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Dans une station balnéaire des Etats-Unis, un jeune champion de planche à voile s'est fait dévorer par un requin gigantesque lors de son entraînement en vue de la course régionale de windsurf. Malgré cet avertissement, Wells, propriétaire de plusieurs établissements du village côtier et accessoirement maire et politicien influent de la région, maintient la compétition et demande aux médias locaux de passer cette nouvelle sous silence car elle risquerait de faire fuir les vacanciers alors que la saison estivale va bientôt commencer. Il fait alors installer une barrière de sécurité afin d'empêcher le grand squale de passer. Celui-ci, doté d'une force incroyable et d'un appétit vorace, fait fi du filet de protection et s'en va gober tout véliplanchiste malchanceux passant trop près de ses mâchoires acérées. Peter Benton, un grand écrivain du cru et ancien chasseur de requins, va, à l'aide de Ron Hamer, un vieux loup de mer, essayer de contrecarrer les plans du gros poisson bien décidé à se taper le repas du siècle…



Sorti près de cinq après "Les dents de la mer", le "shark movie" de référence, La mort au large reprend en gros la même trame que son prédécesseur de renom, puisque l'histoire est quasiment la même et que les principaux protagonistes sont très ressemblants. Seulement voilà, ce projet a été confié à Enzo G. Castellari, réalisateur touche à tout et multi genres pouvant voguer du polar rital ("Racket") au western mystique ("Keoma") en un clin d'œil, tout en passant par le film de guerre ("Sur ordre du Führer"). On reconnaît alors bien son style : stock-shots à profusion, ralentis inévitables et tendance à l'excès sur certaines scènes. En clair, un cinéma jouissif comme on les aime !

Ainsi, ce qui est avant tout sympa dans ce film, c'est la galerie hétéroclite des personnages qui bien que conventionnelle, emprunte ça et là tous les stéréotypes propres à ce style de film pour les arranger à sa sauce. On retrouve ainsi, pêle-mêle : le héros propre sur lui, mais torturé et revanchard à l'égard du squale qui va tel le capitaine Achab dans "Moby Dick", poursuivre sa baleine blanche afin d'exorciser ses démons intérieurs, le journaliste et son acolyte caméraman, avides de sensationnel et en quête du scoop de la mort agissant à la limite du non-assistance à personne en danger, le cow-boy chasseur de fauves et autres animaux dangereux qui ne se déplace jamais sans son six coups, le copain du héros qui est un vieux briscard des mers à casquette à qui on ne la fait pas et qui est une totale réplique de Robert Shaw dans "Les dents de la mer", le maire pourri à la recherche perpétuelle du profit et qui essaie de s'en tirer comme il peut, les teenagers impulsifs qui décident aveuglément d'aller faire la nique au requin pour venger leurs copains victimes du monstre. Charmant étalage de clichés, comme vous pouvez le voir !



Côté musique, on a le droit au petit gimmick d'ambiance comme dans le chef-d'œuvre de Spielberg, composé par les De Angelis. Certes, cela produit son petit effet, mais bon comparé au score de John Williams mondialement connu et exploité des milliers de fois depuis, ça ne vaut pas grand chose et fout carrément moins les pétoches ! Note rafraîchissante toutefois : les chansons d'été façon Beach Boys et musiques de fond des comédies US des années 80 dont certains titres sont très évocateurs et hyper recherchés ("Hollywood Big Time"; "The Melody Plays"; "You've Changed the World For Me").

Le requin est, quant à lui, phénoménal (attention, j'ai pas dit qu'il était bien fait et réaliste !). Il est hyper intelligent : il passe à travers la barrière de protection sans souci, se sert de sa tête pour faire tomber des rochers sur Peter et son compagnon d'armes alors qu'ils sont dans une grotte sous-marine. Il est également ultra balèze puisqu'il arrive à propulser les bateaux et pontons à plusieurs mètres de hauteur en donnant un seul coup sur ceux-ci avec ses naseaux ! Je ne vous parlerai même pas de son duel contre un hélicoptère par peur de choquer les âmes les plus sensibles !



Trêve de plaisanterie, ce squale-là défie vraiment toutes les lois de la physique puisqu'il sort de l'eau à la verticale ! (D'ailleurs ces séquences font penser à l'affiche des "dents de la mer", simple coïncidence ?) Comment fait-il ? Quel est son secret ? C'est simple, pour les scènes où l'on voit le grand requin blanc en plein écran, il s'agit d'une maquette, assez miteuse je dois dire, et pour le reste du métrage, Castellari utilise subtilement (sic) tantôt des séquences où un vrai squale apparaît, tantôt se sert d'un aileron mobile placé sur l'eau où bien encore nous balance des plans de poissons, notamment ceux de roussettes pour nous y faire croire !

Seulement voilà, on a un peu de mal à y croire justement, mais bon le requin apparaît souvent (on dénombre à peu près 9 scènes d'attaques, assez inégales certes, mais bon arrêtons de faire la fine bouche cinq minutes !), il se montre assez gore (un gars, notamment, se fait bouffer les deux jambes). De plus, d'autres scènes kitsch où l'on reconnaît la patte de Castellari, sont marrantes à voir (ah, ces ralentis où les plans sur l'aileron sont montrés alternativement avec ceux où une jeune adolescente court allégrement sur la plage !), et la scène finale copie quasi conforme de celle de "Les dents de la mer" mais avec un soupçon de sadisme en plus agrémentée d'un plongeon inutile du héros dans l'eau, font du film transalpin une des moins mauvaises répliques du carton de Spielberg et se laisse malgré tout regarder sans remords.



Surfant ainsi sur le succès de son illustre aîné (ouah j'ai réussi à la placer, celle-ci !), La mort au large malgré son côté bancal et pompant de manière éhontée ce qui a déjà été fait avant, a eu, en son temps, un beau succès, puisqu'il a très bien marché à sa sortie au box-office américain. Bon d'accord les gens pensaient peut-être voir une des suites du long-métrage de Steven et le film a eu des problèmes juridiques pour une sombre histoire de plagiat, mais bon, ne boudez pas votre plaisir, si jamais il passe à la télé, ça peut être l'occasion de rigoler un bon coup !








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