RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Cliquez pour noter..
La pochette du DVD ne laisse aucun doute planer, ici il n'est pas question de gaudriole ; pas de "Toxic Avenger" ou d'écureuil mutant rasant un campus d'un coup de pied… Mirror of Death traite d'oppression, de vengeance et de malédiction. Les Troma se suivent mais ne se ressemblent pas, et c'est tant mieux ! Dans la vie, Sarah n'a pas de chance. Son mari la bat quotidiennement, la rabaisse, l'humilie… Jusqu'au jour où la jeune femme débarque le visage meurtri chez sa sœur. Celle-ci l'accueille à bras ouverts et lui conseille le repos. A rester seule dans son lit, Sarah s'ennuie, c'est alors qu'elle déniche chez sa sœur un livre de rituels africains. L'une de ces pratiques l'interpelle ; désespérée, n'ayant rien à perdre, Sarah allume des bougies, et, face à un miroir, débute le rituel. Transformée en déesse du sexe et de la beauté, Sarah va enfin pouvoir jouir de la vie. Seulement toute médaille a son revers comme tout miroir a son envers, ce qu'elle apprendra à ses dépends.



Si le thème central du film – la vengeance – est loin d'être original puisqu'il est l'essence même du rape and revenge ("Le jour de la femme", "La Dernière Maison sur la Gauche"…), Mirror Of Death a au moins le mérite de ne pas rater le coche. Sarah fait de son fardeau un acte sauvage, le retour à un amour propre bestial. Réveil qui passe toutefois par certaines concessions, pas toujours souhaitées. En effet Sarah va laisser au cours du rituel, une grande partie de sa personnalité, remplacée par un esprit venu de l'autre côté du miroir.

Dès lors, le miroir et les chandelles en question joueront une place importante dans la vie de Sarah. La prépondérance de ces deux éléments dans la vie de la jeune fille sera brillamment illustrée à l'écran : toute irruption étrangère dans/sur l'un des deux objets entraînera chez la jeune femme des accès de folie.



En parallèle à la brutale vengeance que conduit Sarah (essentiellement dirigée contre des sujets mâles), s'opère une transfiguration de l'héroïne fort impressionnante. Alors qu'elle était jusque là timide, presque transparente à l'écran, elle devient une femme à la beauté dévorante (Impératrice Sura, du nom de l'esprit qui l'habite). Tout le mérite revient ainsi à Julie Merrill qui campe ce personnage bipolaire avec brio.

Ces deux aspects de Sarah/Sura vont évidemment être à l'origine de frictions, d'un combat intérieur pour la jeune femme. Elle approchera de près les limites de la folie, encore une fois magnifiquement interprétées.



Si le jeu d'acteur est l'aspect le plus sujet à question dans un film indépendant à petit budget, ce n'est nullement le cas de Mirror of Death.
Quant aux effets spéciaux, ils ne sont pas en reste. Le métrage de Deryn Warrin se revendique effectivement du Splatter, d'où la présence de quelques scènes passablement sanglantes. Cependant les SFX les plus saisissants sont les effets de la possession sur le visage de Sarah. A des années lumières de ceux de "L'exorciste", les maquillages sont pourtant tout à fait judicieux. Pour ne pas déflorer la surprise, il vous faudra constater par vous-même la qualité du travail fourni.



Mirror of Death ne serait pas totalement complet si ne s'y ajoutait une touche de critique sociale. Une vision simpliste appellerait Sarah à être une métaphore sur la place de la femme dans la société. En creusant un petit peu plus, le métrage reflète les raisons pour lesquelles une femme est appréciée.
Il ne lui faut pas être transparente tout en demeurant en retrait, il lui faut être belle et attirante sans être une mangeuse d'hommes.

Au-delà du thème de la Femme, Deryn Warrin semble nous adresser un message : "méfiez vous de ceux dont la nuance et la beauté sont des atours et qui demeurent dans l'ombre d'une quelconque personne, tôt ou tard ils finissent eux aussi par désirer voir la lumière. Le châtiment sera alors terrible et mérité. "








Du même réalisateur :