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Un photographe de mode se sert de son métier pour commettre des meurtres abominables dans une pièce cachée de son luxueux appartement. La petite sœur de son amie trouve bizarre son comportement et tentera d'en apprendre plus sur lui à ses risques et périls…



Voici donc le film le plus controversé du cinéma actuel, qui s'est vu refouler de tous les festivals d'Amérique du Nord, ainsi que par trois Majors spécialisés dans la pellicule (Technicolor, Deluxe et DuArt), une première dans l'histoire du cinéma !

Le film est l'œuvre de Nick Palumbo, jeune réalisateur devenu amoureux du cinéma d'horreur après avoir vu "massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper ! Palumbo s'était déjà fait remarquer avec son premier film "Nutbag", réalisé en 2000, et qui nous présentait les agissements sanglants d'un serial killer choisissant ses victimes à Las Vegas. Un sujet très similaire avec "Murder Set Pièces" puisque celui-ci se déroule également à Las Vegas et nous fait suivre les journées d'un serial killer. Une sorte de pseudo remake avec plus de moyen ??

Murder Set Pieces est donc un film de serial killer. Tout comme "Henry", le film nous fait suivre de façon réaliste les journées du "photographe", le personnage principal n'ayant pas de nom. Une façon de laisser aux spectateurs la possibilité de se dire que cet homme pourrait être n'importe lequel d'entre nous. Même si "le photographe" possède quelques antécédents favorisant le développement d'un terrain propice aux meurtres ! Son grand-père était officier nazi, comme nous le montre la photographie où il sert la main d'Adolf Hitler. Enfant, il s'amusait avec des poupées qu'il déshabillait et ligotait.



Devenu adulte, ses pulsions meurtrières ne sont plus contrôlables et le meurtre est devenu son mode de vie. Photographe érotique, il parcourt Las Vegas, ses night-clubs, ses casinos, à la recherche de futures victimes. Des femmes souvent sexy, aux formes et aux charmes non négligeables, mais qui vont devenir entre ses mains de la vulgaire viande juste bonne à étriper. Car notre homme n'a pas une haute compassion pour la gente féminine. Autant le dire tout de suite, pour lui, ce ne sont que de vulgaires traînées, dont il peut abuser sexuellement avant de les faire passer dans l'au-delà.

La vision de "Murder Set Pieces" nous fait penser à d'autres films, comme "maniac" de William Lustig (qui ne tarit pas d'éloge sur le film de Palumbo) mais surtout à "american psycho" de Mary Harron. Le film de Nick Palumbo peut effectivement se voir comme la version trash des aventures de Patrick Bateman. De nombreuses similitudes se retrouvent dans les deux personnages : culte du corps (le photographe soulève des haltères je ne sais plus combien de fois dans le film), relation sexuelle bestiale avec les femmes, folie meurtrière incontrôlable, utilisation de divers instruments pour donner la mort…

Murder Set Pieces nous montre ce que le film de Mary Harron se contentait de suggérer. Meurtres sauvages au couteau, plantage de clou dans l'avant-bras, tronçonnage de tête, le sang coule beaucoup dans le film. Il est également beaucoup plus dérangeant car les situations paraissent assez réelles et sont souvent malsaines (la mort par noyade dans la baignoire, les parties de sexe qui ressemblent plus à du viol qu'à autre chose…). Dérangeant, cru, le film fait naître un certain malaise de par ses images excessives et ses situations extrêmes. La séquence la plus glauque étant sans conteste celle où le photographe porte à bras le corps un tout jeune enfant (2/3 ans maxi !) alors qu'il est couvert de sang et que celui-ci court le pyjama ensanglanté dans sa maison pour découvrir sa mère morte et mutilée contre un mur. Je ne sais pas quelle conséquence ces images vont avoir sur la psychologie de l'enfant mais personnellement, étant papa d'un enfant du même âge, cette scène m'a paru presque "honteuse" ! Shocking assuré !



Niveau casting, ça assure pas mal ! Sven Garrett, qui joue le photographe psychopathe, a vraiment la "gueule" de l'emploi. Hyper baraqué, une mâchoire carrée, un regard de "fou furieux", un vrai maniaque en puissance. En fan de film d'horreur, Nick Palumbo a ramené quelques visages bien connus pour jouer des caméos dans son film. On retrouve donc l'imposant Gunnar Hansen, ainsi que Ed Neal, tous deux stars de "massacre à la tronçonneuse" bien sûr. Autre caméo bien jouissif, Tony Todd en patron de vidéo club ! Cette séquence est pleine d'humour noir puisque le photographe ne cesse de demander à Todd s'il possède un snuff movie du nom de… "nutbag", titre du premier film de Palumbo ! On retrouvera d'ailleurs d'autres éléments de Nutbag dans le film, comme la figurine du "cri" (figure inspirant le masque de "Scream") posée sur une étagère par exemple ou le masque de cochon. La petite fille qui découvrira la vraie nature du photographe s'en sort également plutôt bien. Censée être l'héroïne du film, elle apparaît en fait peu, hormis lors de la scène finale.

On a cité "massacre à la tronçonneuse" et Dieu sait si de nombreuses références à ce film culte sont présentes dans Murder Set Pieces, à commencer justement par la pièce du tueur, où est disposé le même frigo que dans le film d'Hooper ! On peut remarquer aussi un masque ressemblant fortement à celui de Leatherface ! Notre photographe est aussi cannibale et nécrophile. La scène où une femme est attachée la tête en bas et se retrouve affublée d'une tête de cochon est assez jouissive également et fait sombrer le film dans la folie !

Heureusement, le film n'est pas dénué d'humour et cela réussi à décontracter l'atmosphère. Allemand d'origine, le fait d'entendre le photographe s'exprimer en cette langue tel un méchant nazi lorsqu'il est énervé, prête à sourire.



La dernière partie du film, avec la confrontation entre le photographe et la petite sœur de sa copine, nous amène en plein "grand guignol" avec une violence gore proche d'une bande dessinée ! Ca gicle bien, mais ça reste bien fun !

Bref, "Murder Set Pieces" est un film spécial, mêlant sexe, gore, ambiance et sujet malsain, humour noir. De là, à le cataloguer comme le film le plus pervers de l'histoire du cinéma, est un peu poussé quand même. Un film comme "august underground mordum" est largement plus "choc" et malsain. Néanmoins, le film de Nick Palumbo possède de nombreuses qualités et satisfera les amateurs de serial killer bien taré !

La critique a été faite à partir de la version "director's cut" du film.






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