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Dans une station spatiale, le docteur Paul LeMerchand est relevé de ses fonctions. Celui-ci a très peu de temps pour raconter l'origine et le combat qu'il mène face aux Cénobites, ces démons de l'enfer à présent à bord du vaisseau et à la recherche de potentielles victimes. Pourtant, la base de ces créatures vient de ce curieux cube en bois, élaboré par l'ancêtre de LeMerchand au 18ème siècle…



Reliés autant par leur atmosphère, que la présence très importante de Clive Barker sur le plateau, les deux premiers "Hellraiser" connaîtront l'enfer (!!) avec de nombreuses suites, toutes plus inégales les unes que les autres. A commencer par le spectaculaire nanar "Hellraiser 3 Hell on Earth", où Pinhead se booste aux vannes macabres de Freddy Krueger. On se retrouve bien loin de la sobriété qui le caractérisait dans les deux premiers opus…

Intitulé "Hellraiser 4 Bloodline story", le quatrième volet se rangera injustement dans les rayons "œuvres maudites" du cinéma, pour cause d'un changement assez brutal au poste de réalisateur.



A ma gauche, Kevin Yagher, l'un des grands maquilleurs du cinéma d'horreur, ayant confectionné le brave Chucky, Freddy Krueger bien entendu, "Le fantôme de l'opéra" version Krueger, quelques effets pour "Hidden"… Et puis à ma droite, Joe Chapelle ; et oui ce nom qui bourdonnera douloureusement dans vos oreilles, ce nom en grande partie connu pour ces deux déceptions (on ira jusqu'à dire même, deux ratages) que sont "Phantoms" et "Halloween, La malédiction".

Le grand Kevin réalise donc ce quatrième volet, qui sera rejeté purement et simplement par les producteurs, lesquels demanderont à Joe Chapelle de retourner et de remonter certaines scènes. Un coup de poignard sur pellicule…
Le film possédait au départ une structure parfaitement chronologique (18ème siècle - le monde d'aujourd'hui - le futur), et au final il se retrouve totalement chamboulé !! Sa forme rappelle celle d'un film à sketch : un homme raconte deux histoires à une jeune femme, puis l'action présente reprend son cours après les deux segments.
Ce découpage est parfois irritant pour le film, donnant un aspect souvent maladroit à l'ensemble (la femme de LeMerchand voit son fils tenu en otage par Pinhead, et quelques plans plus tard, elle le tient dans ses bras, et de plus dans un autre endroit)



Tout comme "Tremors 4", "Une nuit en enfer 3, La fille du bourreau", "La fin de Freddy L'ultime cauchemar", "Puppet master 3 La revanche de Toulon" et bien d'autres, "Hellraiser 4 Bloodline" tente de revenir aux sources de l'univers des Cénobites, et il le fait avec panache et style ! Dans une atmosphère glauquissime et largement empreinte de gore, le premier segment (dira t-on) développe le passé du cube infernal, construit pour un certain Marquis de l'Isle, s'empressant de faire appel aux forces de l'enfer pour ensuite modeler une succube quasi-parfaite : Angélique. Les Français auraient donc inventé tout ceci ? Et ben oui, et ça fait plaisir !!

Quel bonheur de retrouver donc ce climat si morbide cher à Clive Barker : voilà quelque chose que n'a pas su retranscrire le troisième volet en tout cas ! Malheureusement pour nous, cette partie devait être sûrement bien plus longue (comme en témoigne cette photo montrant Angélique habillée en marquise, séquence totalement absente du film), mais elle aura le temps de révéler un grand personnage, à savoir la sensuelle et très vilaine Angélique. Une Cénobite nettement plus particulière que ses congénères (elle se divulgue davantage sous sa forme humaine), incarnée par la trop rare Valentina Vargas, la souillon sexy du "Le nom de la rose". Une personnalité féminine assez forte, sadique (et bien heureusement !) et d'une perversité sans limites. Une bonne surprise, révélant aussi une forme cénobite assez "gore".



Dans sa deuxième partie le film tangue, devient moins passionnant et s'adonne à plus de facilités. Le scénario devient confus, parfois grotesque, ce qui n'empêche pas quelques surprises : fantasme érotique en compagnie de Angélique (Valentina Vargas exhibe d'ailleurs toujours un corps voluptueux), longue poursuite à travers quelques couloirs malveillants, transformation crados de deux jumeaux bien ringards en Cénobites tortueux…
Les acteurs sont souvent fades (parmi eux, Kim Myers, l'héroïne de "La revanche de Freddy" et Courtland Mead, le gamin tête à claques de l'adaptation télévisuelle de "Shining"), voire mauvais, et on entend dire que Pinhead devait créer un allié devenant par la suite un ennemi fort gênant pour ses plans diaboliques, un élément absent du montage charcuté donc.
Il faudra attendre la troisième partie pour décrocher lentement du film (parfois même brutalement pour certains), une dernière partie alignant des meurtres joliment gores mais un brin gratuits (en gros, on teste la brutalité de chaque Cénobite), nous rappelant que même Jason ou Leprechaun se retrouveront dans l'espace par la suite!! Car comble de ce final, nos chers démons "barkeriens" atterrissent dans une station spatiale pour y foutre le boxon. Saugrenu et un peu idiot au fond…
Un certain lien est tenu avec le précédent film avec ce hall de building décoré aux couleurs du fameux cube : le décor est pourtant bien différent.

Au coin Cénobites, Pinhead retrouve sa sobriété d'antan, et sort même le temps d'une scène quelques crochets au bout de ses doigts (je vous sers encore un peu de Freddy ? Non juste un doigt…), les crochets-chaines trouvent d'ailleurs une nouvelle fonction lors d'une scène de décapitation bien sale. Par la suite c'est le très envahissant Chatterbeast qui rejoint les rangs des Cénobites, cet énorme molosse parenté avec Chatterer (le démon au rictus sanguinolent accompagnant Pinhead dans les deux premiers volets) qui aime poursuivre inlassablement ses victimes en claquant des dents comme son maître (!!), une très bonne trouvaille. Et pour finir les fameux jumeaux très "daliens" sur les bords, qui valent surtout le détour pour leur look fort réussi. Niveau gore aussi, le film assure un max avec de beaux moments qui tachent (l'éviscération d'Angélique, écorché vif, attaque des fameux crochets-chaines, coups de griffes et cannibalisme…). C'est déjà ça… Les Fx suivent plutôt bien eux aussi (images de synthèse discrètes) malgré un vaisseau spatial un peu cheap.
Inégal mais sympathique, ce "Hellraiser 4 Bloodline" mérite surtout d'être redécouvert dans son vrai montage. On attend toujours…








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