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A la toute fin du premier volet ("Saw"), le Jigsaw (Tobin Bell, impeccable dans le rôle du psychopathe) disparaissait sans laisser de traces. Le voici de retour, prêt à jouer de nouveau, en augmentant cette fois-ci le nombre de ses éventuelles victimes : 8 personnes se retrouvent ainsi enfermées dans une pièce, toutes liées sans le savoir par un passé en commun. Eric Matthews, un flic aux commandes de la S.W.A.T va affronter le Jigsaw, d'autant plus que son jeune fils fait partie des prisonniers. Le jeu macabre peut alors commencer…



Après le triomphe mondial de "Saw", peu de temps s'est écoulé pour qu'un deuxième volet voit le jour. Leigh Whannell, déjà co-scénariste du premier opus, signe une fois de plus le scénario en compagnie du réalisateur. Plusieurs facteurs firent le succès de "Saw", notamment la mise en scène, l'atmosphère étouffante du film, et surtout son twist final qui déstabilisa bon nombre de spectateurs. Il y eut également ses détracteurs, lui reprochant justement de ne se satisfaire que d'un côté malsain pour prétendre à faire de "Saw" une œuvre innovante. En fait, le film divisa beaucoup : culte pour certains, plus que moyen et sans réelle surprise pour d'autres. Alors qu'en est-il de cette suite ?

MINI SPOILER - Le film démarre sur les chapeaux de roue : un homme seul dans une pièce, affublé d'un mécanisme sur la tête, qui, s'il se referme, lui broiera le visage, erre hagard et visiblement terrifié. Le Jigsaw apparaît sur un écran de contrôle afin de lui donner les règles du jeu : il ne dispose que de quelques minutes pour trouver la clef qui lui permettra d'ôter le "casque". Seul problème, celle-ci est située derrière son orbite droite, greffée par le Jigsaw durant son inconscience…Le défi est lancé, et visuellement, la scène s'avère redoutablement efficace. FIN DU MINI-SPOILER



Ce qui va rapidement nous sauter aux yeux, c'est la différence en terme d'action par rapport au premier volet. En effet, "Saw 2" présente une galerie conséquente de personnages, aussi bien du côté des proies que des "chasseurs". Nouveauté aussi avec la présence continuelle de John, alias le Jigsaw, confronté physiquement au flic Matthews (Donnie Wahlberg : "Dreamcatcher") qui n'a d'autre choix que d'accepter l'entretien s'il veut revoir son fils vivant : le face-à-face est épique et permet, de part et d'autre, d'en apprendre un peu plus sur eux-même. Une occasion de découvrir un peu plus le psychopathe et ses motivations, quelques bribes de son passé et surtout le pourquoi de son leitmotiv : "Ceux qui ne peuvent apprécier la vie ne méritent pas de vivre."
Pour notre serial-killer, la vie a un prix, et la mort n'est pas une fin inéluctable en soi. La vie se mérite, mais la mort aussi. Cette façon de nous proposer la mort comme un "cadeau" libérateur permet d'asseoir le caractère définitivement glauque et éprouvant du métrage.
Nous n'en avons pas fini avec les innovations de cet épisode. Les 8 personnages (dont Amanda – Shawnee Smith "le blob"- rescapée du piège à loups de "Saw"), très rapidement, ne restent pas confinés dans leur salle de réveil. Ainsi, il pourront évoluer dans ce qui semble être une demeure tout ce qu'il y a de plus banale : une maison composée de multiples pièces révélant chacune un élément de la sanglante partie en cours.



Du même coup, là où "Saw" présentait une sensation de claustrophobie, ici il n'en est rien. Les protagonistes vont et viennent au gré de leurs instincts, synonymes également de leur destin. Un destin différent pour chacun, bien qu'égal sur le plan physique en début de partie : inoculé par un gaz dans le sang, qui à long terme détruit les tissus internes… L'antidote existe si les plus courageux, mais aussi les plus lâches acceptent de résoudre la combinaison d'un coffre. Courage et lâcheté, tels sont les sentiments qui habitent nos participants à ce funeste jeu. Rapidement la survie devient une évidence, et le chacun pour soi se met en place.
Une occasion redoutable de nous montrer alors des scènes-chocs toutes plus cruelles les unes que les autres. La mort revêt alors un caractère domestique la plupart du temps, utilisant les phobies les plus élémentaires pour manifester chez chacun d'entre nous des réactions physiques devant notre écran.
D'autant plus que l'on sait à présent pourquoi notre tueur agit ainsi. Atteint d'un cancer en phase terminale, il n'a pour but que de connaître la raison pour laquelle la vie lui octroie encore et toujours un sursis. Tester la nature humaine chez les autres, voilà son jouet favori.



Je terminerai en insistant sur la qualité du casting, de la mise en scène et de la photographie (cette dernière étant déjà une réussite dans "Saw"), ainsi que sur l'inventivité et la cruauté des "jeux". Le seul bémol viendra du final, quoique original et surprenant très honnêtement, mais avec le recul un peu trop facile et annonciateur. Annonce d'ores et dèjà faite d'un troisième volet à venir, sobrement titré "Saw 3". On ne change pas une équipe qui gagne, du moins cette fois-ci.