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Avec une carrière pléthorique, Jess Franco se sera fait le porte-parole d'un cinéma de genre médiocre. Tender Flesh ne déroge pas à ce constat. Paula est une très jolie jeune actrice. Un beau jour, elle répond à un casting et se retrouve strip-teaseuse dans une boîte très privée, réservée aux grosses fortunes. Encadrée par un couple pour le moins étrange, ou tout du moins peu jaloux, Paula sera menée sur une île pour un évènement très particulier ayant attiré un couple de richissimes rentiers. Isolés dans un palace au beau milieu de l'île, servis par une soubrette peu avare de câlineries, les acolytes vont révéler leur côtés les plus pervers aux dépends de Paula.



C'est sans aucun préjugé que j'ai abordé ce film. De la part de Jess Franco, je n'attendais rien de transcendant, mais le poster de Tender Flesh révélait une magnifique créature, vêtue de façon très aguichante.

Pourquoi pas, après tout ?

Pourquoi pas ? Et bien la réponse est très simple : ce métrage est indigeste au possible. Censé être le grand retour de Franco derrière la caméra, Tender Flesh n'est en fait qu'une vaste fumisterie, à l'intérêt nébuleux.



Certes, on retrouve les acteurs fétiches du maître espagnol. Mais les retrouve-t-on réellement avec plaisir ? Rien n'est moins sûr. Lina Romay se dénude toujours avec la même facilité, cependant la vie l'a rattrapée. Le jeu des acteurs est poussif au possible ; comme rouillé, usé par le temps. Seule Amber Newman apporte un peu de fraîcheur, tout au moins par sa jeunesse, rien de suffisant cependant.
Les dialogues sont déclamés sans conviction, rendant la vision de Tender Flesh longue et douloureuse là où ç'eut dû être le calvaire enduré par l'héroïne qui confère au spectateur de tels sentiments.

Cela est d'autant plus préjudiciable au film que le scénario n'arrange en rien le cas de notre ami espagnol.



Le film de genre est un style à part, c'est un fait. Il est parfois nécessaire d'être indulgent tant les moyens sont restreints et les efforts fournis sont importants. Cela n'empêche en rien le fait qu'avec une carrière comme la sienne, il est absolument inacceptable que Jess Franco nous resserve encore et encore la même soupe tiède.
Une vague histoire de manipulation, un maître chanteur qui se retrouve pris à son propre piège, quelques paires de seins, et hop!, emballé c'est pesé. Le seuil de tolérance ayant depuis longtemps été dépassé, ce n'est pas avec une énième redite de cette recette que Franco charmera le spectateur.



Ce n'est pourtant pas faute d'essayer puisque Jess Franco ira jusqu'à tenter l'hypnose sur le public. La caméra est en effet instable au possible, les plans ratés sont légions. Soit qu'un panoramique dure trop longtemps, soit qu'un travelling avant s'achève au mauvais endroit, nécessitant d'être recadré. Sans compter les contre-jours, les taches et parasites incrustés sur l'objectif…

C'est donc cela le fruit d'une expérience sur plus de 250 films ?

Le seul travail à saluer serait celui de Shock-O-Rama qui continue de nous offrir des rasades de film dans des copies les plus propres possibles, et surtout sur de chouettes galettes puisque le DVD de Tender Flesh dispose d'une face entière dédiée aux bonus et est vendu avec, sur un second disc, "Lust For Frankenstein".