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Edward Wollen, dit Ted, est devenu amnésique suite à un accident lui ayant provoqué une commotion cérébrale. Il reçoit un télégramme d'une personne disant être sa femme et qui lui demande de venir la rejoindre en Italie. Sur place, il rencontre Sara, qui est effectivement son épouse. Mais il découvre également qu'elle n'est pas l'auteur du télégramme et que d'autres personnes semblent intéressées par son retour. Quel secret se cache dans sa mémoire perdue ?



Bien que classé dans le genre "giallo", ce film est avant tout une enquête policière incluant des éléments cinématographiques du giallo. Mais point de tueur ganté et vêtu de noir ici. Même si tueur il y a !

Le réalisateur Ducco Tessari est, comme bien souvent avec les réalisateurs italiens, un touche à tout et un réalisateur multi-genres. Il a été aussi bien acteur, scénariste, directeur de seconde équipe et directeur tout court. Son premier film date de 1962 et ce sera un péplum, titré "les Titans". Il réalisera également de nombreux autres films avec l'acteur Giuliano Gemma, comme les westerns "Una pistola for Ringo" ou "Il ritorno di Ringo" par exemple. Comédie, action, polar, Ducco Tessari s'essaye à tout. Même au film d'aventure avec notre star Alain Delon pour une version haute en couleur de "Zorro" en 1975. C'est l'année précédente qu'il mixera film policier et esthétique du giallo dans le film qui nous intéresse "L'uomo senza memoria".



Le titre résume bien le film. Un homme qui n'a plus de souvenir se retrouve embarqué dans une curieuse histoire, où les gens qu'ils rencontrent ne cessent de lui dire qu'il est un "salaud", même sa femme, mais pas pour les même raisons ! Des gens qui s'en prennent physiquement à lui, puis à sa femme, n'hésitant pas à égorger son chat pour la terroriser. Les pressions se font de plus en plus fortes pour que la mémoire lui revienne rapidement. Mais qu'a t'il donc fait avant son accident ? C'est justement l'intérêt du film, et c'est là que Ducco Tessari utilise les codes du giallo dans une banale intrigue policière. Flash-back filmé au ralenti, vision sanglante, ou d'objets insolites, présence d'un mystérieux individu ne cessant de se moucher et d'éparpiller ses kleenex sur le sol, et qui semble en savoir beaucoup sur cette affaire…
Par petites touches, Tessari relance l'intérêt du spectateur en plaçant les pièces du puzzle par intermittence, et fait naître le suspense. Un suspense qui n'est pas aussi affûté qu'une lame de rasoir mais qui relance un rythme plutôt lent et permet de ne pas s'ennuyer.



Dans le rôle de Ted l'amnésique, on trouve Luc Meranda, acteur français ayant passé la plus grande partie de sa carrière en Italie, où il est devenu une star après avoir joué dans "Soleil Rouge". On le retrouve dans de nombreux polars italiens plutôt violents comme "Milano Trema", "Le parfum du Diable" ou "Torso", tous trois de Sergio Martino. Sa compagne à l'écran n'est autre que Senta Berger, ravissante actrice autrichienne, qu'on a déjà pu voir dans "sherlock holmes et le collier de la mort" en 1962, ou bien encore dans "diaboliquement vôtre" au côté d'Alain Delon en 68. Sa carrière n'est pas finie puisqu'elle tourne toujours en 2006 dans des séries télévisées ou des téléfilms. L'homme qui se mouche sans cesse est joué par Bruno Corazzari, acteur bien connu des amateurs de films italiens, apparu dans de nombreux westerns, dont "quatre de l'apocalypse" de Lucio Fulci, mais également de nombreux polars. Un petit garçon tient également une place prépondérante dans le film, il s'agit de Duilio Cruciani, qui ne tourna que quatre films, et qui était apparu pour la première fois à l'écran dans "la longue nuit de l'exorcisme" de Fulci. Dans L'homme sans mémoire, c'est un peu le gardien de Senta Berger, la suivant partout, ne cessant de la photographier. Un petit garçon amoureux en somme…



L'homme sans mémoire pourra surprendre ceux qui s'attendent à un giallo typique, avec de nombreux meurtres stylisés. En fait, le film de Tessari chevauche la ligne de démarcation du polar et du giallo. Il n'est ni l'un, ni l'autre, mais un peu des deux à la fois. En ce qui concerne la violence, donnée essentielle du giallo, celle-ci est bien présente, mais apparaît avec parcimonie, exceptée lors du final, où Senta Berger se prend pour Leatherface afin de se défendre. Cette séquence valut d'ailleurs au film de se retrouver avec le titre farfelu de "la trancheuse infernale" lors de sa sortie en France. Vraiment n'importe quoi…
On retiendra également une séquence qui renvoie directement à Brian de Palma et à "pulsions", scène qui ne sera tournée que six ans plus tard par le réalisateur américain. A t'il vu L'homme sans mémoire ?? On peut en émettre l'hypothèse tant les deux séquences se ressemblent comme deux gouttes d'eau.

Film très rare, et pas inintéressant, l'homme sans mémoire vient de sortir en dvd dans une très belle édition conçue bien sûr par Néo Publishing, qui inaugure avec ce titre et "la queue du scorpion" une collection "Giallo" très attendue des amateurs. Une bonne occasion de découvrir ce film !

Disponible en dvd sur : http://www.neopublishing.com






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