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Le professeur en médecine Sir James Forbes se rend avec sa fille Sylvia dans une petit village de Cornouailles, sur la demande de son ancien élève Peter Thompson, médecin dans le village et qui ne parvient pas à élucider les causes d'une mystérieuse épidémie ayant déjà causé douze décès parmi la population. Les recherches des deux hommes vont les mener à découvrir les choses horribles qui se passent dans le village...



Le thème des morts vivants n'a jamais trop intéressé la Hammer. Alors que Dracula, Frankenstein, les vampires sont présents dans bien des films de la célèbre compagnie anglaise, les cadavres revenant à la vie n'ont guère trouvé leur place. Pourtant, la tentative d'utiliser ce thème dans "L'invasion des morts vivants" s'avère largement réussie, puisqu'on se retrouve au final avec l'un des meilleurs films de la Hammer.

Réalisé en 1966, le film de John Gilling se situe entre "Raspoutine le Moine Fou" et "La Femme Reptile". Gilling se sert des pratiques du vaudou pour faire rescuciter ses morts, pratiques qu'on avait déjà pu voir en 1932 dans "Les morts vivants" avec Bela Lugosi ou bien encore en 1943 avec l'excellent "Vaudou" de Jacques Tourneur. Son film démarre d'ailleurs sur une cérémonie assez théâtrale, avec prètre masqué, Africains jouant du djembé sur un rythme endiablé, poupée vaudou dans un petit cercueil de bois... le parfait attirail en somme.



Malgré une trame assez banale, où un éminent docteur se rend dans un petit village perdu pour aider un des ses confrères à lutter contre un mal inconnu décimant la population, John Gilling parvient à réaliser un authentique film d'épouvante, mélant enquêtes, signes et pratiques mystérieuses, visions horrifiques, le tout dans de superbes décors, en particulier celui de la mine. La musique de James Bernard vient également renforcer l'aspect macabre du film.

Les acteurs sont excellents, en particulier André Morell, qui joue le professeur James Forbes. En parfait gentleman, son enquête va l'amener à remettre en cause ses croyances sur la vie après la mort. L'autre personnage clé du film est le châtelin du village, Lord Hamilton, dont on devine très rapidement qu'il est à la source du mal rongeant la population. Mais le deviner quasiment dès son apparition ne gâche en rien la vision du film, car ce n'est guère une découverte capitale. Il est surtout intéressant de noter les consonances politiques du film à travers le personnage d'Hamilton et des ses compagnons. Représentant la classe supérieure du village (ses amis pratiquent la chasse à courre, privilège réservé à l'élite et à la bourgeoisie), ils n'hésitent pas à maltraiter le peuple, ne s'en souciant guère, comme dans cette scène hallucinante de l'enterrement d'un villageois, dont le cercueil tombe dans une rivière après le passage sauvage des chasseurs dans les rues du village. Ceux-ci n'y prètent aucune attention et cette séquence se révèle particulièrement cruelle. La mesquinerie, le machisme règnent dans le château du Lord, même s'il semble plus modéré que ses compagnons, n'hésitant pas à défendre la fille de Forbes, malmenée par les chasseurs. Mais n'est-ce pas là qu'une façade pour ne pas attirer l'attention sur ses diaboliques pratiques du culte vaudou?

Parmi les actrices, on retiendra la charmante Diane Clare qu'on avait déjà pu voir dans "La maison du diable" de Robert Wise, et Jacqueline Pearce, qu'on reverra la même année dans "La femme reptile" du même John Gilling.



L'une des autres qualités de ce film réside dans les maquillages. En effet, les morts-vivants sont particulièrement réalistes, le maquilleur Roy Ashton s'étant servi de papier chiffoné et de cire de latex. Deux ans avant "La nuit des morts vivants" de George Romero, la Hammer nous offrait donc d'hideuses créatures sorties de leurs tombes. On retrouve encore cette notion de caste dominante quand on découvrira pourquoi le Lord fait revivre les morts.

La première apparition d'un zombie, dans le décor de la mine en ruine, portant dans ses bras le corps inanimé d'une jeune femme, est exceptionnelle et mérite de figurer parmi les apparitions les plus marquantes du cinéma fantastique.

On n'oubliera pas non plus de citer une scène de décapitation à la pelle, sûrement l'une des morts les plus violentes dans un film de la Hammer, ni l'excellente séquence du cimetière, baigné dans la brûme, et qui voit les morts sortir de la terre.



"L'invasion des morts vivants" est donc une réelle surprise, et une bonne surprise. Gothique, lugubre, intelligent, bénéficiant de bonnes idées, d'une solide interprétation, ainsi que d'effets de maquillages à la hauteur, le film se classe d'emblée parmi les meilleures oeuvres de la Hammer. Le film vient de sortir en dvd chez Metropolitan, et bénéficie d'une très bonne copie. N'hésitez pas!