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De retour d'une sortie en rafting, le mari de Sarah ainsi que sa petite fille Jessie, trouvent la mort dans un accident de voiture. Bien que rescapée de l'accident, Sarah en garde un profond traumatisme. Un an après, des amies de la jeune femme organisent une expédition en spéléologie dans les Appalaches. La sortie tourne au cauchemar lorsqu'un éboulement se produit, contraignant nos apprenties spéléologues à poursuivre leur chemin sans savoir ce qui les attend…



En débutant par un fort traumatisme (la mort de la fillette), "The descent" glace le sang. Sans répit, le récit enchaîne sur l'annonce à Sarah du décès de son enfant.
Bien avant de nous engouffrer dans les ténèbres de la grotte, on a ici le signe annonciateur des évènements à venir (avancée du noir sur Sarah pendant que cette dernière tente de s'enfuir, une image qui renvoie à "Darkness" de Balaguero). Le fantôme de Jessie ne cessera de hanter son inconsolable mère. L'autre personnage au caractère bien dessiné est Juno, la femme "forte" du groupe: en apparence du moins, car mise en situation de danger, elle apparaît beaucoup moins fiable.

Contrairement à son précédent film "Dog soldiers", Neil Marshall prend le temps d'instaurer une ambiance avant de lancer les monstres sur leurs proies. Une manière "old school" de voir les choses. Mais ce n'est certainement pas un hasard, car le réalisateur se réclame de "Délivrance": une référence méritée pour ce film d'horreur britannique qui a l'audace (en ces temps de cynisme) de nous épargner les moments d'humour.
Marshall ne laisse pas au spectateur le temps de souffler. Les claustrophobes risquent de mal supporter les scènes où nos six héroïnes rampent dans les galeries souterraines, tant la sensation d'étouffement est grande. Le grand mérite de cette crédibilité revient au chef-décorateur Simon Bowles (son travail sur "The calling" était déjà remarquable) qui a su métamorphoser les studios Pinewood.

Les attaques des créatures (les Crawlers) sont tardives mais d'une férocité rarement atteinte. Le sang coule à flots. Les progrès opérés par Neil Marshall sur le découpage du film sont évidents, et beaucoup moins abrupts, comme tel était le cas sur "Dog soldiers". Contrairement aux autres actrices de films de genre, celles de "The descent" ont du répondant, et ne se laissent pas impressionner par les évènements: elles combattent et luttent corps à corps pour leur survie. Il n'y a qu'à voir cette image magnifique de Sarah, tombée dans une mare de sang, et qui en sort telle une fière amazone des temps anciens. Une façon de noter le superbe travail de photographie sur le film.

En prenant le soin de peaufiner le scénario (près de deux ans de travail), l'équipe du film s'est blindée pour assurer une qualité au résultat final. Force est de reconnaître que le pari est réussi, donnant un caractère stupéfiant de cruauté et de sadisme. D'autant plus douloureux que les victimes sont uniquement féminines.
"The descent" vient prouver qu'après "28 jours plus tard", "Creep" et "Shaun of the dead", le cinéma britannique se porte à merveille.
Au-delà du simple aspect de survival, on trouve au centre de "The descent", l'impossibilité de faire son deuil d'un être aimé. Ce qui explique le symbole de la grotte, emprisonnant les victimes du malheur. Plus psychologique que la moyenne des autres films de même catégorie, le film n'en oublie pas moins son lot d'émotions fortes.

"The descent" a été présenté hors-compétition au Festival de Venise en 2005 ( rarissime pour un film de genre!) ainsi qu'au Festival du Film Britannique de Dinard.