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Muffy St John décide d'inviter plusieurs de ses amis à passer le week-end dans son manoir reculé et accessible uniquement par bâteau. L'ambiance est d'abord bon enfant avec des blagues (l'action du film se déroule le 1er avril) à profusion. Jusqu'au moment où la série de plaisanteries diverses tourne à la tragédie. Les invités tombent alors comme des mouches, victimes d'un tueur.



Il est très difficile de faire une critique de "Week-end de terreur" sans dévoiler les tenants et les aboutissants de l'intrigue, et révéler le pot-aux-roses final. Donc, ceux qui n'ont pas vu le film ni rien lu dessus, doivent éviter de lire la suite de la critique quand le mot SPOILER sera utilisé.
Mais, avant d'en arriver là, penchons-nous sur les différents intervenants de ce slasher aux relents très Agatha Christie ("Les dix petits nègres"). A la réalisation, on retrouve Fred Walton, qui continue de jouer dans le registre de la terreur après le remarqué "Terreur sur la ligne". Force est de reconnaître qu'il a fait des progrès et qu'il arrive à distiller une tension certaine durant la quasi-totalité de son long-métrage. Si le scénario était moins "enfantin", Walton tenait là une bien belle réussite. Il est épaulé à la production par Frank Mancuso Jr, le fils du célèbre producteur. Grâce à papa, le fiston se retrouve à la tête de certaines productions de la Paramount orientées à destination des teenagers. Ainsi, il a déjà produit quelques "Vendredi 13". Guère surprenant de le voir récidiver dans le genre. Bien que sans véritable tête d'affiche, nous pouvons remarquer la présence d'Amy Steel ("Vendredi 13 chapitre 2: le tueur du vendredi"), qui fait montre à nouveau d'une certaine combativité.


Ainsi, se trouvant entre les mains de gens compétents en la matière, on peut penser que la sauce de la terreur va fonctionner. Et, c'est le cas. Du moins en partie. Car, il est extrêmement gênant de voir que les meurtres sont hors-champ. Fait guère surprenant lorsqu'on connaît la politique de censure que commence à appliquer la Paramount à ses films d'horreur (dont les derniers "Vendredi 13"). Il y a aussi un léger problème de rythme. Avant que les premiers meurtres interviennent, on assiste à un film de chambre (les personnages y passant une grande partie du temps!). Les personnages passent leur temps à palabrer, d'autres à faire l'amour. Chacun des acteurs/actrices se retrouvant alors dans la peau de gens très caricaturaux.


Le réalisateur soigne bien l'ambiance extérieure, notamment dans les scènes d'obscurité. Par contre, il peine bien plus à l'intérieur de la maison. On a du mal à ressentir un quelconque malaise et le sort des protagonistes nous indiffère quelque peu. Et ce, malgré un casting des plus attachants - exemple: Deborah Foreman dans le rôle de l'hôtesse d'accueil est craquante. Autre bon point: le score musical de Charles Bernstein. En dépit de tous les points positifs constatés ci-dessus, ce slasher (mais en est-il vraiment un?) se vautre dans la révélation finale la plus stupide de l'histoire du genre (exceptée celle hors-course d'"Urban Legend 2, coup de grâce").



SPOILER….SPOILER…SPOILER

Comme l'indique si bien le titre v.o (à ne pas confondre avec un autre slasher qui sortira en France quelques années plus tard sous le nom "Le jour des fous"), nous sommes ici dans une vaste farce, dont la supercherie finale Joyeux Poisson d'avril vient mettre à bas tout le travail plutôt convaincant qui avait précédé. Preuve s'il en est de la déliquescence d'un genre qui n'arrive plus à mettre en valeur des titres nouveaux se contentant de recycler des vieilles gloires passées comme les "Halloween" ou autres "Vendredi 13". Et, ce n'est pas le film de Walton qui redonnera un second souffle.


En illustrant sur le ton humoristique un genre déjà galvaudé, pas sûr que "Week-end de Terreur" lui rende un grand service. Qui plus est, une fois le twist final révélé, le thriller horrifique de Fred Walton a comme grand défaut de ne pas supporter une seconde vision. Ce "Week-end de Terreur" fait office de "Scream" avant l'heure, mais sans le talent du film de Craven, par la faute d'un scénario qui prend les spectateurs pour des imbéciles.








Du même réalisateur :

TERREUR SUR LA LIGNE
LUMIèRE SUR