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Après "Nekromantik", "the Burning Moon" et autre "Violent Shit" vous pensiez avoir tout vu ? Helen est une jeune fille apparemment tout à fait normale, si ce n'est qu'elle est particulièrement jolie. Tellement jolie en fait, que tous les hommes qui pénètrent un tant soit peu son cercle d'intimité tentent de la contraindre à des rapports sexuels. Pourtant ce n'est pas vraiment le fait d'être régulièrement violée qui la ronge le plus. En effet tous les hommes ayant tenté de la pénétrer disparaissent durant le rapport, aspirés par le vagin de la belle. Seul Dennis, un homme aussi timide que maladroit, semble ne pas s'intéresser à la demoiselle pour abuser de ses charmes… Désespérée, manipulée par son vagin qui la fait souffrir dès qu'il ressent le besoin de se repaître, Helen s'exile à Londres afin de se prostituer…



Vous ne pensiez pas réellement avoir tout vu, n'est-ce pas ? Abreuvés des sécrétions cinématographiques des maîtres allemands, vous n'aviez pas vu l'Angleterre se préparer à vous envoyer l'uppercut audiovisuel du siècle. Maintenant que vous êtes sur le sol, la bouche entrebâillée et le menton enflé, vous êtes parés à m'écouter.

La seule lecture du titre "Penetration Angst" annonce la couleur, et suffit à remettre en cause la réputation de censeur que traîne (légitimement) l'Angleterre depuis des années.

Le film est né de la collaboration entre la compagnie Anglaise Salvation Films (spécialisée dans les métrages déviants "Salvations Films – la dépravation à l'échelle globale") et un réalisateur allemand, Wolfgang Büld. Malgré sa nationalité, l'attachement du réalisateur à l'Angleterre, confère au film un aspect tout particulièrement british… Cependant, de par son aspect extrême, l'héritage allemand est facilement reconnaissable.

Avec son atmosphère suffocante au possible, et pourtant nappée d'un humour noir dévastateur, "Penetration Angst" est la preuve incrustée sur pellicule que nos voisins anglais sont capables d'autres choses que des "Billy Elliot" et autres "Full Monty". En mélangeant humour, gore, érotisme et toutes sortes de déviances cinématographiques, le réalisateur crée un cocktail noirâtre et doucereux ; une mixture au goût étrange, mais tellement fascinante.



Ce serait un euphémisme que de dire que ce film est tordu. Sa détermination à aller dans le fond des choses impressionne, ne serait-ce que sur un aspect purement scénaristique.
Une jeune fille traumatisée étant petite, dont le vagin parle et mange les hommes qui le pénètrent, voici déjà un synopsis sacrément dérangé. Ajoutez à cela, quantité de pervers sexuels qui vont tenter d'abuser d'Helen. A chacun d'eux il est réservé un sort peu enviable. Comme si cela ne suffisait pas, le scénario comprend aussi une amourette entre un homme réservé et une jeune fille, dont la sœur siamoise est passablement extravertie.

Ce n'est pourtant qu'un aperçu des capacités de "Penetration Angst", funambule sur la corde raide qui sépare l'humour de l'immonde. Tout le film est ainsi construit grâce à une habile manipulation d'éléments parfois antagonistes, mais dont le mariage est dévastateur.



Avec un sujet pareil, Wolfgang Büld ne pouvait rater son film ; cette option n'était pas acceptable, et fort heureusement, "Penetration Angst" est une belle réussite artistique.
Il est évident qu'un tel film ne pouvait bénéficier d'un budget faramineux, cependant à aucun moment le manque de moyens ne se fait ressentir.

Tous les manques sont ainsi palliés grâce à d'habiles jeux de caméra. Les plans sont tour à tour malsains et menaçants puis sauvages.
La caméra se glisse sous un sommier dénudé pour observer la scène… Helen crie, elle est terrorisée : attachée aux montants du lit elle ne peut rien faire que subir la perversion de son tortionnaire.
Terriblement dérangeant, mais terriblement efficace. Le spectateur est en effet glissé subrepticement dans l'intimité bouleversée de Helen par le biais de cadrages tous plus torturés les uns que les autres.

Ce sentiment de violer l'intimité des protagonistes ne découle pas uniquement d'astuces de cadrage rapprochant le spectateur des personnages. Se dégage du film un étrange relent d'authenticité, dégagé par le grain particulier de l'image.



Un scénario dévié au possible, doublé d'un humour noir particulièrement anglais et une maîtrise de la caméra indéniable font de "Penetration Angst" un incontournable.

Sans oublier que le cadre se prêtait tout particulièrement à la réalisation d'un tel film. Les bas fonds de Londres (Soho notamment) sont ici utilisés à leur juste valeur : une brèche entre deux mondes, la rencontre entre le jour et la nuit, le sage et le perverti… Des prostituées, des strip-teaseuses et des énergumènes en tout genre.

Les destins de Dennis et d'Helen s'y dérouleront pour bonne partie, chacun à leur manière.

Aussi surprenant que cela puisse paraître "Penetration Angst" transmet au spectateur nombre de sentiments, dont l'amour. Tout simplement impressionnant.








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