RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Dick Maas

Scénariste
Dick Maas

Date de sortie
1983

Genre
engins meurtriers

Tagline


Cast
Huub Stapel
Willeke van Ammelrooy
Josine van Dalsum


Pays
Pays Bas

Production


Musique
Dick Maas

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.4
(22 votes)
C'est une nuit agitée pour un quatuor de bourgeois à la libido exacerbée, quittant un restaurant de luxe pour se vautrer dans l'ascenseur voisin. La température monte petit à petit, les vêtements tombent et l'ambiance devient tellement chaude (dans les deux sens du terme !!) qu'ils finissent par mourir asphyxiés. Le lendemain, le personnel du building appelle un réparateur en catastrophe. La machine ne semble avoir aucun problème, et la vie reprend. Les morts, elles aussi, reprennent vite…



"Chassé" de son pays natal pour son cinéma ouvertement provocateur, Paul Verhoeven est bien évidemment le réalisateur hollandais le plus connu (et le plus brillant) au monde. La même année du dernier film de celui-ci ("Le quatrième homme"), un certain Dick Maas débarque à Avoriaz avec "L'ascenseur" en 1984, marchant sur la petite vague des films consacrés aux engins meurtriers et autres productions vous transformant un simple lieu ou un simple objet en cauchemar vivant.



Américanisé jusque dans son esthétisme (famille middle class, building, haute technologie…), "L'ascenseur" est l'occasion pour Maas de rendre les ascenseurs aussi terrifiants que la route ou la mer exploités par Spielberg dans "Les dents de la mer" et "Duel". Pari perdu, il semble manquer encore quelque chose pour rendre ces machines si angoissantes. Peut-être parce que nous savons pertinemment qu'un ascenseur ne pourrait arriver à commettre de tels meurtres (à moins d'être parano !).



A force d'enquêtes et d'explications précises, le thème développé par Maas perd sa notion de fantastique et aborde au final le thème (assez rare à l'époque) de l'intelligence artificielle. Pour une fois que nous n'avons pas droit à un robot quelconque…
A ce titre, la machine infernale renvoie au fameux ordinateur meurtrier de "2001 l'odyssée de l'espace", la parole en moins. Froide et sans pitié, la machine mise en scène par Maas semble être aussi une lointaine cousine de la "Christine" de Carpenter et de King : il y a toujours ce coté barbare et inhumain terriblement efficace, et un certain penchant pour le sadisme. Les portes, colorées en rouge, annoncent d'ailleurs très bien la couleur…
Ce curieux bloc de métal en devient même inquiétant lorsqu'il joue (non sans ambiguïté) avec une innocente petite fille blonde typique du genre.



De simples effets de montages (coupe cigare après décapitation, ambulance télécommandée filmée en gros plan peu après un meurtre…) ou quelques idées gentiment méchantes (une mère fornicatrice laisse sans le savoir son enfant aux prises avec l'ascenseur, un aveugle sera mortellement victime de sa cécité…) ajoutent un zeste d'humour noir non négligeable à l'entreprise. Dommage que Maas se préoccupe plus des déboires familiaux de son héros voire de la longue enquête qu'il mène avec une journaliste que de son engin meurtrier. Il y a donc un sentiment de creux désagréable, sauvé en grande partie par des meurtres astucieux : bourgeois partouzeurs étouffés, chute mortelle, décapitation, pendaison… C'est plus efficace que gore, mais ça fonctionne, surtout dans ce dernier sursaut final rondement mené.

"L'ascenseur" comble ses passages creux par un combat final spectaculaire, où notre gentil héros est harcelé par un ascenseur bien décidé à le mettre en pièces. Et on ne doutera pas des capacités de la machine, surtout lorsqu'elle broie sauvagement une chaise avec ses deux portes !
Plaisant, original, mais maladroit, "L'ascenseur" saura se faire remarquer par son sujet inhabituel et se verra décerner le Grand prix du festival d'Avoriaz en 1984, qui aurait mieux fait de consacrer "Dead Zone", heureusement bardé de prix à l'époque.