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Après la mort accidentelle de leur fille Christine, Laura et John Baxter font tout pour oublier cet événement. John se consacre à la restauration de monuments et son épouse le suit. Ainsi, ils se retrouvent à Venise au "chevet" d'une église mal en point. Lors d'un dîner dans un restaurant, leur rencontre avec deux vieilles femmes va bousculer le cours de leur vie.



Adaptation d'une nouvelle de Daphné Du Maurier, "Ne vous retournez pas" est un film miraculeux, à la lisière entre le drame et le fantastique. En tout cas, c'est l'illustration parfaite comme quoi, on peut sortir des sentiers battus des clichés. Ici, point de spectre menaçant, ni de tueur en série maniaque. Tout simplement, un scénario qui dépeint à merveille la difficulté à vivre le deuil d'un être cher. Le fait que l'action se déroule à Venise n'est pas un fait du hasard. Comme le dit une des protagonistes (la sœur de l'aveugle), cette ville est le lieu de rencontre entre les vivants et les morts. Une ambiance fantasmagorique que rend très bien la réalisation de Roeg, faisant de Venise un personnage à part entière. Suivant l'exemple de la Cité des Doges, le couple Baxter, tente d'échapper à la noyade qui les menace. Y réussira t-il ?



En évitant de surligner des détails qui pourraient rester nébuleux pour le spectateur, le réalisateur nous prend pour des adultes. A chacun de voir dans ce récit ce qu'il a envie, en fonction de son propre vécu. Le récit est chargé de symboles, comme le ciré rouge portée par la petite fille des Baxter... ciré qui refait surface dans Venise. Par petites touches, on pressent qu'un drame va survenir, mais pour autant, rien ne nous met en garde contre le dénouement stupéfiant !! Venise prend des habits mortifères avec des canaux et des ruelles quasi désertes, comme si la Cité des Doges sombrait dans un sommeil sans retour. Les personnages qu'on y croise apparaissent comme sortis d'un monde irréel : deux sœurs mystérieuses, un inspecteur de police suspicieux, l'évêque de Venise…



Les deux interprètes principaux forment un couple au diapason, et c'est un plaisir de retrouver ainsi l'acteur Donald Sutherland ("L'invasion des profanateurs" version 1978, "Le train des épouvantes", "Virus") et la trop rare Julie Christie ("Génération Proteus"). Ils y forment un duo fait de fragilité, de force et de doute. Il faut dire que le deuil d'un enfant est ce qu'il y a de plus terrible pour des parents, et que les conséquences peuvent être, soit de les éloigner ou bien de les rapprocher. Ici, c'est la deuxième option qui l'emporte, du moins jusqu'à ce que Laura Baxter en vienne à fréquenter la femme aveugle et la sœur de cette dernière, au grand dam d'un mari incrédule. Des éléments prophétiques viennent alourdir l'ambiance en chargeant l'atmosphère de menace. Tout bascule véritablement lorsque John croit apercevoir sa femme à Venise alors qu'elle est censée se trouver en Angleterre. Une question qui ne trouvera sa réponse que dans son final.



En commençant son film de manière tragique et en lui apportant une conclusion aussi bouleversante, Nicolas Roeg nous touche là où de nombreux films ont échoué. Sans effets grandiloquents ou tapageurs, "Ne vous retournez pas" s'inscrit parmi les chefs-d'œuvre du cinéma fantastique intelligent. Une catégorie en voie de disparition.
Bouleversant, ce film restera longtemps gravé dans nos mémoires.








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