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Dire que la personne qui a donné des crédits pour la réalisation de ce film est irresponsable est un euphémisme. Dire que ce film est une perle en est un aussi. Alors, accrochez-vous, ça décoiffe ! Le monde a mal vécu la guerre froide. Tellement mal que les Russes l'ont gagnée et qu'ils ont colonisé les Etats-Unis. La terre y est devenue aride, le King est mort, laissant disponible une place fort convoitée : le trône de Lost Vegas. Les prétendants sont légion, même la mort entend avoir sa part du gâteau et concourra pour le trône. Dans cet univers apocalyptique, l'humanité tout entière est à la recherche du nouveau King. Pendant ce temps, Buddy, un samurai en costard poussiéreux, avec sur son dos une six cordes caisse creuse, traverse les terres perdues pour se rendre à Vegas où il a rendez-vous. Malheureusement dans ces terres hostiles, il rencontre un gamin qui s'avère assez peu enclin à se laisser abandonner. C'est ainsi que bon an mal an, les deux acolytes feront chemin ensemble vers Vegas. La terre promise dit-on. Rock'n'Roll Baby !!



Si l'absurde ne vous fait pas peur, alors montez donc faire un tour dans cette grosse américaine au moteur japonais.

C'est en effet ce mélange de genres que rien ne semble pouvoir réunir, qui fait la particularité de Six-String Samurai. D'un côté le film d'art martial, mettant en scène des samurai, de l'autre un road movie sur fond de Rock'n'Roll. Le résultat est parfaitement surprenant. Tout particulièrement au regard des chorégraphies de combat.
Contrairement à la majorité des petits budgets, les affrontements sont étonnement réussis. Les coups semblent porter, les adversaires mettent du cœur à l'ouvrage et le tout est si rythmé que cela en devient impertinent… Que ce soit à l'épée, à main nue ou à la guitare, les combats sont somptueux (toutes proportions gardées bien sûr, il n'est pas question de Hobbits et de Dragons ici !).

Ceci étant, Jeffrey Falcon (Buddy) est semble-t-il un habitué des productions Hong Kongaises où il est question d'honneur, de princesse et de coups de tatane. Nul doute qu'il en a tiré de précieux enseignements, notamment une pugnacité impressionnante.



L'homme a en effet tout mis en œuvre pour voir à l'écran les aventures de son samurai-guitariste-fan-d'Elvis. En effet, le nom de Jeffrey Falcon apparaît plusieurs fois au générique : au scénario, à la production, à la direction d'acteur, au design des costumes. L'énumération est d'autant plus impressionnante que le métrage est en tout point réussit, tout particulièrement sur le plan visuel.

Filmé aux portes de Las Vegas, dans l'aride Death Valley (il s'agit en effet de l'endroit le plus bas sur terre), aux abords de quelques casses et d'un ensemble de ruine, Six String Samurai n'a rien à envier aux plus grands de par sa magnifique photographie. Le soleil rougeoie, brûle l'horizon, tanne les pauvres ères qui traînent dans le désert…

L'impact visuel de Six-String Samurai est ainsi fait : il vous va droit à l'œil. Car non content de proposer une photographie superbe, Lance Mungia innove avec des angles de vue surréalistes.
Puis certaines images vous restent gravées longtemps. La persistance rétinienne dit-on. Non, en fait ce n'est que le talent.



Vos oreilles elles non plus, ne seront pas en reste. En fait, pour être exact Six String Samurai vous flattera de l'esgourde en vous proposant une magnifique bande son composée par les Red Elvises, un groupe de Rock'n'Roll parodique venu d'ex URSS. Le groupe joue son propre rôle dans le film : une bande de musiciens communistes revanchards qui veulent à tout prix empêcher Buddy d'atteindre Vegas.

L'entente entre les Elvises communistes et le cinéaste semble d'ailleurs avoir dépassé les limites du film, puisque c'est lui qui par la suite tournera les clips des Red Elvises. Quoiqu'il en soit, le film a créé des liens tout au long de ses deux ans de réalisation.

Cependant, la bande son de Six-Strings Samurai ne s'arrête nullement à cette collaboration, puisqu'un autre personnage récurrent du film apporte son bagage musical : la Mort. Elle aussi est en route pour Vegas, pas pour devenir le King of Rock'n'Roll, mais plutôt la Queen of Heavy Metal. En découlera un affrontement final des plus inattendus, entre notre héros et la faucheuse.



Voilà donc. Si j'ai bien rempli mon devoir de critique, vous devez avoir une furieuse envie de voir ce film. Sinon… Sinon et bien tant pis, je vais me ré-écouter pour la énième fois les magnifiques compositions des Red Elvises en rêvant à des Samurais fans d'Elvis, à une Mort Metalleuse, à des Rockers communistes.

A noter en plus, la performance des acteurs qui relève de la démence. Des étranges populations du désert en passant par les premiers et seconds rôles, tous les protagonistes sont incarnés avec ferveur et énergie.
Tellement d'énergie en fait, que l'amas de celluloïd arbore des airs de névrose cinématographique. De quoi faire imploser votre lecteur de DVD !

D'après IMDB le film a dû être tourné les week-ends car le jeune acteur, avait encore école pendant le tournage.

Si vous avez quelques instants, jetez un coup d'œil sur le site des Red Elvises (http://www.redelvises.com/ ), le seul groupe de Rock à revendiquer Chuck Berry, Elvis et sa femme, le Spic Girls et les discours enflammés de Fidel Castro comme influences.






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