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La voiture dans laquelle se trouve Catherine Tramell et son compagnon, le footballeur Kevin Franks, fait une embardée et plonge dans la Tamise. Suspectant la romancière d'être directement responsable de la mort de son passager, le commissaire Roy Washburn, demande une évaluation psychiatrique au docteur Michael Glass. Celui-ci se rend compte que Catherine est accroc aux risques. Néanmoins, elle est acquittée. Peu de temps après, elle se rend au cabinet du docteur Glass, lui disant avoir pris conscience de son comportement dangereux. Entre eux d'eux commence un jeu de séduction.



Faire une suite au thriller sulfureux et violent de Paul Verhoeven était une gageure. Le premier film était tellement chargé en sexualité (d'après le scénario du spécialiste du genre, l'obsédé Joe Eszterhas ("Sliver", "Showgirls", "Jade") que forcément la comparaison est de prime abord peu flatteuse pour ce "Basic Instinct 2". Sur le plan formel, la réalisation de Michael Caton-Jones se contente du minimum syndical et est très en deçà de la hargne du réalisateur hollandais. Fort heureusement que le scénario et des dialogues plus alambiqués qu'à l'accoutumée viennent à la rescousse d'un film, que la plupart des critiques se sont empressés d'incendier. On n'est guère surpris que le réalisateur canadien, David Cronenberg ("La mouche", "A history of violence") se soit intéressé à ce projet, tant le film est rempli de symboles chers à ce grand artiste.

Dès la scène d'intro, on retrouve le thème de l'acte sexuel commis dans une voiture qui roule à grande vitesse (n'étant pas sans rappeler le thème de "Crash"). Par la suite, la toujours sexy Sharon Stone s'amuse à manipuler un psy sous le charme d'une personnalité aussi forte et envahissante. Malgré les mises en garde de sa collègue, la psy Milena Gardosh (Charlotte Rampling, impériale dans un second rôle), le Docteur Michael Glass [note : remarquez le jeu de nom faisant référence au partenaire de Sharon dans le premier opus, Michael Douglass] va progressivement lâcher prise et se laisser aller dans un univers plus trouble et sombre.


Chaque apparition de Catherine Tramell fait monter la pression d'un cran. Elle apparaît omniprésente. L'interprétation de David Morrisey est plus que satisfaisante, correspondant bien à ce que sont les psy (les mêmes mimiques que certains que je connais). Sa froideur apparente est donc logique, et il n'est à aucun moment envisagé de copier le personnage volcanique de Michael Douglas ("flingueur"). Cette suite se démarque donc par une ambiance moins hitchcockienne et par la découverte d'un milieu interlope (partouzes, scènes SM, vendeur de drogue….) et aussi une influence post "Seven" lors de la découverte des meurtres.

Excessivement pervers et manipulateur, le scénario est largement plus évolué que celui du premier volet, mais comme "Hannibal" l'a été pour "Le silence des agneaux", il aurait certainement été de l'intérêt des producteurs de lui trouver un autre titre : "Risk Addiction" par exemple. Car, le spectateur lambda s'attend logiquement à retrouver du cul, et de la violence, avec même de la surenchère comme l'exige les suites habituelles. Sur ces deux points, il s'avérera déçu : une seule scène véritablement graphique, et des scènes de fesses éparpillées dans le film et qui ne s'éternisent pas. L'échec du film au box-office n'est donc pas une énorme surprise, vu la promotion faites à base de scènes coupées (visionnables aisément sur Internet) .Pourquoi avoir aussi coupé la scène de triolisme incluant la française Anne Caillon ? Autant d'erreurs commises dans la promotion du film (une fois les scènes les plus "hot" vues, pourquoi se déplacer en salle), sans oublier la frilosité des producteurs dans une époque marquée sous le sceau du puritanisme.


Les dialogues se révèlent volontairement "drôles" où fortement chargés d'humour noir [Ex : le psy qui dit à Catherine : "Ce n'est pas moi qui vais être inculpé pour meurtres".La réponse de Catherine est ambiguë : "Pas encore".] Placée au début du film, cette réplique trouve une réponse dans la conclusion finale qui peut être aboutir à deux conclusions différentes. Plein de clins d'œil sont faits au premier "Basic Instinct" :on trouve des jeux de miroirs avec le film de Verhoeven : la scène de l'interrogatoire, le pic à glace…

L'idée de mélanger la fiction du dernier roman de la romancière dans la dernière partie de "Basic Instinct 2" avec des événements réels, provoque pas mal d'interrogations, jouant sur la manipulation du spectateur comme prisonnier d'un labyrinthe : Quels sont les faits réels ? Ceux racontés par Catherine Tramell dans son livre ? Ou ce que suppose le docteur Glass ?
Ce dernier est peu aidé par un entourage aux comportements peu recommandables : un flic qui manipule les indices, un journaliste prêt à tout pour dénicher un scoop, une ex femme trop bavarde……

Si le jeu de Sharon Stone oscille entre la caricature et d'autres passages où son jeu se fait plus animal, "Basic Instinct 2", vaut d'abord pour un scénario incroyablement bien écrit. Ainsi qu'à des décors choisis pour refléter la personnalité de leurs propriétaires: un cabinet lumineux pour le Docteur Glass aux antipodes de l' "antre" de Catherine Tramell plus sombre et torturé.


Placer l'action de cette séquelle dans l'univers de la jet-set londonienne et de la psychanalyse (le bâtiment phallique du docteur Glass !) était une bonne idée. Pas forcément exploité de manière satisfaisante, la faute à un manque de rythme évident, mais qui contentera les amateurs de manipulation mentale. Ceux qui s'attendent à un nouveau thriller érotique devront par contre passer leur chemin ou attendre l'inévitable version non censurée lors de la sortie du dvd.

-David Cronenberg, John Mc Tiernan et même Paul Verhoeven ont été un temps approché pour réaliser ce film.

-Côté acteurs pour incarner le leader masculin, les noms de Kurt Russell, Pierce Brosnan et Benjamin Bratt (ce dernier considéré comme trop mauvais par Sharon Stone) ont circulé






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