RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.5
(10 votes)
Au sein d'une communauté de fermiers aux mœurs religieux qui dictent leurs règles de vie, une série de meurtres en vient à troubler leur paisible existence. La première victime est un membre de cette communauté (rejeté par les siens), Jim, tué dans une grange, sur laquelle semble planer une sombre malédiction. Pour les Hittites, le responsable est l'Incube, un démon qui abuse des femmes lors de leur sommeil. La suite des événements semble leur donne raison lorsqu'un autre de leur membre est retrouvé pendu. Entre les Hittites et les amies de la jeune, Martha, l'incompréhension semble totale et irréconciliable.



En quête d'une reconnaissance de la part des professionnels, Wes Craven confirme le tournant opéré par "L'été de la peur", un semi échec avec Linda Blair, et se lance dans un mélange des genres entre film de démons et slasher/giallo. Exit les scénarios undergrounds de "La dernière maison sur la gauche" et de "La colline a des yeux". Craven démontre avec ce film, considéré comme mineur dans sa filmographie, l'étendue de son talent, et sa capacité à créer une vraie atmosphère angoissante.



Dès le générique de début, la musique de James Horner ("Wolfen", "Willow") met dans le bain de ce microcosme pratiquement sectaire, oscillant entre l'utilisation de chœurs (très post "La malédiction") et une ambiance campagnarde. Une voix-off nous explique ensuite qu'un lourd secret plane en ces lieux. Une introduction certes simpliste mais toujours efficace, d'autant plus que la traduction française ne nous cache pas que nous sommes en face d'une série B d'épouvante. Sortie dans les mêmes eaux que "Vendredi 13" de Sean. S Cunningham (un ami de Craven), "La ferme de la terreur", utilise les mêmes rouages dans la mise en place de la terreur avec notamment la caméra subjective, les sursauts avec l'introduction de personnages dans le champ de la caméra… Mais, ici le film est plus léger en terme de violence graphique, ce qui peut expliquer la légère indifférence lors de sa sortie en salles.

Pourtant, le casting comporte ce que l'on nomme des "gueules" : Michael Berryman ("La colline a des yeux", "Amazonia la jungle blanche", "Les rejetons du diable") et Ernest Borgnine ("L'aventure du Poséidon", "New York 1997"), sans oublier une présence féminine en surnombre : Lisa Hartman (qui se fera un nom dans les séries télé comme "Côte Ouest") et dans son premier grand rôle à l'écran, Sharon Stone. Actrice débutante, elle aura à subir rien de moins que l'intrusion d'une araignée vivante dans sa bouche. Pendant qu'une autre de ses amies, luttera contre un serpent balancé dans sa baignoire. On imagine donc un tournage loin d'une simple sinécure pour nos héroïnes. L'utilisation de ce bestiaire "diabolique" permet de glisser des références à caractère sexuel. Aux yeux des Hittites, la femme est l'équivalent du serpent (elle n'a donc pas fini de payer le pêché originel d'Eve !).



On reconnaît fort bien les thèmes chers à Craven (co-auteur du scénario) avec une charge contre l'obscurantisme religieux, et l'utilisation des rêves (ceci servant de prémonition concernant les dangers à venir). L'intrigue est malheureusement assez convenue, nous mettant sur de fausses pistes et les suspects potentiels ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

SPOILER

D'ailleurs, l'une des révélations sur la sexualité trouble d'un(e) des protagonistes (ni femme/ ni homme), est comparable à celle du slasher, "Massacre au camp d'été". Les deux films sont les reflets de leur époque, et montre l'importance de briser certains tabous.

Fin SPOILER


Tout en se révélant un film d'épouvante efficace, "La ferme de la terreur", s'avère une amusante critique des intégristes religieux, qui préfèrent se marier entre eux, plutôt que de laisser de nouvelles venues s'immiscer dans leur groupe. On constate ainsi une barrière entre les sexes et un rejet du féminisme alors triomphant. Il faut dire que les jeunes femmes portent des shorts moulants et très courts, faisant donc l'objet de bien des tentations. Dommage qu'à l'instar de "Les griffes de la nuit", Wes Craven, donne un acte de trop à son film, venant un peu mettre à mal les révélations précédentes sur l'identité du coupable, en basculant définitivement dans le fantastique.








LUMIèRE SUR