêt du film de trouver le coupable. Non, l'intérêt, ce sont les motivations. Des motivations qui renvoient à celles qu'aura Joe Spinell dans le "maniac" de William Lustig, ou bien encore à celles qu'a le tueur de "pyromaniac", et qui parviennent à relever le niveau tombé à plat du film. Exterminer les mauvaises femmes, leurs vices, leurs dépravations sexuelles. Consolider la cellule familiale. Un tueur avec une morale irréprochable ! Bon, ok, ses actes vont à l'encontre de la morale mais ça n'a pas l'air de le déranger. On apprendra que la jeune fille accidentée du début n'était autre que sa fille, et que sa mort lui a fait péter un boulon. S'ensuit une séquence de dialogues entre notre tueur et Laurie, attachée et bâillonnée sur un lit, qui confirme bien qu'on a affaire à un taré de la plus belle espèce. Des tirades bien senties, qui serviront sûrement à William Lustig quand il réalisera "maniac". Je vous laisse la surprise de la suite, bien zarbe aussi, et qui donne un petit côté malsain et glauque au film pas déplaisant !



En clair, "la foreuse sanglante" est victime de sa réputation. Pas très gore, moins graphique que prévu dans la violence, il n'en reste que la première demi-heure est vraiment bien menée et plaisante à regarder. Après un passage mou du genou, l'implication de l'acteur jouant le tueur fait plaisir à voir lors de son monologue avec Laurie et renvoie à des films bien connus des amateurs, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Et le twist final est bien malsain également. Bref, on peut affirmer que "the toolbox murders" n'est pas le classique auquel on s'attendait mais il possède des qualités. Un film d'horreur moyen au final, mais qu'on doit avoir vu, puisqu'il est le premier à utiliser autant d'outils. Il servira de référence à de nombreux autres films d'horreurs par le futur. On peut citer par exemple le "driller killer" d'Abel Ferrara et la saga des "slumber party massacre" pour l'utilisation de la perceuse, ou bien encore "nail-gun massacre" pour une nouvelle utilisation du pistolet à clous. Tobe Hooper en fera même un remake en 2003.








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