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Menant jusque là une vie de famille paisible, Sam Philips est happé par une force extra-terrestre sous les yeux de son fils et disparaît pendant trois longues années. Sa femme Rachel a refait sa vie avec un autre homme, mais le souvenir de son ancien mari pèse encore sur elle. Mais que s'est-il réellement passé ?? Non loin de la ville, un extra-terrestre attaque un couple puis engrosse une jeune femme à son domicile : elle donne naissance à Sam, qui semble bien déterminé à retrouver sa petite famille.



Grâce à "E.T" et à "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg nous prouvait que les extra-terrestres n'étaient pas nécessairement des horribles monstres gluants venus du fin fond de l'espace pour nous éradiquer, mais d'adorables créatures qui avaient hâte de découvrir notre chère planète bleue. Les méchants aliens se feront donc discrets ("The thing" sera d'ailleurs un cuisant échec), ce qui n'empêche pas au british Harry Bromley Davenport (eh ben !) de livrer un si charmant "Anti-ET".



Difficile de trouver un film, voire quelque chose ressemblant de près ou de loin à "Xtro", surtout que nous sommes en territoire british, là où le cinéma anglais se voulait avant tout porté sur les vampires, les fantômes et d'autres mythes plus classiques. Un cinéma qui n'était pas dans sa meilleure forme d'ailleurs, la Hammer venant ainsi de "décéder" dans les seventies. Il faudra attendre "Hellraiser" pour que le cinoche anglais reparte sur de bonnes bases.
Se voyant discerner la Licorne d'or au Festival fantastique de Paris, le film de Davenport se voit porté par un budget particulièrement faiblard et une réalisation terne plus proche du cinéma bis italien. Là où le petit budget aurait pu l'handicaper considérablement, il s'en dégage au contraire une aura étrange qui va donner toute sa force à l'atmosphère poisseuse du film.



Disparu depuis trois ans, Sam revient auprès de sa famille et tente de panser la blessure qui affecte sa femme et son enfant depuis ces trois années de mystère. Il tient particulièrement à rester auprès de son fils Tony et de sa femme Rachel, totalement désemparée, ce qui n'est pas du goût du nouveau compagnon de celle-ci, particulièrement antipathique envers Sam. Mais Sam n'est plus humain depuis bien longtemps : capturé par des extra-terrestres, il est devenu une créature de l'espace et cherche à reprendre sa progéniture, à qui il donne des pouvoirs surnaturels étonnants.
Si son scénario n'a rien de grandiose, "Xtro" est un film authentiquement "space" dans les deux termes ! Parfois on se demande même ce qui s'est réellement passé par la tête des quatre ( !?!) scénaristes tant certaines idées paraissent aussi fantaisistes qu'étranges : pourtant, rien de bien négatif dans tout cela, car "Xtro" n'est jamais, même involontairement, drôle. Et ça, pour un film à petit budget, c'est plutôt un pari gagné !!



Dans ce climat malsain se balançant entre un cadre rurale et un cadre urbain, se déroulent des tableaux bizarres et surréalistes d'où surnage un certain malaise : un petit garçon vampirisé par son père dans une ruelle glauque, un clown nain grimaçant (dont les grimaces rappellent parfois Tim Curry) tue un concierge avec un Yo-yo lumineux pourvu de lames tranchantes, une jeune fille au pair française (très jolie Myriam d'Abo, futur James Bond Girl quand même !!) servant de couveuse pour des œufs extra-terrestres, des jouets prenant vie, un Alien quadrupède paumé dans la forêt, des œufs de serpents dévorés peu proprement, un homme faisant l'amour à sa femme alors qu'il se trouve en pleine transformation physique peu ragoûtante, une conclusion quasi-onirique, une femme accouchant littéralement d'un homme… Le clou étant ce Big Jim grandeur nature prenant soudain vie pour buter une vieille rombière, baïonnette à la main !!
Si l'actrice principale Bernice Stegers vous dit quelque chose, c'est bien normal puisqu'elle fut deux ans plus tôt l'héroïne nécrophile du très intéressant "Baiser macabre". Une actrice qui, physiquement, ressemble étrangement à Claire Higgins, la Julia des deux premiers "Hellraiser".
En définitive, un beau petit morceau de série B horrifique totalement "autre".

Harry Bromley Davenport signera deux séquelles

Les photos sont prises sur http://www.monstrula.de/html/menschenmonster.htm






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