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Réalisation
Marc Lawrence

Scénariste
Marc Lawrence

Date de sortie
1972

Genre
troma

Tagline


Cast
Toni Lawrence
Marc Lawrence
Jesse Vint
Paul Hickey & Katharine Ross...


Pays
Etats Unis

Production


Musique
Charles Bernstein

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 6
(1 vote)
Lynn, une jeune adolescente, est envoyée dans un institut psychiatrique après avoir tué son père qui abusait d'elle sexuellement. Quelques années plus tard, échappée de l'hôpital au volant d'une Volkswagen, elle débarque dans une bourgade isolée et trouve un emploi de barmaid dans le seul et unique café du coin tenu par l'étrange Zambrini. Ce dernier s'avère être un individu très singulier donnant secrètement une étrange nourriture à ses cochons. Lynn, qui croit que son père est encore vivant, rencontre ça et là des courtisans, mais l'instinct meurtrier sommeille toujours en elle. Saura-t-elle s'en défaire et trouver en Zambrini une aide providentielle?



Film à petit budget des années 70 peu connu, faute à un script des plus malsains, Pigs les monstres sanglants est "l'œuvre ultime" de Marc Lawrence. Non content d'être réalisateur et acteur dans le métrage, celui-ci a également pris part à la production et à l'écriture du scénario. Il en fait même une affaire de famille, puisqu'il donne à sa fille, Toni, le premier rôle. Moins tape à l'œil que Papa Argento, qui filme également sa fille Asia, Marc Lawrence n'ira cependant pas jusqu'à filmer sa progéniture nue, mais fera jouer la sienne tout en lui donnant la réplique, dans un film sur les conséquences psychologiques de l'inceste. Avouez qu'il y a de quoi quand même se poser des questions sur l'état mental du réalisateur!

Faut-il alors voir Pigs les monstres sanglants comme un brûlot contestataire sur la maltraitance physique et mentale des enfants, un exutoire de phantasmes profondément ancrés ne demandant qu'à émerger ou bien la mise en images des propres angoisses du cinéaste? Seuls ce dernier et peut-être son psy le savent…

Quoi qu'il en soit, Pigs, même s'il est le projet ambitieux de toute une vie, ne relève cependant pas du chef-d'œuvre. Mais, il contient de quoi satisfaire les fans les plus scabreux et amateurs de déviance.



L'histoire, en premier lieu, est quand même bien délirante: une jeune femme parricide victime d'inceste durant son enfance trouve refuge, dans un village de rednecks en puissance, chez un type qui nourrit ses cochons avec de la viande humaine. Le tout avec comme bruit de fond les cris aigus de gorets qui rendent les habitants fort suspicieux à l'égard des agissements du duo Zambrini/Lynn, d'autant que certains autochtones disparaissent et que le shérif local essaie comme il peut de trouver des pistes, tout en se doutant bien que les porcs ont un régime alimentaire suspect. Force est de constater qu'on peut quand même faire plus difficilement biscornu!

Mais on ne s'arrêtera pas à ça. La galerie des personnages vaut elle aussi le coup d'œil. Une tueuse victime d'un viol et obsédée par le père qu'elle a tué, un tenancier de bar louche qui nourrit ses cochons avec de la chair humaine, une étrange voisine très curieuse s'étonnant des cris de porcs persistants et persuadée qu'ils sont nourris avec des macchabées, un shérif beau gosse et serviable qui en pince pour la meurtrière qu'il ne soupçonne pas une seconde, des travailleurs de chantier lubriques fréquentant le bar et à la recherche d'un collègue disparu depuis peu, un détective privé engagé par l'hôpital très fouineur venu ramener au bercail notre jeune parricide. A-t-on besoin d'en dire plus à propos des protagonistes pour voir à quel point le casting est hétéroclite? A peine, on devisera juste à propos du jeu des acteurs en lui-même. Toni Lawrence tire son épingle du jeu et elle semble vraiment habitée par son rôle. En effet, elle mime avec perfection la jeune sociopathe au passé douloureux sans cesse torturée mentalement entre le désir de vengeance envers la gent masculine et le souhait d'avoir enfin une vie normale. Il faut la voir ainsi onduler lascivement son corps au son du juke-box devant les yeux ébahis d'un Zambrini stupéfié ou encore courir éperdument dans les champs après avoir entendu les porcs grouiner. D'une folie troublante et captivante à la fois!



Le reste du casting est bien trouvé, même si certains acteurs font figure d'amateurs, avec : un shérif ersatz de Jan-Michaël Vincent parfait dans le rôle du mec pas si benêt qu'il n'y paraît mais qui tarde à concrétiser (à tous les niveaux d'ailleurs!), une bande de types qui travaillent sur le chantier de la ville avec de bonnes "têtes de vainqueurs" et enfin Marc Lawrence, qui arrive à donner à son personnage une part de mystère suffisante pour faire douter le spectateur quant à ses réelles motivations à l'égard de Lynn.

Autre point d'orgue de Pigs les monstres sanglants, dont l'ambiance glauque à souhait ne va pas sans rappeler "Massacre à la tronçonneuse" voire "Le crocodile de la mort", c'est justement cette photographie granuleuse qui crée une atmosphère étouffante et rend le contenu de la pellicule d'un réalisme saisissant!

La musique tient également une part prépondérante dans le film puisque après les cinq premières minutes, on entend "Something's waiting for you" (sorte de petite chanson de country avec des relents funky) pendant que Lynn prend la fuite sur la route. Cela va tellement bien avec la scène qu'on a l'impression de vivre un phantasme tout droit sorti du cerveau de l'héroïne : vraiment très bon! A ce sujet, l'emploi du score rappelle un peu celui que l'on peut entendre lors d'une scène de meurtre dans "La dernière maison sur la gauche": c'est tellement décalé avec ce que l'on voit, qu'on a l'impression d'halluciner totalement.



Toutefois, ce qui semble le plus intéressant dans ce métrage réalisé quand même par un type qui a été sur la liste noire dans les années cinquante et exilé pendant 9 ans en Europe (bref rappel historique: la liste noire, c'est la liste sur laquelle figuraient tous les communistes travaillant aux USA, lancée par Mac Carthy, sénateur américain, et ayant pour but de recenser et traquer tous les "rouges", jugés comme grande menace du capitalisme), c'est la relation père/fille entre le tenancier du bar et sa barmaid. Involontairement ce rapport humain devient déviant et laisse planer jusqu'au bout le doute à propos du dessein de chaque membre de ce couple de fortune, l'un envers l'autre. Et ça, c'est très bien vu, car ça laisse le spectateur sur une sorte de qui-vive perpétuel. Rien de tel, alors, pour vous tenir éveillé!

Bon d'accord, les effets sont cheap, les décors loin d'être fantastiques, les acteurs pas tous très crédibles, mais on passe quand même un bon moment. Les scènes de cauchemar de Lynn sont assez noires, certains meurtres sont bien trouvés et assez gore et le bruit constant des porcs qui grognent est proprement insupportable et risque de vous rendre fous pour longtemps. Mais, je vous recommande néanmoins cette bizarrerie afin de compléter votre vidéothèque de films déjantés. Et je pense qu'elle en contient déjà pas mal!








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