RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2.8
(15 votes)
Champion toutes catégories du direct-to-video avec le slasher, le film animalier fait recette. On ne compte plus le nombre de requins, arachnides et autres reptiles qui envahissent les bacs. "Ptérodactyles" peut donc attiser la curiosité : d'une part parce que les volatiles sont peu représentés dans le cinéma de genre, mais également parce que nous sommes ici en présence de créatures préhistoriques, ce qui en fait toute l'originalité.



C'est derrière sa caméra que Mark L.Lester ("class 1984", "class of 1999") embarque un groupe d'apprentis archéologues chaperonné par le professeur Michael Lovecraft (!) en pleine forêt, à la frontière Turquo-Arménienne. Au même moment et au même endroit, un commando de l'armée américaine tente de capturer un rebelle. Une rencontre improbable où ils devront unir leurs forces pour faire face à une menace qui, à priori, semblait impossible : des ptérodactyles, bels et bien vivants…
On passe rapidement sur le fait que ces "oiseaux" du jurassique étaient avant tout des reptiles volants qui se nourrissaient principalement de poissons et de crustacés : et cela tombe plutôt bien puisque l'intégralité du casting possède le QI d'une huître et va rapidement mordre à l'hameçon.



Voici une histoire, des personnages et des dialogues qui ne font qu'osciller en permanence entre la série B et Z : mais qu'est-ce que c'est bon ! Passé un premier quart d'heure pour mettre en place les protagonistes (pas franchement futés dans l'ensemble), le récit laisse rapidement la place à l'action. De ce côté là, Lester montre qu'il a le sens du rythme, et l'on ne s'ennuie pas une seconde. Oublions le comique de certains dialogues (Mark Sevi, "arachnid", "ghoulies 4") et la prestation du casting pour nous concentrer essentiellement sur la carte sanglante du menu.
Sans être particulièrement gore (ne rêvons pas non plus), quelques scènes se révèlent diablement sympas : corps découpés en deux à coup de bec, un petit gueuleton sur une homme éventré dans le nid, bref bien plus qu'on n'aurait pu le souhaiter dans ce genre de production faiblarde.

Et pour s'atteler à la réalisation de nos créatures ailées, rien de tel que s'offrir les services d'habitués du genre. Les responsables de "crocodile 2" ou bien encore du désormais culte "shark attack 3" s'en sont donnés à cœur joie, exagérant bien évidemment la vérité anatomique de l'animal : qu'importe ! Ne boudons pas notre plaisir à la vue des ptérodactyles, numérisés à mort certes, mais efficaces et surtout très présents de bout en bout : le bec armé de dents, les griffes acérées et les yeux bleus (énorme, non ?), nos "oiseaux" affamés se remplissent la panse et ne laissent aucun répit à leurs proies.



Et surtout pas à Coolio ("le couvent", "batman et robin"), capitaine de l'armée, et définitivement gradé au rang de piètre acteur. A sa décharge, il est loin d'être le seul, l'assistante du professeur, pâle copie de Julianne Moore (Amy Sloan aperçue dans "gothika" et "le jour d'après") lui tient la dragée haute en terme de performance, ainsi que le reste du casting.
Oublions certaines ficelles scénaristiques qui ne servent strictement à rien (la capture du rebelle entre autres), et amusons-nous plutôt à l'écoute de nombreux dialogues zèdesques dont le savoureux "Je suis en morceaux, j'ai plus de trous dans le corps qu'il y en a sur un panneau de signalisation au Texas" : ce petit plus qui rend un nanar parfois très attachant…
Assistons à un improbable clin d'œil à "la nuit des morts-vivants", sauf qu'ici les ptérodactyles remplacent les zombies : une scène particulièrement clownesque et riche en fusillades.



Le temps défile et l'on ne s'ennuie pas. La fin approche déjà que surgissent les rochers cartonnés, ultime terrain de chasse, où notre héroïne frôlera le pire : mais c'est sans compter sur le concours d'un mouton "volant" (oui je sais… c'est fou…) qui sauvera la future Madame Lovecraft (un peu d'amour dans cet univers préhistorique sera du plus bel effet).

On sourit, on rigole énormément, et ce, sans honte face à des acteurs qui eux se prennent terriblement au sérieux.
Je laisserai le mot de la fin au Capitaine Bergen : "Qu'est-ce que j'ai manqué ? Rien qui puisse nous manquer". Tellement prémonitoire et pourtant dommageable en soi. Il serait regrettable que vous passiez à côté de ce film, pour peu que vous aimiez honteusement vous faire du bien.








Du même réalisateur :

CLASS OF 1999
CLASS 1984