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Nous sommes en plein milieu des années 70. L'un des serial killer les plus productifs des Etats-Unis, John Wayne Gacy, garde bien son secret en se montrant sous l'apparence d'un citoyen modèle et d'un voisin serviable vivant à Des Plaines, dans la banlieue de Chicago. Mari et père de famille attentionné, il ne rate jamais l'occasion d'organiser un barbecue pour ses amis et va même jusqu'à se déguiser en Bozo le clown pour les enfants du quartier. Toutefois, un monstre sanguinaire se cache derrière cette façade trompeuse de gendre idéal. En effet, Gacy a tué une trentaine de personnes, pour la plupart des jeunes hommes dont il loue les services et qui sont enterrés autour et sous sa maison. La police, attirée par certaines disparitions et les odeurs nauséabondes émanant de la demeure de Gacy, enquête, prélève des indices ça et là, tout en se rapprochant inévitablement du tueur. Lorsqu'il est arrêté, l'Amérique plonge alors dans l'horreur après la macabre découverte des sous-sols familiaux...



Pour information, John Wayne Gacy est l'un des serial killer américains les plus connus. En 1978, la police est venue chez lui après des recherches à propos d'étranges disparitions de jeunes hommes ayant travaillé pour lui. Des prospections plus approfondies ont révélé qu'il était impliqué. Résultat : 27 corps ont été retrouvés enterrés dans la fosse septique sous sa demeure ("crawl space" en anglais, d'ailleurs titre alternatif du film aux USA) et 6 autres macchabées ont été repêchés dans la rivière de Des Plaines. Les voisins se plaignaient d'odeurs venant des sous-sols de la baraque des Gacy, qu'il avait essayé d'atténuer avec de la chaux et en prétextant avoir des problèmes d'égouts bouchés. Inculpé pour le meurtre de 33 jeunes hommes, Gacy était un criminel patenté malgré son apparence altruiste. Il était un membre influent de la communauté, travaillait pour des organisations bénévoles. Il s'est marié deux fois et était un respectable homme d'affaires. Cependant, il avait une vie privée bien singulière : il aimait avoir des relations homosexuelles avec des individus bien plus jeunes que lui, qu'il assassinait par la suite. Il a commencé à les recruter dans son entourage lorsqu'il proposait des petits boulots aux jeunes de son quartier. D'ailleurs, la plupart de ses victimes faisaient partie de ses employés. Il aimait les menotter et les violer brutalement avant de se débarrasser des corps. Après une tentative infructueuse de plaider la folie lors de son procès, il fût condamné à mort par injection létale en 1994.



Ce film fait ainsi partie de l'engouement populaire pour les biographies des tueurs en série portées à l'écran et rejoint donc celles d'"Ed Gein" (le criminel obsédé par sa mère, qui a sûrement inspiré en partie le personnage de Leatherface), Dahmer (le cannibale de Milwaukee, désireux de former une armée de zombies, voir "La vie secrète de Jeffrey Dahmer") ou encore Ted Bundy (le beau gosse insoupçonnable et tueur de jeunes femmes). Le métrage, très soporifique, semble assez fidèle à la vie de Gacy, du moins en surface. En effet, celui-ci nous montre très peu de détails de la vie quotidienne du monstre, qui déambule de droite à gauche et se grime en clown pour les enfants du quartier (20 secondes en tout dans le film, alors que ce déguisement tel qu'on le voit sur la jaquette du DVD, était très accrocheur !) et n'étale que très rarement l'horreur dont Gacy était capable à part pour la scène d'enlèvement et de torture d'un prostitué. A coup sûr, de nombreuses personnes se demanderont, après le visionnage du film, quel était son but principal ? L'histoire de Gacy aurait été mieux servie par une approche plus documentaire à la place d'une version "grand public" formatée pour la télévision et qui passe le plus clair de son temps à se concentrer plus sur les mauvaises odeurs et les asticots que sur l'enfance de Gacy. Sommes-nous censés comprendre que Gacy est devenu psychopathe parce que son père lui a un jour foutu une raclée lors d'une partie de pêche ? Sa vie d'homme marié est également vite expédiée et brossée superficiellement (que s'est-il passé les années précédant son mariage ?), tout comme ses affaires courantes et son travail (quid de sa franchise de poulets frits ?), ainsi que ses penchants sexuels. Quand a-t-il été attiré pour la première fois par des garçons ? Pourquoi a-t-il tué le premier teenager ? Quand a-t-il perdu tout contrôle et a basculé vers la perversion l'ayant entraîné à folâtrer avec de jeunes ados qu'il engageait pour de menus travaux ou dont il louait les faveurs lorsqu'il arpentait les trottoirs en quête de prostitués ? Toutes ces questions demeurent sans réponse et sont pourtant d'une importance capitale dans la compréhension des motivations du sociopathe.



Ainsi, le film pêche par un manque de profondeur évident, à tel point qu'on a parfois l'impression de voir les mêmes scénettes encore et encore. On ne rentre jamais vraiment dans le subconscient du tueur pour connaître les raisons et intentions de ses actes déviants. De même, son entourage est très peu présent et réactif alors qu'il mène quand même une double vie des plus mouvementées ! Du coup le film n'attise pas notre curiosité, on ne nous explique rien et on ne voit pas assez bien la double personnalité du personnage sauf par à-coups (notamment quand il se montre charmant en société et devient un monstre de brutalité et de méchanceté avec ses subordonnés).

Quant au script, il est parfois très incompréhensible et incohérent. Par exemple, à un moment donné, il frappe un garçon avec un marteau et s'excuse auprès de celui-ci après lui avoir filé quelques billets verts afin d'acheter son silence ; malgré cela l'employé revient travailler le lendemain, le crâne enrubanné comme si rien ne s'était produit la veille alors qu'il a quand même failli se faire éclater la tête ! De plus, les événements sont parfois difficilement assimilables et compréhensibles si on n'a pas suivi l'affaire aux actualités, puisque aucun fil conducteur véritable n'est mis en place et que ce film est un condensé de flashbacks et succession de scènes n'ayant pas forcément un lien entre elles à part la présence du psychopathe.

L'accent est, en outre, trop mis sur les odeurs qui refoulent des sous-sols de la masure familiale et que Gacy a toutes les peines du monde à dissimuler. Trop de plans et de scènes se déroulent dans les entresols obscurs où grouille une multitude de vers, ce qui finit par crisper profondément le spectateur. A croire que le réalisateur a tourné les trois-quarts des plans dans sa cave !



Les personnages secondaires ne sont, par ailleurs, pas assez exploités, tout comme la vie de famille de Gacy dont les membres apparaissent comme des potiches incapables de parler. Les acteurs sont hyper fades, à part Mark Holton qui fait du bon boulot en "Monsieur tout le monde qui pète un câble dès qu'un éphèbe croise son chemin".

Enfin, seul le score mélancolique présent pendant deux tiers du film va bien avec l'ambiance et sauve ce dernier du naufrage intégral.

Pour un portrait sur l'un des plus prolifiques tueurs en série des USA, énormément de choses sont absentes dans ce film à petit budget qui, par ses trop nombreuses lacunes, manque carrément sa cible. On n'apprend jamais rien à propos de lui, on passe d'une scène d'engueulade avec son père dans sa jeunesse à sa vie de père de famille, sans réelle trame. Ses victimes sont quasi similaires (vous me direz c'est normal, il aimait beaucoup les jeunes et beaux garçons imberbes !) mais très peu de protagonistes ont un background ou une histoire et sont juste là pour se faire tuer. On comprend alors mieux pourquoi il est sorti directement à la location sans faire un tour sur grand écran ! Certains lui préféreront sans doute l'interprétation plus charismatique de Brian Dennehy dans la mini série télé "To catch a killer" de 1992, au scénario plus étoffé dû à un format plus adapté compte tenu de la vie très dense de ce meurtrier de légende. Ou bien encore, le très glauque "Henry portrait d'un serial killer", inspiré de la vie d'Henry Lee Lucas, chef-d'œuvre en matière de films du genre malgré la faiblesse de son budget initial. Comme quoi il était possible de réaliser un portrait décent d'un célèbre criminel avec peu de moyens !








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