RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
William Malone

Scénariste
Matt Greenberg

Date de sortie
2005

Genre
série

Tagline


Cast
Lori Petty
Lindsay Pulsipher
Jesse Haddock
William Samples


Pays
USA

Production


Musique
Nicolas Pike

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.1
(9 votes)
Episode 9 : Malgré une sélection plutôt vigoureuse, "Masters of horror" semblait avoir fait une vilaine tache dès sa première saison : l'intrusion de William Malone dans ce clan de maîtres. Car honnêtement, Malone se trouve bien loin d'être un maître du genre, et ce n'est pas avec un seul bon film d'horreur à son actif (qui est "La maison de l'horreur", à moins que vous ne préfériez les très faiblards "Créature" et "Terreur.com" ?) qu'il va le prouver dès maintenant. Mais comme dirait l'autre, on n'est jamais à l'abri d'une surprise…



Et la surprise elle est bien là, dans cet épisode que personne n'attendait et surtout pas de la part d'un réalisateur sans réelle patte personnelle. En fait, Malone opte pour une œuvre sensiblement atypique (de toute façon aucun épisode de la série ne ressemble à un autre) et surtout foncièrement originale, même unique.
Trop rare sur le grand écran, l'étrange Lori Petty s'improvise ici Guest-star, histoire de ressortir un peu de l'anonymat : elle fut, entre autres, la compagne de Keanu Reeves dans le génial "Point Break" et l'héroïne destroy de l'adaptation comics "Tank Girl". Déjà un bon point…



Un corps momifié, des gris-gris, des bougies, de la poussière, des cendres, du sang, un orage… L'imagerie magie noire/vaudou de l'intro nous fait glisser lentement dans une réalisation de grande qualité, de laquelle on aura bien du mal à décrocher si j'ose dire. Mais tout ceci, qu'est-ce exactement ? Mystère, la suite nous l'apprendra petit à petit…
Tara est une jeune fille mignonne mais silencieuse, timide, craintive, et surtout détestée par la majeure partie des personnes qui l'entourent. Un ezatz de "Carrie" en quelque sorte.
Rentrant de son établissement scolaire, elle passe malencontreusement par des bois sombres et épais où l'attend une curieuse camionnette. A peine le temps de faire quelques coups de pédales, que la voiture la renverse et qu'un homme en sort pour kidnapper la jeune fille. A son réveil, elle tente de retrouver ses esprits dans une petite chambre d'hôpital ; pas de chance ce n'est pas non plus un hôpital, mais une immense baraque perdue au fin fond du Vermont. En deux temps trois mouvements, elle se retrouve éjectée dans les sous-sols de la demeure en compagnie d'un jeune garçon muet.



Une pauvre fille rejetée comme un "freak" ? Des personnages bizarres ? Une ambiance sombre à souhait pour ne pas dire gothique ? Pas de doute, Malone semble se rapprocher aisément de l'univers Burtonnien. Du Burton, oui, mais le Burton de la grande époque, celui de "Batman le défi" ou de "Edward aux mains d'argent". Là où une poésie magique rencontre une cruauté noire d'ébène.
Malone soigne avec un maximum de classe ses plans et en tire de somptueuses images s'alliant à la perfection avec le propos inquiétant de l'histoire. Exactement comme ce kidnapping rythmé par la 7e symphonie de Beethoven, prenant littéralement aux tripes.
Remords, résurrection et malédiction familiale vont bon train dans ce conte macabre liant le monde des adolescents à celui des adultes, ici représentés par deux couples : celui des parents, touchants mais bien ambigus à leur manière, et celui de ces deux jeunes êtres désespérés, aux destins oh combien différents !



Malone n'en oublie pas ses notions de base et met la terreur en scène par le biais de cette créature décharnée maudite et cannibale, dont le look renvoie au récent "Rubber Johnny" : un monstre hors normes et très correctement mis en image, constamment filmé dans l'obscurité pour conserver tout son potentiel. L'épisode reste cependant moins gore qu'à l'accoutumée, ce qui n'est pas véritablement une tare pour une œuvre comme celle-ci.
Une dame en noire tient une rose dans sa main, on déterre les cadavres d'un petit cimetière, une vision onirico-surréaliste renvoyant aux contes, une magnifique cérémonie maléfique frappée par la pluie… L'ombre de Burton plane bel et bien, jusqu'à ce dénouement apaisant et doucereux, tout à fait audacieux dans une série comme celle-là.
Inutile de dire qu'on tient là une véritable merveille.