RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Stuart Gordon

Scénariste
Dennis Paoli, Stuart Gordon, H.P. Lovecraft

Date de sortie
2005

Genre
série

Tagline


Cast
Erza Godden
Jay Brazeau
Campbell Lane
Chelah Horsdal


Pays
USA

Production


Musique
Richard Band

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.6
(10 votes)
Episode 2 : Pas facile d'adapter le grand Lovecraft : Stuart Gordon, décidemment très attaché à l'écrivain, le sait. Débutant avec des adaptations beaucoup trop modernes et délirantes pour se rapprocher de l'univers du grand homme ("Re-Animator" et "Aux portes de l'au dela"), Gordon trouve sa voie avec les petits chefs-d'œuvre que sont "Dagon" et "Castle Freak" (qui a, depuis sa sortie vidéo, gagné un intéressant statut culte). Pas étonnant si la fin des années 80 et une petite partie des années 90 furent criblées d'adaptations de Lovecraft fort douteuses…



Moins actif pour le moment que son camarade Brian Yuzna, Stuart Gordon fait donc un come-back fort attendu avec cet épisode de "Masters of horror", et de plus en adaptant Lovecraft (notez que Richard Matheson et Clive Barker seront au rayon scénario de la série), on ne pouvait en attendre que du bien !
Pas de Barbara Crampton (soupir !), pas de Jeffrey Combs (qui était pourtant censé incarner le compagnon de la sorcière), pas de Brian Yuzna… Juste Lovecraft et Richard Band à la musique (ce qui est déjà pas mal du tout !), ainsi que le deuxième rôle du jeune Erza Godden chez Lovecraft (ex-héros de "Dagon", un Jeffrey Combs sur mode "beau gosse").



Walter est un gentil étudiant en physique venant de débarquer dans une inquiétante pension dirigée par deux concierges tout à fait…atypiques : un énorme tas grincheux qui n'attend que l'argent de ses locataires, et un vieillard bruyant constamment confiné dans son appartement. A peine a-t-il découvert sa chambre miteuse, qu'il y sent déjà une aura pesante, voire surnaturelle.
Pas forcément insensible au charme de sa charmante voisine, malheureusement occupée par un bébé, Walter commence à faire des rêves étranges et si "réels", si puissants, si terrifiants, qu'il en vient à se demander si sa chambre n'est pas réellement maléfique. Il devra subir les assauts oniriques (?) d'une sorcière et de son âme damnée, un horrible rat à visage humain, et tenter d'en tenir éloignés sa sympathique voisine… et surtout son bébé.



Adapté de la nouvelle "La maison de la sorcière" (tiré de "Le Cauchemar d'Innsmouth"), ce moyen-métrage ne dépasse pas son statut d'œuvre sympathique et se montre bien loin des frissons et lentes montées d'horreur insufflés par Gordon dans ses deux précédentes adaptations de Lovecraft. Assez long à démarrer, la petite gâterie de Gordon prend vraiment un intérêt considérable dans ses débordements graphiques grand guignolesques, qui en réjouiront plus d'un. Veines coupées, flots de sang, vilaines griffures de sorcière, énucléation… La patte de Gordon est loin d'être négligeable, surtout quand l'humour noir et le sexe s'en mêlent…
Gordon aime confondre sexe et horreur, n'hésitant pas à transformer ses scènes érotiques en monuments d'horreur tordus à souhait : le cunnilingus nécrophile de "Re-Animator", la séduction tentaculaire de "Dagon", les gestes d'affection se transformant en baisers mortels dans "Castle Freak" ou la drague gluante du Dr Pretorius dans "Aux portes de l'au dela". Ici, le fameux moment sexy se révèle comme la meilleure scène de l'épisode (et ce n'est pas seulement parce que l'on voit Chelah Horsdal toute nue, hein !!) avec une belle chute peu ragoûtante, pas très éloignée de l'un des grands moments de "Shining".




Gordon va jusqu'à glisser une délicieuse apparition du Necronomicon, dirigeant le héros vers sa cruelle mission. A ce titre, Gordon ne s'embarrasse pas de briser un important tabou du cinéma (en général et pas seulement américain), mais chuuut !!
Si le début du film se cantonne à installer une ambiance sombre et poussiéreuse, son final laisse éclater les geysers de sang qu'il s'était plus ou moins réservé. Et attention, l'homme rat (figure grotesque et inquiétante qui vous trottera longtemps dans la tête) est vraiment une pourriture !!
Plus efficace qu'effrayant, plus sympathique qu'exceptionnel, "Dreams in the witch house" est un bon petit moment qui ne fait espérer qu'une chose : que Gordon continue encore et encore à gambader dans l'univers de Lovecraft !