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Episode 8. Ses mises en scènes irréprochables en ont fait un maître de l'horreur et aujourd'hui encore, on attend fébrilement son nouveau film ; il fut l'un des déclencheurs de la vague "slasher 80's" et n'a jamais hésité à se tourner vers la télé au cours de sa carrière : ce réalisateur, c'est bien sûr John Carpenter, dont les deux derniers films attestent d'un changement de direction assez étonnant.



Le nouveau Carpenter ne fait pas dans la dentelle, et son efficacité rime avec gore à présent. Un gore qu'il s'est peu permis d'utiliser dans sa filmographie, ce qui ne l'a pas empêché d'aligner des chefs-d'œuvre du genre. "Masters of horror" a offert une nouvelle chance à Dario Argento, qui cache décidément son grand talent malgré deux productions récentes assez honteuses, et se tourne cette fois vers Big John. Bombe barbare, divertissement sanguinolent ou nanar explosif : son dernier opus, "Ghosts of Mars", a été gentiment controversé.


Pas de monstres gothiques ou d'action "peckinpesque" pour cette tentative télévisuelle, plus proche de l'un de ses grands chefs-d'œuvre : "L'antre de la folie".
Inutile de se tortiller dans tous les sens, Big John n'arrive cependant pas à la cheville de ce chef-d'œuvre lovecraftien et se livre plutôt à un dérivé sympathique du film cité ci-dessus… mais redoutable.
Kirby est un jeune programmeur de cinéma, tentant tant bien que mal de faire fonctionner son joli ciné-club. Il rencontre le distingué et fortuné Bellinger, un très (trop ?) grand collectionneur, littéralement fasciné par le cas d'un film, un film tout particulier, si particulier qu'il prend l'allure d'un mythe, d'une légende, d'une malédiction.



Ce film se nomme "La fin absolue du monde", une œuvre maudite et introuvable réputée comme "meurtrière". Bellinger est d'ailleurs si fasciné par ce film qu'il tient prisonnier l'un des acteurs : un ange décharné et famélique dont les ailes ont été brutalement arrachées. Kirby devra se résoudre à mener cette lourde enquête, pour en tirer une somme d'argent conséquente : en effet son beau-père demande un important remboursement sous peine de… mort ! Il reste peu de jours pour que le pauvre Kirby trouve cette fameuse bobine, peu de jours pour interroger les malheureux ayant découvert le film, la plupart étant fous, morts ou passablement traumatisés. Des visions viennent également déranger quelque peu le jeune garçon, des visions prenant la forme de "cigarettes burns", c'est-à-dire des brûlures de cigarettes, souvent fréquentes sur les pellicules de films.
A peine l'épisode commencé qu'on frissonne déjà à l'entente de la musique, une musique "carpentienne" que nous n'avons plus entendu depuis longtemps, très longtemps. Si le pitch se veut passionnant, il est dommage de dénoter une trop grande similitude avec celui de "La neuvième porte" et avec "L'antre de la folie". Pas d'horreur baroque contrairement au film de Polanski, et l'ensemble reste bien moins vertigineux que le chef-d'œuvre de Carpenter.



Tension typiquement Carpenter oblige, le film privilégie les bavardages mais fait frétiller le spectateur d'impatience par les méfaits que l'on raconte à propos de la fameuse bobine : bains de sang, folie pure, visions, meurtres… En somme, un renvoi direct à la dernière partie de "L'antre de la folie", sauf que nous pourrons découvrir quelques bribes du film, penchant beaucoup vers les visions de "Event Horizon" et de la vidéo maudite de "Ring".
Le talent d'écriture est pour beaucoup dans la qualité de l'épisode, mise en abîme et vision si personnelle du cinéma par Carpenter, et crescendo cauchemardesque vers l'inimaginable, vers l'horreur pure.
Compagnon du chasseur de vampires black dans "Blade II", Norman Reedus laisse une excellente impression avec un personnage torturé et rongé par le passé, qui glisse vers une longue et douloureuse descente aux enfers. Une descente aux enfers versant bien évidemment dans le gore crado avec une décapitation très sale à la machette (à l'occasion du tournage d'un snuff movie à… Rosny-sur-Seine !!!) et d'autres réjouissances (assez douloureuses cependant) comme des yeux méchamment crevés ou des intestins utilisés à des fins, disons… cinématographiques !
Carpenter rejoint doucement mais sûrement le chemin de ses anciennes productions, en particulier sa "Trilogie de l'apocalypse" ; c'est tout de même mieux que rien et on s'en délecte férocement.

Le cinéma du jeune héros projette "Profondo Rosso" au début du film.

On entend parler du Festival de Sitges, qui, bien entendu, existe réellemment.