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Le professeur Quatermass a secrètement envoyé une fusée dans l'espace. Celle-ci retombe sur Terre dans une bourgade anglaise. Sur les trois astronautes, seul un a survécu, Victor Carroon. Pendant que l'inspecteur Lomax tente de découvrir où sont passés les deux astronautes manquants, Quatermass et son associé le docteur Briscoe étudient Carroon. Les deux scientifiques découvrent que celui-ci est victime d'une mutation et tentent d'analyser ce nouvel état. La femme de Carroon ne supportant pas que son mari soit retenu au centre de recherche le fait kidnapper, sans se douter que son mari est devenu un... monstre!



En 1953, une série de science-fiction en six épisodes fit sensation en Angleterre. Titrée "The Quatermass experiment", la série était tournée en direct "live" et fit forte impression auprès d'Anhony Hinds, l'un des grands producteurs de la Hammer Films, qui négocia un partenariat avec la BBC pour en faire un long-métrage. C'est donc en 1955 que fut confié à Val Guest le soin d'adapter cette série pour le cinéma. Guest n'est pas vraiment fan de science-fiction, il a plutôt oeuvré dans des comédies, des films policiers ou d'aventures. Il est surtout connu à la Hammer pour avoir déjà adapté des séries télévisées pour le grand écran. C'est donc haut la main qu'il va relever le défi. Pour l'anecdote, le comité de censure anglais, apparu en 1951 et très virulent, donna un classement "X" au film, ce qui le privait d'une large partie des spectateurs. La Hammer décida d'en jouer et rebaptisa son film "The Quatermass Xperiment"! Une idée ingénieuse puisque le film fut un grand succès!

Afin de conquérir le marché US, la BBC exige la présence d'un acteur américain bien connu du public pour jouer le rôle principal. Ce sera donc Brian Donlevy qui sera le Professeur Quatermass. A la différence de la série-télé, Donlevy va camper un Quatermass froid, implacable, déterminé, quasiment sans sentiment, ne pensant qu'à son travail. Il apparaît comme étant assez antipathique alors qu'il est censé être un "gentil". Même devant la détresse de la femme de l'astronaute, il reste sur ses positions et ne pense qu'à ses recherches. Ce parti pris souleva d'ailleurs la colère de Nigel Kneale, scénariste de la série-télé, qui refusa d'écrire le scénario du film. Cette froideur du personnage est contrebalancée par l'attitude de son équipier, le brave docteur Briscoe, qui pense bien plus à la santé de son patient que Quatermass. Parmi les autres personnages principaux, on trouve également l'inspecteur Lomax, joué par Jack Warner. A noter également qu'aux Usa, le film fut retitré "The creeping terror", les Américains ne connaissant pas le professeur Quatermass...



"Le monstre" est donc le premier film d'épouvante de la Hammer. Bien que sa trame principale soit tournée vers la SF, le film inclue de nombreux éléments horrifiques. Mais c'est avant tout à un véritable drame humain auquel nous assistons, notre pauvre astronaute n'ayant rien demandé, et surtout pas à subir une telle mutation! On peut d'ailleurs, par certains aspects, rapprocher le cas de Victor Carroon de celui de la créature de Frankenstein. En effet, Carroon est en quelque sorte la créature de Quatermass et on retrouve même une séquence similaire à celle du "Frankenstein" de 1931 avec Boris Karloff, lorsque Carroon, qui a déjà muté plusieurs fois, se retrouve nez à nez avec une petite fille qui veut l'aider. On ressent la détresse du personnage, résistant pour ne pas faire de mal à la fillette. La créature finale nous fait par contre penser au "blob", entité extraterrestre qui n'apparaîtra au cinéma qu'en 1958, mais qui fut sûrement inspirée par la créature de ce film (même pouvoir d'absorption de la nourriture lui permettant de grandir...).



Le traitement du film par Val Guest est très sérieux. Aucun élément comique ne vient troubler le déroulement de l'histoire, qui tient en haleine le spectateur. Une réalisation efficace, un jeu d'acteurs plutôt bon, on retiendra en particulier Richard Wordsworth qui campe le monstre du titre, et ce, malgré l'absence de dialogues! Son visage livide, ses joues creusées, ses yeux expressifs nous font prendre conscience de l'horreur de sa situation, horreur dont il a bien conscience lui-même mais qu'il ne peut malheureusement contrer. Les effets spéciaux sont sobres mais efficaces. La lente mutation de Carroon s'opère sur son visage, son corps, sa main, et sa dégradation physique est très bien rendue, nous évoquant le futur "La mouche" de David Cronenberg. Le monstre à son stade quasi définitif est également bien conçu, même s'il pourra faire sourire la jeune génération.



Un élément à ne pas oublier est l'excellente musique de James Bernard, qui deviendra l'un des compositeurs attitrés des futurs classiques de la Hammer. Sa partition nous met vraiment dans l'ambiance voulue, en particulier lors du générique du début du film.

"Le monstre" est encore aujourd'hui une grande réussite du film de SF, et son succès décida la Hammer à s'investir à fond dans le film fantastique et d'épouvante. Le professeur Quatermass quant à lui sera rapidement de retour sur les écrans puisqu'une suite fera son apparition dès l'année suivante, pour réapparaître à nouveau en 1967.

N'hésitez pas à vous procurer le dvd édité par Seven Sept, et préférez la VO à la piste française, nettement meilleure.








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Bien avant Alien et compagnie, Val Guest interpelle le spectateur avec cette simple question : et si le danger venait de l’espace ?
Le superbe noir et blanc, l’interprétation remarquable de Brian Donlevy dans le rôle du monstre et une montée crescendo dans la terreur font de ce film une des très grandes réussites du film de science-fiction toutes époques confondues.
Le final est d’ailleurs très impressionnant pour un si petit budget.
Plus que recommandable.

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