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Episode 12 : Alors que la série "Masters of horror" devait compter treize épisodes, voilà que celui de Takashi Miike est interdit de diffusion sur ShowTime à cause de son caractère extrême. Un peu normal puisque les épisodes, déjà tous bien gratinés, sont diffusés en Prime Time. Résultat, la saison 1 "stoppe" à l'épisode 12 : Haeckel's Tale, un épisode lui aussi assez extrême mais qui ne semble pas avoir souffert de polémique.



Remplaçant un George A.Romero qui a bien failli participer à la première aventure des "Masters of horror", John McNaughton se pose sur une nouvelle de Clive Barker et retourne pour cela à l'horreur, un genre qu'il a quitté depuis 15 ans !!! McNaughton n'est donc pas forcément un maître du genre à proprement parler, mais son fabuleux "Henry Portrait of serial killer" a de quoi motiver !!
Plus tard, ce sera le sympathique et assez sanglant "The Borrower" qu'il tournera, avec un alien changeur de têtes !!



Vu les deux films cités précédemment, on ne doute pas que McNaughton n'est pas du genre à prendre l'horreur avec des pincettes ou avec sobriété : même son escalade dans le thriller, avec le sulfureux "Sex Crimes", a su faire parler de lui. Barker aurait pu, bien entendu, prendre les commandes de la réalisation, mais allez savoir si le Sir a réellement envie de retourner derrière la caméra (en ce sens, son projet "Tortured Souls" est, semble t-il, tombé à l'eau). Le résultat est, de toute façon, fort convaincant.
Ambiance 18e siècle et histoires à dormir debout ici, et c'est le cas de le dire puisque nous faisons face à une histoire dans une histoire. Edward Ralstom va demander conseil à l'étrange et solitaire Miss Carnation pour ressusciter sa défunte compagne. Mais la résurrection n'est pas toujours une décision préférable, et Carnation lui conte l'histoire du jeune Ernst Haeckel pour exemple.



Jeune étudiant en médecine plein d'espoirs, Ernst Haeckel provoque cependant son professeur et tente une résurrection "scientifique". L'essai échoue et le corps se retrouve dans un piteux état. Mécontent de cette expérience désastreuse, il se rend dans la forêt pour découvrir les "tours" de Montesquino, étrange magicien capable de réveiller les morts. Haeckel a cependant bien du mal à y croire, malgré les avertissements du mystérieux personnage. Mais Haeckel doit partir, son père se trouve mourrant. Sur la route, les mauvaises surprises seront nombreuses…
Si la noirceur de Barker est palpable, l'atmosphère prend un arrière goût très agréable de Hammer Film sordide, de "Frankenstein" ou de "Simetierre". Un climat morbide et poisseux, également marqué par le sceau d'Edgar Allan Poe. L'époque est merveilleusement choisie, et surtout magnifiquement restituée, n'oubliant pas certains relents gothiques.



Le pauvre Haeckel n'aura guère de chance sur son parcours et aura la joie de connaître une longue mésaventure, de cette résurrection manquée (où l'on entend parler de "Frankenstein" justement) jusqu'à la découverte d'horribles secrets. Même pas le temps de souffler le bougre, même lors d'une pause en forêt lui réservant une horrible surprise.
Parfaitement macabre, le segment de McNaughton respecte les débordements sexy et sanglants de Barker jusque dans une dernière partie proprement hallucinante : une orgie nécrophile, sorte de croisement impensable entre "l'enfer des zombies" et un épisode de la "Série Rose", ne reniant ni la chair ni le sang. Un mélange de dégoût et de fascination tout à fait "barkerien", d'une rare audace pour un produit destiné à la télé. Surtout que la nécrophilie est l'un des plus grands tabous de l'histoire du cinéma, même si le teuton Buttgereit a déjà bien exploité le sujet. C'est donc l'occasion de voir des morts-vivants libidineux et cannibales (pourquoi d'ailleurs ?), profitant enfin des plaisirs défendus.
Du bon ouvrage, choquant et déviant, traversé par de belles surprises et bien défendu par une réalisation de qualité. Belle conclusion.