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La famille Carter traverse le désert américain pour se rendre en Californie. Big Bob Carter, le chef de la famille, et sa femme, Ethel Carter, doivent y fêter leur anniversaire de mariage. Le voyage est plutôt mouvementé, personne n'est vraiment content d'être là. Lynn, la fille aînée, est préoccupée par le confort de son bébé. Doug, son mari, pense travail en permanence et ne s'entend pas avec son beau-père. Brenda, la cadette aurait préféré faire la fête à Cancun avec ses amis. Et Booby, le plus jeune de la famille s'ennuie au milieu de tout ça. Pour ne rien arranger, Big Bob Carter décide de suivre un raccourci que lui a indiqué un pompiste un peu fou. Au beau milieu du désert, les pneus de la 4x4 éclatent et la petite famille se retrouve bloquée loin de toute civilisation. Pourtant ils ne semblent pas si seuls que ça, d'horribles évènements se produisent…



Pas étonnant que Wes Craven en personne vienne proposer au petit français qu'est Alexandre Aja de réaliser un remake de "La colline a des yeux", après le succès international de son "Haute tension" (il n'y a qu'en France que ça n'a pas marché : gros chiffres aux Etats-Unis et au Canada). Wes Craven laisse même à Alexandre Aja et Grégory Levasseur le soin d'écrire le scénario. Ce qui a permit aux deux français de conserver un certain contrôle sur le film. Et ça se voit ! Les deux français s'en donnent à cœur joie.

Lorsqu'on nous annonce la réalisation d'un remake, on a tendance à s'interroger de la légitimité d'une telle entreprise. Il faut dire aussi qu'on est vraiment pas gâté avec tous les remakes à deux balles des films asiatiques ("Le Cercle", "The Grudge", "Dark Water"…) ou des bons vieux classiques américains ("Amityville 2005", "La Maison de Cire", ou prochainement le très moyen "Fog 2005"). Pourtant, de temps en temps, de bonnes surprises comme "L'armée des morts", "King Kong (2005)" et pour certains "Massacre à la tronçonneuse 2003", qui sans jamais dépasser l'œuvre originale, ajoutent un peu de poids dans le plateau de la balance "les remakes peuvent être légitimes". "La colline a des yeux", au même titre qu'un "The Thing" de John Carpenter fait carrément pencher la balance. Osons le dire : "La colline a des yeux 2006" d'Alexandre Aja dépasse celui de Wes Craven.



Les deux films sont cependant difficilement comparables (budget, contexte historique et technique…), et la comparaison n'est d'ailleurs pas le but de mon exercice.

Alexandre Aja signe ici un survival bien musclé avec une légère dose de western pour les paysages désertiques américains et une petite touche de fantastique pour le village de dégénérés. D'ailleurs son film est pour lui un mélange de "Délivrance", "Chien de paille", "Il était une fois dans l'Ouest" et "La quatrième dimension". Même s'il n'a pas eu le director's cut, il n'apparaît pas à l'écran que le réalisateur ait eu la moindre contrainte tant la deuxième moitié du film est violente et sanglante.



Le film se divise en trois parties bien distinctes.
Une première partie d'exposition qui peut sembler longue mais qui a le mérite d'établir une vraie personnalité à chacun des protagonistes, donne le temps au spectateur de les aimer, pour le faire souffrir plus violemment lorsqu'ils mourront. Cette première partie permet également à l'auteur de développer un arrière plan politique à son film, qui touche aux essais nucléaires.

La deuxième partie est celle du piège qui se referme sur la famille et le massacre d'un bon nombre de ses membres. C'est la partie la plus violente et la plus dérangeante du film. Impossible pour le spectateur qui n'a pas vu la bande annonce du film de deviner qui va mourir, qui ne va pas mourir. Il peut s'attendre à tout et à rien car tous les personnages sont considérés de manière égale dans la mise en scène d'Alexandre Aja. Cette partie du film peut être un véritable supplice pour certains (j'ai vu des journalistes sortir de la salle de projection de presse à ce moment du film) ou une véritable jouissance tellement les émotions ressenties à ce moment du film sont fortes.

La troisième partie est la vengeance des quelques survivants contre les agresseurs. Cette partie du film pourrait paraître moins intense puisqu'elle à un rôle cathartique pour le spectateur qui voit les personnages se venger et se venge avec eux par la même occasion. Mais Alexandre Aja lui donne une dimension épique et cette vengeance prend l'allure d'une véritable croisade pleine de puissance et de tension. Dommage que la dernière scène de la petite fille à la veste rouge flirte avec le ridicule.




Ajouté à cela, le casting est impeccable (mis à part le gamin qui devient agaçant à force de se lamenter). Les effets spéciaux sont réussis. Effets plastiques et effets numériques sont combinés avec beaucoup d'harmonie. Les maquillages sont impressionnants et les personnages victimes des radiations sont véritablement répugnants. Le film d'Alexandre Aja mérite de rencontrer le succès en France (il l'a déjà rencontré aux Etats-Unis). On en veut un autre du même acabit et tant qu'à faire, pas un remake.