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La confrérie "Doma Tau Omega" règne sur le campus universitaire, où Dan, nouvel arrivant fait la connaissance de son co-locataire Chris Chandler. Un membre de la confrérie vient d'être retrouvé mort et très rapidement, Chris, bomec à la tête bien pleine et au corps sain, est convoité par la Confrérie, dirigée par Devon Eisley, qui ne tarde pas à user de tout son charme pour le convaincre de les rejoindre. Or ce dernier n'est autre qu'un vampire en quête d'un sang pur, symbole de renouveau et de survie pour sa tribu…



Premier volet d'une future tétralogie, Decoteau choisit de nous livrer une version très personnelle du vampirisme. Pour cela il respecte à la lettre les règles qui lui réussissent depuis des années, en incluant encore et toujours un peu de sang, des garçons en petites tenues (imberbes impératifs !), et une bonne dose de sexe soft, le but étant de suggérer, et non d'interpeller une éventuelle censure.
L'histoire débute dans une ambiance festive, sur le campus d'une cité universitaire, où sévit une confrérie masculine du nom de "Doma Tau Omega". Decoteau installe ses personnages à l'image de Chris Chandler, jeune sportif musculeux et "brut de décoffrage". Il doit partager sa chambre avec Dan (Josh Hammond : "jeepers creepers 2"), un petit nouveau, plutôt naïf, peu sûr de lui, mais terriblement attachant malgré lui.

Face à eux, le blond Devon (déjà aperçu dans "final scream"), chef de la confrérie, épaulé de deux sbires au look très "men in black" de seconde catégorie. Un univers masculin ? Presque, puisque le dernier rôle revient à une jeune femme (E.Bruderman vue dans "the frightening") dont Chris s'amourache, et qui distillera de par sa présence, un intérêt anecdotique où son ambition personnelle sera hélas trop rapidement devinée.
Film homo-érotico par excellence, Decoteau tente de nous captiver mais n'y parvient pas. Et ce ne sont pas l'ambiance ni l'atmosphère du film qui relèveront le niveau. Comme dans pratiquement tous ses films, le temps est orageux, les éclairs fusent, mais il ne pleut jamais ! Un prétexte à nous asséner une bande son cacophonique pour combler le dénuement. On y retrouve aussi une musique composée essentiellement de chœurs liturgiques, eux aussi récurrents dans la filmographie du sieur.

On le sait, Decoteau aime les hommes et sa caméra le lui rend bien. "The Brotherhood" innove un peu cette fois-ci et choisit volontairement de ne pas nous donner de jeunes minets en pâture. Non, ses mecs, dans le cas précis seront virils, bruts et tendres à la fois. Le réalisateur vous a bien compris mesdames, mesdemoiselles, une fois de plus.
A l'image de Devon, chef de tribu à la recherche du "chasseur éternel" qui jette son dévolu sur Chris. Le cinéaste se lance alors corps et âme dans une scène extérieure, à la tombée de la nuit, et prend visiblement un pied fou à filmer ses deux protagonistes : la tentation, l'ivresse, la résistance, le repli, le toucher, le regard… tous les moyens sont bons pour donner à la séquence une ambiguïté sexuelle avouée. Les dialogues nous conduiront alors tantôt à une psychologie de comptoir ("l'importance d'être soi-même), tantôt au but avoué de Decoteau ("je vais dire qu'on est gay si tu ne viens pas"), voire à l'humour potache de notre vampire("je conduis une Maserati et tous les jours je fais des U.V").
La toute première goutte de sang aussi. A ce moment précis, on comprend que l'hémoglobine ne coulera pas à flot, et que le discours lorgnera du coté de la réussite sociale à travers le message sans équivoque : basculer du côté obscur pour obtenir le pouvoir absolu. Et pour cela, rien de tel qu'un talisman (cher à Decoteau) porteur de tous les espoirs, mais aussi de mort en cas de mauvaise manipulation : du basique et du déjà-vu en somme.

On retiendra également quelques rixes surréalistes où les combattants sont tous vêtus de cuir, de soie, ou bien encore de vinyle noir : des panoplies sexuelles très cliché qui prêtent à sourire.
Mais le meilleur se garde toujours pour la fin, et Decoteau le résume en nous offrant un final digne d'une publicité pour lingerie masculine, marqué par un visuel sexuel sous-entendu (témoin la quatrième photo). Le point d'orgue viendra de la caméra du réalisateur, épileptique dans l'ultime assaut, résolvant ainsi le problème d'effets spéciaux coûteux.
Un budget limité donc, un casting pas franchement inspiré (la quasi totalité de "final scream"), et pourtant subsiste une séquence qui sauve l'ensemble du métrage : un trio bi-sensuel, joliment photographié et qui permet à Decoteau de nous proposer l'image d'une "crucifixion" charnelle ponctuée de succions, de baisers et de morsures. Cependant, malgré la joliesse de la scène, cette dernière ne saurait émoustiller qu'un jeune public. Il est à noter d'ores et déjà que les 3 opus qui suivront n'entretiendront aucun rapport avec ce volet, mais ne seront qu'une raison supplémentaire pour Decoteau de nous livrer d'autres visions de la gente masculine confrontée à différents univers maléfiques.
Il n'en reste pas moins vrai que malgré toutes ses faiblesses, on se surprend à reconnaître que "The Brotherhood" se regarde sans déplaisir, pour qui ne sera pas trop regardant sur le propos et le manque évident d'éléments fantastiques.