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Réalisation
Tobe Hooper

Scénariste
Jace Anderson, Adam Gierasch

Date de sortie
2005

Genre
zombies

Tagline


Cast
Dan Byrd
Stéphanie Patton
Alexandra Adi
Denise Crosby...


Pays
Etats Unis

Production


Musique
Joseph Conlan

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.4
(22 votes)
La famille Doyle (une femme venant de perdre son mari, accompagnée de ses deux enfants) emménage dans une étrange baraque et accessoirement morgue, située dans un petit village californien, afin de démarrer une nouvelle vie : la mère sera la nouvelle embaumeuse de la commune. La résidence, très insalubre, est peu engageante car elle est, en plus, située près d'un cimetière où les jeunes autochtones viennent passer leurs soirées mais où, selon les légendes urbaines locales, le fils difforme des anciens croque-morts viendrait hanter les lieux la nuit venue. D'étranges phénomènes se produisent à l'arrivée des Doyle. Auraient-ils réveillé le Mal jusqu'alors tapi sous leur maison ?



Après avoir donné ses lettres de noblesse à la production horrifique avec des films tels que l'excellent "Massacre à la tronçonneuse", "Le crocodile de la mort" ou encore le très bon "Poltergeist", Tobe Hooper était vraiment tombé bien bas avec un métrage comme "Lifeforce" et a traversé mollement les décennies suivantes sans réel coup d'éclat. Avec le pas mauvais "Toolbox Murders", le réalisateur américain semblait avoir repris du poil de la bête et c'est avec "Mortuary" qu'il semble confirmer son retour dans le gotha des maîtres de l'horreur.

Fort des bonnes critiques de son précédent métrage ("Toolbox Murders"), Tobe Hooper s'est entouré pour l'occasion des mêmes scénaristes (Jace Anderson & Adam Gierasch) qui ont fait du bon boulot. Sans être novateur, leur script est très simple (une histoire de zombies venus attaquer les vivants dans une morgue et combattus par un trio d'ados courageux) et très classique à la fois (le cimetière flippant proche de la maison, les indices disséminés à droite et à gauche témoignant de l'étrange passé de la baraque, le gang des jeunes crétins qui harcèlent le héros et qui sont donc voués à une mort certaine,…). Ainsi, tout ce que vous verrez dans Mortuary a déjà été fait dans d'autres films du genre, seulement voilà, le charme opère et ce même avec des ingrédients connus empruntés ici et là, ce qui fait toute la force de ce métrage. On peut ajouter à cela, l'excellente galerie des personnages tous très crédibles et pourtant tellement différents. Parmi ceux-ci, on retrouve la mère de famille (Denise Crosby qui jouait déjà dans "Simetierre", à croire qu'elle est abonnée aux films où fleurissent les pierres tombales !), impeccable en maman qui se veut rassurante et opiniâtre dès lors qu'il s'agit de s'improviser embaumeuse de cadavres, mais aussi les jeunes vauriens de service (avec les deux bimbos et la brute décérébrée, tous trois très branchés sur le triolisme ce qui contraste carrément avec le flic super prude qui a du mal à parler de sexe !), ou encore l'agent immobilier loufoque qui semble tout droit sorti d'un épisode de "Twin Peaks", et enfin Rita, la propriétaire insolite du restaurant local qui répand toutes sortes de ragots concernant les anciens croque-morts. Dan Byrd, qui interprète Jonathan, le héros du film, est quant à lui, très convaincant malgré un physique des plus communs, si bien qu'il est assez facile de s'identifier à lui tout en ressentant les événements pour le moins ahurissants, qu'il traverse. En effet, passer du flirt anodin avec la barmaid avec qui il bosse chez Rita à la lutte avec d'affreux zombies venus réclamer leur dû et déverser leur haine dans le restaurant où il est serveur, vous avouerez bien que ça doit être dur à vivre pour un teenager venant à peine d'arriver en ville, non !?



Toutefois, ce qui gâche un peu notre plaisir, c'est la réalisation de Hooper, qui n'est certes pas catastrophique en soi, mais qui, avec une approche plus sombre et dynamique, aurait pu être nettement meilleure, ce qui est dommage compte tenu de la formidable facture du script initial. En clair, le gros défaut du film est la lenteur au niveau des attaques de zombies, car elles manquent cruellement de pêche. Toutefois, le film reste un divertissement tout à fait honorable et ce malgré la quasi absence d'effets sanguinolents, ce qui prouve bien là, la qualité du scénario ! L'insuffisance de liquide rouge vital est ainsi compensée par la présence de chairs en décrépitude et de vomi noir répandu partout sur le sol de la maison et à la face des gens par les zombies, car c'est, entre autre comme ça que le Mal se propage. Avouez que c'est plutôt sympa, non ?

Autre motif de satisfaction, l'humour noir dispensé avec parcimonie dans le film, mais également la présence de sujets de société importants, tels que le vandalisme des jeunes qui ne savent pas comment s'occuper, la fumette de joints, l'homosexualité adolescente, ce qui prouve que notre Hooper retrouvé ne fait pas que dans le trash et le gore mais aussi dans le social, et ça, ça fait plaisir et laisse peut-être augurer de très bonnes choses pour la suite de sa carrière qu'on espère encore très longue !



La maison dans laquelle emménagent les Doyle est un autre point positif à mettre au crédit des scénaristes. Cette immonde baraque est, en effet, l'une des plus écoeurantes et effrayantes qu'il nous ait été donné de voir sur les écrans et ce, sans prendre en compte le fait qu'elle soit située juste à côté d'un cimetière ! Jugez plutôt : la fosse septique est défectueuse et répand en plus d'odeurs nauséabondes, toutes sortes de déchets sur la portion de pelouse qui jouxte la maison, une mousse noire envahit toute la baraque dont la cuisine en particulier (charmant pour préparer les repas !) et les escaliers menant aux chambres dont les fenêtres ont des barreaux, sont d'un sinistre qui fait froid dans le dos. Il y a quand même mieux pour passer d'agréables nuits, vous ne trouvez pas ?

Pour ce qui est de la musique, mise à part celle du générique de fin à forte tendance techno qui ne va pas avec le reste du film, le score, sans être transcendant, est très efficace, rythmant chacune des scènes où le Mal apparaît sous ses différentes formes tout en provoquant chez le spectateur une certaine tension quant aux évènements à venir sur pellicule. Et très franchement, il n'y a rien de mieux pour vous mettre en haleine !



Alors bon, même si tout cela fleure le déjà-vu et que Hooper n'a semble-t-il jamais retrouvé toute la grâce de "Massacre à la tronçonneuse", son dernier opus contient quand même largement de quoi vous divertir pendant 1h30 ! Aussi, pourquoi bouder son plaisir plus longtemps ?