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Margaret Walsh, architecte américaine, se rend en Angleterre avec son compagnon. Leur route croise la voiture du millionnaire Jason Mountolive, qui fauche leur moto. Ils se trouvent ainsi contraints d'accepter son hospitalité. Le jeune couple fait la connaissance d'autres invités, réunis pour venir recevoir un mystérieux testament. Très vite, les invités meurent dans d'étranges circonstances. Margaret semble être au centre d'un secret qui la dépasse….



Les années 70 comportent des films mêlant habilement fantastique et tension psychologique ("Trauma (1976)", "Le cercle infernal", "Ne vous retournez pas"). C'est dans cette vague de films que rentre "The Legacy", de Richard Marquand, plus connu pour la réalisation de "le retour du Jedi". Ici, rien à voir avec une grosse machinerie. Pas de gros effets de style pour venir épauler un scénario reposant essentiellement sur l'atmosphère ambiante. La mise en ambiance prend du temps, ce qui nécessitera un effort particulier, mais le film le mérite amplement.
On préférera retenir le nom du film en vo ("The Legacy"- L'héritage) à son titre français, qui ne veut rien dire : Psychose, certainement pour surfer sur le succès du film de Hitchcock, mais quant à la phase 3, cela reste encore plus nébuleux.
En tête d'affiche on retrouve la délicieuse Katharine Ross ("The stepford wives", "L'inévitable catastrophe", "Donnie Darko") pour interpréter Margaret Walsh, et son compagnon est joué par Sam Elliot ("Frogs", "Hulk", "Ghost Rider").



Il faut lever l'ambiguïté qui rattache ce film au genre de maisons hantées et autres "La malédiction". Même si le surnaturel plane bien sur le vaste manoir, on est ici en présence de sorcellerie, avec ce testament maléfique conférant le POUVOIR à celui (ceux ?) qui en est le(s) bénéficiaire(s).

SPOILER……….SPOILER……….SPOILER…………….

Du coup, "The Legacy", se rapproche par certains aspects de l'univers de Dario Argento, à commencer par "Suspiria", le chef d'œuvre du maestro. Ainsi, lorsque Jason Mountolive, transmet l'anneau à Margaret, on ne voit de lui que sa main monstrueuse et déformée, ainsi que ses longs ongles. Une étrange ressemblance avec la sorcière de "Suspiria". Auquel renvoie aussi le meurtre le plus graphique, quand une victime est transpercée par une des bouts de miroir, qui la lacèrent.




L'autre référence est celle des romans d'Agatha Christie, à commencer par les "Les dix petits nègres". Le plus beau et original meurtre est celui de Maria, excellente nageuse, qui meurt noyée, lorsqu'elle se trouve dans l'impossibilité de remonter à la surface, comme si un mur s'était formé. Une mort superbement mise en image par un Richard Marquand bien inspiré.

FIN SPOILER….FIN SPOILER….FIN SPOILER………


Mais l'histoire repose surtout sur un scénario qui intrigue, envoûte et déroute : la présence d'un superbe chat blanc, une nurse inquiétante, l'impossibilité pour Margaret et son compagnon, de quitter les lieux (ils ne retrouvent plus la route pour repartir, ne faisant que revenir sur leurs pas)….



"The Legacy" s'achemine lentement mais sûrement vers une conclusion peu morale, une chute que l'on craint tout en l'espérant à la fois, afin que Margaret trouve sa propre voie. Nul ne peut échapper à son destin, telle est l'implacable logique d'un récit qui n'est pas manichéen, se contenant de présenter des "forces occultes", dont les intentions ne sont pas toujours négatives, à condition d'en accepter les règles du jeu. Et puis, est-ce un mal que d'accepter de pactiser avec le seigneur Lucifer ? A Margaret de trouver sa voie et la réponse à cette interrogation.

Sans mériter une place de choix au panthéon des grandes réussites du fantastique, "The Legacy" témoigne d'une vibrante sincérité pour un fantastique adulte. A voir comme le vestige d'une époque révolue, où la surenchère ne l'emportait pas encore.








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