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Emily Rose est une jeune fille qui vit avec ses sœurs et ses parents dans une petite ferme isolée. Tout va pour le mieux pour la petite famille de paysans, jusqu'au jour où Emily obtient une bourse pour aller faire ses études à la ville. C'est un véritable bouleversement pour elle, ses parents et ses sœurs, mais Emily est bien décidée à entrer à l'université. Là-bas, elle sera la proie d'hallucinations plus terrifiantes les unes que les autres. Pensant devenir folle elle demande de l'aide au médecin du campus qui la dirige vers un spécialiste. Mais le traitement infligé par le docteur ne change rien à l'état psychologique et physique d'Emily. Cette dernière, persuadée d'être possédée, décide de rentrer chez elle et de faire appel au prêtre de sa paroisse, Richard Moore, pour l'exorciser. Malheureusement Emily meurt des suites de l'exorcisme. Le prêtre est accusé d'homicide par imprudence. Une célèbre avocate sera chargée de défendre Richard Moore, et devant les faits n'aura d'autre solution que de défendre la thèse de la possession contre un camp adverse qui défendra la thèse plus rationnelle d'une psychopathologie qu'il fallait traiter en urgence.



"L'Exorcisme d'Emily Rose" est unique en son genre. Il mélange film de procès et film d'épouvante type "L'exorciste". Le film s'organise ainsi: on assiste au procès et chaque fois qu'un témoin passe à la barre, on a droit à un flash-back qui montre une partie de l'évolution de la possession d'Emily. Le concept est original, mais il résulte de cette structure un très grave problème pour ce genre de film. Chaque fois que la tension monte, que la peur naît et commence à se faire ressentir, le film revient au procès et coupe tout élan émotionnel possible. C'est bien dommage parce que les parties où l'on suit le terrible calvaire d'Emily sont bien faites et parviennent à poser une ambiance glauque et malsaine qui dérange et aurait pu effrayer si le film nous en laissait le temps. Les scènes de prétoire sont malgré tout plutôt intéressantes et bien ficelées car elles donnent de nombreuses explications rationnelles et scientifiques qui semblent tenir la route, en montrant l'implantation de l'exorcisme dans diverses cultures. Malgré cela, et même si le film se dit tiré d'une histoire vraie, on ne peut s'empêcher de trouver le traitement de ce procès naïf et maladroit.


Autre originalité du métrage : le traitement hyper-réaliste de la possédée et de l'exorcisme. En effet, ici pas d'ambiance gothique, pas de maquillages et d'effets spéciaux abusifs. Tout est froid, tout semble réel, de telle manière que l'on ne sait jamais trop au début si Emily est en train de faire une crise d'épilepsie ou si elle est possédée. Tout ce que fait Emily avec son corps dans le film, Jennifer Carpenter l'a fait sur le plateau. Plus étonnant encore, tous les sons que la jeune femme émet, l'actrice les a émis (excepté l'enregistrement sur la cassette).


C'est cette volonté de réalisme et de crédibilité qui fait la force du film et qui rend les passages où on voit l'héroïne en proie à ses crises ambiguës et angoissants. Jennifer Carpenter y est d'ailleurs pour beaucoup, avec son visage très particulier et son regard qui vous glace le sang. Il aurait vraiment fallu aller jusqu'au bout de la démarche, car à chacune des crises d'Emily, les prémisses d'un grand potentiel horrifique se font sentir pour aussitôt être coupées par la réalité du procès.

Surtout que les acteurs du procès sont bien moins convaincants que la jeune Jennifer Carpenter. Laura Linney ("La prophétie des ombres", "Mystic river") ne rentre jamais tout à fait dans son rôle de femme en pleine crise spirituelle et Tom Wilkinson ("Batman begins") incarne un prêtre archi-stéréotypé qui joue les martyrs tout le long du procès. Et hormis les quelques données intéressantes citées plus haut, l'ennuie gagne peu à peu le spectateur.

Aussi, le scénario trop conciliant de Paul Harris Boardman et Scott Derrickson est un défaut non négligeable puisque ne prenant jamais parti. Le film s'enlise dans un "peut-être, peut-être pas" lassant et sans suspense. La démarche de Scott Derrickson ("Hellraiser 5: Inferno") qui consiste à mêler exorcisme et procès, semble au départ louable, mais n'est en fait qu'une façon de ne pas rentrer de plein pied dans un des deux genres et de finalement plaire au public le plus large possible. Le pari semble perdu car les fans d'horreur seront frustrés, les fans de procès pris pour des imbéciles.








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