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Dans le New York des années 30, Carl Denham tente tant bien que mal de faire produire son prochain film. Ce film, il veut le tourner sur une île mystérieuse dont lui seul connaît l'existence grâce à une étrange et très vieille carte. Après avoir arnaqué la production et entraîné son équipe avec lui, Carl Denham n'a plus qu'à trouver une actrice pour quitter New York le plus rapidement et fuir ses créanciers. C'est au détour d'une ruelle qu'il va rencontrer celle qu'il lui faut. Son nom : Ann Darrow, une artiste de music-hall dont la carrière a été brisée net par la Dépression. L'équipe est maintenant au complet, et embarque pour l'île dont seul Carl Denham connaît la position. Mais l'île semble introuvable et ce n'est qu'au moment de rebrousser chemin que l'équipage se retrouve nez à nez avec de nombreux récifs et une énorme falaise. Une fois débarqués sur l'île, tous se rendent compte qu'il ne s'agit pas d'un endroit comme les autres. Des sauvages vivent dans les rochers pour se protéger d'un monde hostile où tout est démesuré. Les insectes et les reptiles sont énormes, tout comme les mammifères dont le plus impressionnant est un gorille que les sauvages nomment Kong. Alors que l'équipe commence à prendre les premières images de l'île et de sa faune atypique, les sauvages capturent Ann Darrow et la donnent en offrande au gorille géant. S'engage alors une course poursuite effrénée au coeur de l'île pour sauver l'actrice, au cours de laquelle naît une affection particulière entre le gorille et la jeune femme. Au terme de cette course poursuite une infime partie de l'équipage rentrera à New York avec à son bord l'énorme primate. A New York, Kong sert à amuser les foules, mais lorsqu'il réussit à s'échapper c'est la panique...



Le nouveau film de Peter Jackson était attendu au tournant par les fans de la première heure, tout comme ceux qui l'ont découvert avec sa trilogie du "Seigneur des Anneaux". Encore une fois le réalisateur néo-zélandais ne déçoit pas. Le seul point faible de son nouveau film est d'être un remake, ce qui empêche tout spectateur ayant vu le "King Kong" de 1933 d'être surpris aux points dramatiques cruciaux. Mais lorsque l'on sait l'amour cinématographique passionné que voue Peter Jackson à "King Kong", mais surtout lorsque l'on voit le résultat de son adaptation, impossible de lui en tenir rigueur. Pour la petite histoire, c'est en voyant "King Kong" à l'âge de 9 ans que Peter Jackson a voulu faire du cinéma, et c'est le premier court métrage qu'il tenta de réaliser lorsqu'on lui offrit sa première caméra. Mais l'histoire ne s'arrête pas là puisqu'après le succès critique de son quatrième film "Créatures Célestes" il se lança dans l'écriture d'un "King Kong" qui ne verra pas le jour et dont la structure servira à la réalisation de "La Momie". Peter Jackson se consolera avec l'adaptation du chef-d'oeuvre de Tolkien qui aura le succès qu'on lui connaît, et le réalisateur profitera du fait que l'on ne puisse plus dire non à l'un de ses projets pour réaliser dans la foulée sa propre version de "King Kong" avec la même équipe technique qui lui servit à réaliser sa trilogie.



D'un point de vue technique le "King Kong" de Peter Jackson est grandiose et relève véritablement de l'exploit. Le réalisateur voit comme à son habitude les choses en grand. L'histoire de "King Kong" a lieu pendant les années 30, du coup la WETA (la société d'effets spéciaux fondée par Peter Jackson pour les besoins de "Bad Taste") livre une reconstitution numérique et plastique du New York de cette époque magnifique et ultra réaliste. Le travail ne s'arrête pas là puisque Peter Jackson, dans le but de conserver l'esprit visuel du "King Kong" de 1933, prend le parti de ne pas tourner en extérieur, et l'équipe de la WETA sera également chargée de créer intégralement la faune et la flore de Skull Island. Faune et flore spectaculaires et extrêmement détaillées : des centaines de plantes numérisées et des dizaines d'espèces d'arbres, réunis en un ensemble vivant, interactif et d'un impeccable réalisme photographique, mais surtout une faune illustrant la notion jacksonienne d'une "évolution en folie" avec des dinosaures très peu "paléontologiquement" correct pour un retour "aux bons vieux dinos de cinéma, avec leurs grosses écailles, leurs piquants et leur peau de saurien" dixit Peter Jackson. Pour donner une idée, la ménagerie artificielle de "King Kong" est plus abondante que toute celle de la trilogie du "Seigneur des Anneaux".



Mais le véritable exploit technique et artistique du film est sans aucun doute la création du Kong. Exploit de la WETA qui l'a façonné par ordinateur et exploit d'Andy Serkis qui lui donne une personnalité et une impressionnante palette d'émotion. Grâce à cette combinaison de talents et à des choix judicieux, une idée claire de ce que pense et ressent le Kong est donnée au spectateur sans tomber dans le piège de l'anthropomorphisme. Les autres acteurs du film sont tous très bons, Naomi Watts est splendide et incarne à merveille Ann Darrow, Jack Black est excellent dans le personnage drôle et sans scrupule de Carl Denham le cinéaste prêt à tout pour finir son film, Adrien Brody impressionne dans ce rôle d'homme fragile et introverti qui se révèle finalement doué pour l'aventure, plus tous les personnages secondaires aussi sympathiques les uns que les autres. Toutes ces personnalités sont développées de manière admirable sans tomber dans le stéréotype.



Le scénario de Peter Jackson, Fran Walsh et Philippa Boyens, bien que fidèle au film de 1933, réserve bien des surprises, et nombre de scènes d'anthologie : une course poursuite avec un troupeau de diplodocus, un combat de titans entre le Kong et trois tyrannosaures, et un superbe final au sommet de l'Empire State Building. L'humour propre à Peter Jackson est omniprésent tout au long du film et les clins d'œil sont nombreux.
Au final, il s'agit une fois de plus d'une réussite pour le réalisateur néo-zélandais qui convaincra les derniers détracteurs de son cinéma. Il signe là un grand divertissement familial et intelligent mais aussi un nouvel exploit technique sans précédent. Vivement le prochain!