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En 1863, le jeune William et quelques brigands braquent une banque, provoquant par la même occasion un carnage sans précédent. Errant dans la campagne, ils trouvent une maison abandonnée, plantée non loin d'un grand champ de mais. Après avoir découvert un épouvantail (trop humain) crucifié sur le chemin, ils abattent une créature non identifiée, d'une laideur repoussante. Alors que l'orage arrive, le cauchemar, lui, ne fait que commencer.



Premier long métrage fantastique pour le débutant Alex Turner, "Dead Birds" ne connaitra aucune exploitation en salles et débarquera en direct to video comme si de rien n'était. Déjà oublié lors de sa sortie, "Dead Birds" échappe à la médiocrité de la plupart des produits vidéo actuels ("Urban Legend 3 Bloody Mary" ou "Trauma") mais pas à certains défauts du genre.



Aussi rare que le mélange avec les films de guerre, le crossover du western/fantastique-horreur se fait rare dans le cinéma.
Il en reste des œuvres rendant leurs arguments fantastiques plus discrets, ou les dissimulant par une atmosphère proche du genre : "Tire encore si tu peux", "Le vent de la plaine", "L'homme des hautes plaines", "Pale Rider", "Django", "Les Quatres de l'apocalypse"… Pour une collision directe avec le genre, on citera ainsi l'intéressant "Une nuit en enfer 3, la fille du bourreau", le sympa "Ville fantôme", le parfait "Vorace", le dernier segment de l'excellent "Nuits sanglantes", le méconnu "Tremors 4" ou le cultissime "El Topo".



Après son générique déjà bien soporifique (le générique qui vous endort, une exclusivité dans l'histoire du cinoche !!), "Dead Birds" s'amuse à jouer aux westerns "peckinpesques", en lâchant quelques litres d'hémoglobine : les bandits du film n'y vont pas par quatre chemins, ils flinguent, point barre ! Dans ce gunfight sanguinolent, on remarquera une maladroite tête explosée renvoyant beaucoup trop aux excès de Peter Jackson dans sa période gore, et la mort accidentelle (et choquante) d'un pauvre bambin. Une entrée en matière satisfaisante.

Se déroulant en pleine Guerre de Sécession, l'Amérique de "Dead Birds" semble aussi putride et violente que le Moyen Age, tout aussi gangrenée et avide d'argent que celle de nos jours. Alex Turner soigne ses décors ruraux inquiétants, renvoyant aux décors majestueux et obscurs de "Vorace".
On bifurque (trop) lentement dans le film de maison hantée, avec cet orage obligeant nos anti-héros à se cloîtrer dans une baraque, semble t-il, totalement vidée de ces occupants. Mais lorsque des visions d'horreurs et des créatures mystérieuses prennent formes devant les yeux ébahis du petit groupe de voleurs, l'idée de fuite commence rapidement à germer dans leurs têtes.



Bonne idée que cette immense maison gavée jusqu'à l'os de secrets, et dont nous découvrons la plupart des pièces. Par les éclairages qu'il met brillamment en place, Turner s'applique à livrer une ambiance terrifiante, gâchée par l'ennui qu'elle provoque. Car l'ambiance ne suffit pas, et "Dead Birds" se montre foutrement mou pour un film d'horreur actuel. On se contrefiche de la plupart des dialogues, de la rencontre entre le héros et sa petite copine (Turner essaye d'étoffer ses personnages, mais les rend pourtant inintéressants), de cette histoire de partage d'argent… Turner s'attarde au fond sur ce qu'il y a de moins intéressant, et finalement peu sur les spectres du film.

Des créatures décharnées et superbement rendues par de très bons Fx, mais au final mal exploitées : leurs apparitions se comptent sur les doigts de la main, leur passé et leurs origines sont vites expédiés. Difficile d'atteindre la grande peur dans une telle mollesse, pour un film qui aurait pu d'ailleurs se rapprocher de Lovecraft, de par son efficacité ou sa terreur.
Même les spectres ne font pas réellement peur, et leurs apparitions "Bouh fais moi peur" lorgnent beaucoup trop sur "Ju On : the grudge", mais sans atteindre la même force. Les acteurs semblent y croire, en particulier Henry Thomas (qui fut le petit garçon de "E.T") en gangster dépressif.

Turner semble se chercher encore, mais fait preuve d'un certain talent dans sa réalisation, techniquement confortable, et n'hésite pas à faire appel au gore quand il peut (la scène de l'esclave, les chevaux découverts en morceaux, le gunfight, le mort vivant au visage cousu…). Sa double chute finale est cependant assez anecdotique, et ce sera avec stupéfaction que l'on se rendra compte que Turner cherche à se rapprocher (autant par l'ambiance que par son style), bien en vain, du cinéma de Shyamalan.








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