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Le docteur Maxwell Kirshner est un spécialiste de la transplantation. Dans le laboratoire secret qu'il a installé chez lui, il vient de réussir à transplanter une seconde tête à un gorille. Gravement malade, Kirshner soumet une idée à son assistant : greffer sa tête sur un corps sain afin que son génie ne soit pas perdu. Le corps est trouvé, ce sera celui d'un condamné à mort. L'opération réussie et la tête de Maxwell se retrouve sur le corps de Jack Moss. Un corps à deux têtes ! Une petite révolution médicale ! Seul souci : Jack Moss est noir et Maxwell est un raciste affirmé…



Robert Lee Frost, à l'instar de Russ Meyer, Harry Novak ou de Herschell Gordon Lewis, a été l'un des pionniers en Amérique de ce qu'on a appelé le "nudie", ces petits films à faible budget où l'érotisme sexy et l'humour tenaient la part belle du marché. Il réalise son premier film en 1962 avec le culte "House on bare mountain", et sa créature de Frankenstein et autres loups-garous dansant le twist au milieu de jeunes filles dénudées. On retient surtout son nom pour le film "the scavengers" ou bien encore "love camp 7", ce dernier se déroulant dans un camp de concentration. Il mettra même en scène des membres de la Gestapo de couleur noir dans "black gestapo" en 75. C'est en 1972 qu'il réalise un remake à peine déguisé de "the incredible two-headed transplant", film datant de 1971, avec son incroyable "the thing with two heads", considéré par certains comme l'un des plus mauvais film jamais réalisés. Je vous rassure de suite, il n'en est rien, même si le film n'est pas un chef d'œuvre.


Le film met en vedette Ray Milland, acteur ayant joué dans plus de 170 films, et qui se retrouve ici dans la peau d'un brillant chirurgien ne supportant pas les personnes de couleur, comme on le découvre lorsqu'il fait appel à un autre docteur pour l'aider sur ses expériences. S'aperçevant un peu tard que ce docteur est noir, son attitude change du tout au tout et il devient rapidement antipathique. Robert Lee Frost a injecté dans son film le problème du racisme et cela est traité assez sérieusement, en comparaison avec les autres séquences du film qui tendent plus vers la comédie fantastique. Le raciste se retrouve donc sur le corps d'un noir, condamné à mort qui plus est, qui n'arrête cependant pas de clamer son innocence. Des situations pittoresques attendent notre couple maudit, qui ne peuvent se supporter mutuellement. On commence à nager dans le délire et cela ne va pas aller en s'amenuisant.



On a déjà un très large sourire rien qu'à la vue de notre créature à deux têtes. Pour les gros plans, on met Ray Milland derrière Roosevelt Grier, et on place une sorte de grande écharpe autour de leurs deux cous pour camoufler le raccord. Pour les plans où Roosevelt Grier court, on place une réplique en caoutchouc de la tête de Milland. Crise de rire assurée. Bien sur, la créature bicéphale s'échappe, prenant en otage l'autre docteur noir, ce qui place Milland en minorité ! La suite nous ferait penser à un épisode de la série "sheriff fais moi peur" tant on nage dans le burlesque. En effet, on assiste tout d'abord à une course de moto-cross effrénée sur un circuit, et on se demande comment nos trois larrons (enfin, deux et demi…) font pour ne pas tomber. Puis on se retrouve dans une course-poursuite interminable entre la chose à deux têtes sur sa moto et une vingtaine de véhicules de la police. Steve McQueen n'a qu'a bien se tenir ! Des cascades à la chaîne, des tas de véhicules cabossés, des policiers pas vraiment "as du volant", et des répliques mortelles (Milland disant à Grier "tu as perdu la tête !!" pendant la poursuite…) nous font passer un bon moment bien divertissant, même si ça aurait pu durer un peu moins longtemps.



Je vous laisse le plaisir de découvrir ce qu'il adviendra de notre créature à deux têtes. En tout cas, ce film est loin d'être une nullité. Oui, les effets spéciaux font dans le rudimentaire, mais bon, on pouvait s'y attendre. La palme revenant certainement à la vision du gorille à deux têtes, un grand moment !! Néanmoins, au delà de l'aspect de comique de situation, Lee Frost s'attaque à un réel problème, celui de la discrimination et du racisme, et cela est tout à son honneur. Rien que pour cet aspect, le film mérite d'être visionné. Et puis, qui est contre une bonne partie de rigolade ? Personnellement pas moi, et là, on est servi. Bref, un pseudo-blackxploitation fantastique bien sympathique, décontracté, fun, enjoué. Il suffit juste de savoir à quoi s'attendre pour y prendre du plaisir.








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