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Katherine White est une jeune femme distinguée, étrange, mystérieuse… et psychopathe ! Traquée depuis un bon bout de temps par la police, elle est condamnée à mort par injection mortelle. Une journaliste, Bess Chandler, se charge d'enquêter sur son passé. Et pour cela, elle va à la rencontre de son oncle Julian White, vieillard solitaire dirigeant une bibliothèque dite hantée. Il ne lui racontera pas le passé de la serial killeuse, mais causera davantage de l'influence maléfique qu'exerce la ville d'Oldfield sur sa population, et ceci depuis sa création. C'est ainsi que quatre récits prennent forme sous nos yeux…



Réputé pour ses séries B horrifiques correctement emballées, Jeff Burr est reconnu avant tout comme le réalisateur du sympathique "Massacre à la tronçonneuse 3 Leatherface" et de "La nuit des épouvantails". Par contre, le brave monsieur est aussi un faiseur de suites : outre celle de "Massacre à la tronçonneuse" il signera "Puppet Master 4" et "Puppet Master 5 Final Chapter" (inédits chez nous), "Le beau père 2" et même "Pumpkinhead 2 : Blood Wings" (encore inédit dans nos contrées).
De l'ouvrage moyen mais pas nul pour autant, souvent sacrément sanglant.
Son meilleur film s'est pourtant fondu dans la masse des films à sketches horrifiques, un oubli sûrement dû à sa sortie directe en vidéo ou à son petit budget. En tête d'affiche se trouve d'ailleurs le mythique Vincent Price, endossant le costume vieilli d'un bibliothécaire bavard et inquiétant ; un rôle lui donnant l'occasion de mettre à nouveau en exergue son excellente expression et sa voix unique. Il portera même un toast à Lovecraft et Poe au détour d'une phrase.



Pas un rôle d'action donc, puisque le grand Price se trouve déjà bien vieux. En face de lui, se trouve la bizarre Susan Tyrrell, qui fut quelques années plus tôt la compagne hystérique et sale de Rutger Hauer dans "la chair et le sang". Et c'est cependant dans la petite histoire englobant les quatre histoires qu'une autre figure bien connue des cinéphiles fantasticophiles fait son apparition : la fascinante et perverse Martine Beswick, qui fut jadis le joli double féminin et psychopathe du Docteur Jekyll dans "Dr Jekyll et Sister Hyde" et la sensuelle sauvageonne du film "Les femmes préhistoriques". Une tueuse masculine et redoutable… du moins pendant l'intro du film !

Le principe de "Nuits sanglantes" est déjà bien connu : on a droit à la chute la plus horrible qu'il soit ! Et puis tant qu'on y est, on y rajoute du gore, rien que ça ! Mais pas du gore propre, plutôt du crade, du malsain. "Nuits sanglantes" a beau ne pas atteindre des summum (ce n'est pas un film de l'écurie Uncut Movies non plus !) dans la violence et les effusions de sang, le petit budget rajoute tout de même un cachet encore plus dérangeant à l'entreprise. La censure ne s'est apparemment pas attardée sur l'œuvre de Jeff Burr…



Premier segment, un vieux garçon oppressé par sa pauvre sœur, est fou amoureux de sa collège de travail. Mais rien ne va, des cauchemars nécrophiles l'assaillent. Pendant un dîner avec sa douce, il ne se rend toujours pas compte de sa maladresse éléphantesque, et tente une approche. Excédé par son refus, il l'étrangle dans la voiture où il tentait de la séduire.
La nécrophilie, voilà un sujet qui passe très rarement au pays de l'Oncle Sam. Rien d'explicite, mais l'aspect irritant du sujet colle constamment à ce sketch défilant petit à petit dans un crescendo d'horreur absolu. Sa fin, quoique tirée par les cheveux et quelque peu grotesque, a de quoi sérieusement surprendre. En résulte également des non-dits laissant vagabonder l'imagination du spectateur (pourquoi ces visions, pourquoi cette chute ? Et le passé du "héros" ?...). Saluons aussi la performance de Clu Gulager (habitué au genre) en semi Norman Bates dégénéré et nécrophile.
On commence avec le meilleur, tout simplement.

On est par la suite violemment catapulté dans les années 30/40 avec un deuxième segment sensiblement différent. Blessé après une violente poursuite, un arnaqueur de première dérive sur une barque, au beau milieu d'un marais. Il est sauvé in extremis par un ermite, l'accueillant généreusement dans sa petite cabane paumée au milieu de la cambrousse. Mais lorsque notre brave anti-héros surprend son sauveur en train de comploter avec de la magie, la curiosité est trop forte…
L'intrigue n'est certes pas très palpitante (malgré une scène onirique impressionnante) mais sa chute, terrifiante, aura vite fait de remballer bon nombre de réticents. Entre abomination et extrême cruauté, elle a de quoi sauver le reste plus classique du segment.



Bienvenue au pays des Freaks dans le troisième sketch, contant l'amourette un peu niaise d'une jolie demoiselle et d'un monstre de foire, qui n'a de "monstre" que sa capacité à bouffer des morceaux de verre ou des lames de rasoirs comme des petits Haribo. Mais lorsque une sorcière cherche à briser ce lien entre son disciple et la jeune fille, le cauchemar commence… Un peu trop long (il faut bien s'attacher aux deux personnages principaux, pourtant peu intéressants) mais distillant là encore une atmosphère assez lourde, ce sketch dégringole dans le gore énervé avec une chute inimaginable, qui clouera facilement les âmes sensibles à leur siège.

Pour mieux illustrer sa fameuse thèse, certifiant que la ville d'Oldfield influe sur ses habitants, notre Vincent Price chéri revient à la source même de toutes ces histoires : la création de cette ville. Parachutons-nous donc dans la campagne dévastée par la Guerre de Sécession, pourtant terminée. Ce qui n'empêche pas une troupe de soldats de buter tous ceux qu'ils croisent sur leur chemin. Jusqu'au moment où ils investissent une maison habitée par une troupe d'enfants assassins, mutilés par la terrible guerre. Un décor annonçant déjà la maison hantée de "Dead Birds", comme quoi…
Après la nécrophilie, c'est le thème déjà usé (mais toujours tabou) des enfants tueurs qui prend place. Impossible de ne pas penser au "les démons du mais" et au "Les Révoltés de l'an 2000", deux films matrices du genre, et pourtant ça fonctionne : cette galerie de gamins aux trognes abîmées, aux réactions sadiques et déstabilisantes (après avoir énucléé un soldat, le chef de la bande "offre" l'œil de sa victime à sa copine borgne), colle quelques bons frissons, mais également via ce cadre lourd et apocalyptique. Dommage qu'il n'y ait pas de chute à proprement parler…
Malgré ses petits défauts et son petit budget qu'on pourra pardonner, "Nuits sanglantes" mérite bien mieux que ce petit statut ridicule qui l'a plongé dans l'oubli total. Une réussite.








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