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Un tueur sème la terreur dans une petite ville. Le jeune Jonathan Parker semble connecté à lui car il voit les meurtres. Il est bien décidé à stopper ce meurtrier : Horace Pinker. Finalement Pinker est arrêté et condamné à la chaise électrique. Tout le monde est persuadé que le cauchemar est fini, mais grâce à la pratique de rites occultes, Pinker a survécu, et est capable de passer de corps en corps.



Il est parfois douloureux de re-visionner des films de son enfance car la patine du temps peut y avoir laissé des marques. C'est le cas de "Shocker", film de Craven qui m'avait marqué lors d'une première vision, mais qui est resté beaucoup trop ancré dans son temps pour être considéré maintenant comme une des réussites du réalisateur. Même si la réalisation de Wes Craven reste correcte, il lui manque une âme pour s'imposer. Surtout que l'ombre de Freddy Krueger est trop présente pour conférer à ce long-métrage une personnalité propre. Pour suivre les méfaits d'un tueur "immortel", on préférera se replonger dans "Les griffes de la nuit".

Là où l'histoire devrait être terrifiante, le résultat frôle la parodie à plusieurs reprises. Notamment lors d'assassinats de policiers, dont un gros plan, sur l'un d'eux la bouche ouverte (après il y en a qui vont trouver l'une des mortes de "Cursed" ridicule…). Ou encore, le passage de corps en corps dans le parc (avec la mère d'une fillette en train de frapper Jonathan). Ce passage de corps en corps sera d'ailleurs repris dans "Le témoin du mal" avec Denzel Washington.



Il se pourrait que consciemment Craven n'ait pas voulu orienter "Shocker" côté épouvante, mais plutôt voulu en faire une fable. Guère surprenant de voir alors que l'histoire est parasitée par une histoire d'amour, et que la dulcinée de Jonathan- après avoir été zigouillée par le méchant Pinker- revienne d'entre les morts pour apporter du soutien à son bien aimé. La recherche du pendentif (ah l'amourrrrrrrr qui va tout sauver !!) apporte néanmoins l'une des plus belles scènes du film : le soutien des morts, entourant Jonathan, alors qu'il se trouve près d'un lac embrumé.





Mais le gros problème de "Shocker" provient d'effets spéciaux particulièrement ratés, aboutissant à un résultat imbuvable, particulièrement lors de la seconde partie du film qui voit Shocker circuler chez ses victimes via l'électricité. Visiblement, ceux-ci ont posé d'énormes soucis et rendent tout cela bien kitsch. La présence d'Alice Cooper au générique pourrait être bien sympathique (on se souvient du chanteur dans "Prince des ténèbres" de Carpenter !) mais il se contente d'apporter sa touche à une B.O omniprésente lors de scènes de poursuites. Or, un film ne doit pas forcément ressembler à un clip, ce que pour le coup, Craven a oublié. Ancrant définitivement "Shocker" dans les années 80.



Après tous ces points négatifs, il est bon de souligner la prestation de Mitch Pileggi, quelques années avant qu'il n'accède à la célébrité en incarnant Walter Skinner dans la série "X-Files". L'acteur est vraiment habité par son rôle. Ce qui rend son interprétation de Pinker, empreinte de la terreur que doit inspirer le personnage. Pour le reste, on constate que rien de nouveau n'a changé dans le cinéma de Craven : part importante de l'élément rêve, famille absente (massacrée) ou indigne…


Alors que le destin de "Shocker" était de devenir une série, l'échec commercial et artistique en décidèrent autrement. Même si le film est loin d'être honteux- Craven a fait bien pire-, "Shocker", n'innove suffisamment pas même s'il se suit sans réel déplaisir.