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Deux couples de touristes anglais se rendent dans les Carpathes. Ils se retrouvent malgré eux dans le château du défunt Comte Dracula, où ils sont pris en charge par Klove, le valet du Comte. Celui-ci, derrière son apparente hospitalité, désire faire renaître son Maître...



En 1958, la Hammer renouvelait brillamment le mythe du vampire avec son chef d'oeuvre "Le cauchemar de Dracula", qui consacrait immédiatement Christopher Lee comme le nouveau Prince des Ténèbres aux yeux du public. En 1960, la Hammer produisit un film au titre mensongé, "Les maitresses de Dracula", où il n'y avait ni Dracula, ni Christopher Lee, celui-ci refusant de se cantonner dans un seul rôle. Pourtant, sept ans après sa première interprétation du Comte, Christopher Lee rempile et revêt à nouveau sa cape rouge et noire, toujours sous la direction du grand Terence Fisher.

C'est donc en 1966 qu'apparaît "Dracula, Prince des Ténèbres". Le film se veut la suite directe du film de 1958, et on a droit en prologue à la scène finale de ce film, où Peter Cushing parvient à détruire le maléfique Comte vampire. Bénéficiant d'un budget limité, Fisher va alors prendre tout son temps et développer dans les quarante premières minutes les relations entre les deux couples anglais, nous présenter le moine Sandor qui aura son importance par la suite, et surtout, installer son ambiance en distillant divers éléments qui nous font prendre conscience du danger imminent qui va surgir.



Cette première partie est peut-être la meilleure du film, alors que Dracula n'y apparaît même pas! On retrouve de nombreux éléments bien connus des amateurs de films de vampires, comme la scène dans une auberge, où les touristes sont mis en garde contre leur désir d'aller se rendre dans le château du Comte. On notera d'ailleurs un "affrontement" entre le Père Sandor et Hélène, affrontement qui se reproduira par la suite, mais d'une manière plus violente cette fois, comme si la boucle était bouclée. Autre élément très bien amené, le carrosse sans conducteur, emmenant les touristes au château sans que ceux-ci puissent s'y opposer. On se dit que le Comte est déjà en vie mais non, il est bien mort et c'est son valet, très bien interprété par Philip Lathman, lugubre à souhait, qui prend en quelque sorte sa place. Sa première apparition renvoie d'ailleurs à la première apparition de Dracula dans le film de 1958.

Fisher a réussi à apporter une vraie ambiance de film d'épouvante dans cette première partie du film. Ambiance qui trouvera son point d'orgue lors de la fameuse scène où une victime se retrouvera pendue par les pieds au-dessus du cercueil du Comte, Klove lui tranchant le cou pour que le sang recouvre les cendres de Dracula, lui permettant de revenir à la vie. Cette scène a dû en choquer plus d'un à l'époque.



On retrouve donc enfin Christopher Lee dans le rôle qui a fait de lui une star de l'épouvante. Mais la déception est grande. En effet, mécontent du scénario, Christopher a imposé que son rôle soit muet et nous n'avons droit qu'à quelques grognements et cris de sa part, ce qui fait tomber le charisme du personnage en bas de l'échelle. En 1958, le Comte avait un charisme fou, sorte d'aristocrate guindé aux canines acérées. Ici, il est monolithique, quasi sans expression, on ne ressent quasiment rien pour lui. Un simple monstre de film d'épouvante. Cela vient gâcher un peu notre plaisir lors de la vision du film, car le reste est fidèle à l'univers de la Hammer: superbes décors, couleurs éclatantes, bonne interprétation, notamment de Barbara Shelley dans le rôle d'Hélène, devenue femme vampire après sa rencontre avec Dracula.



Il est quand même dommage que le niveau du film baisse d'un cran quand sa star apparaît à l'écran! La suite se laisse regarder bien sûr, Fisher sachant mener sa barque et nous proposer des séquences fortes, en particulier cet affrontement entre Sandor et Hélène-vampire, très graphique visuellement. Mais l'impression que Christopher Lee s'ennuie gagne un peu le spectateur. Le final est bien trouvé, avec ce combat sur des eaux gelées, même si on se dit que le scénariste a vite été en besogne concernant le procédé de destruction du Comte.

"Dracula, Prince des Ténèbres" ne se hisse donc pas au niveau atteint par "Le cauchemar de Dracula". Il reste un film de bonne facture, avec de nombreuses qualités mais également des défauts. Les fans de la Hammer ne seront pas dépaysés et retrouveront la marque de fabrique de la célèbre firme. Mais on attendait plus d'un film de Terence Fisher! Et plus de Christopher Lee!