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Les forces du bien et les forces du mal, composés d'humains aux pouvoirs surnaturels (les autres), sont en perpétuel conflit depuis que l'homme existe car ni le bien ni le mal ne parvient à prendre le dessus. En 1342, en Russie, le chef des forces du bien rencontre le chef des forces du mal. Leurs deux armées engagent un combat sans merci. Voyant l'ampleur du massacre, les deux chefs concluent une trêve. Cette trêve doit maintenir l'équilibre du bien et du mal parmi les hommes. Les serviteurs du bien sont là pour réguler les exactions des serviteur du mal et vérifier que chaque homme agit en toute liberté et non sous une quelconque influence. L'équilibre est maintenu tant bien que mal, jusqu'à nos jours où une prophétie annonçant la venu d'un "autre" sur-puissant qui fera basculer le monde dans l'un des deux camps, semble commencer à s'accomplir.



"Night Watch" est l'adaptation du premier tome des trois romans du russe Sergei Lukyanenko: "Night Watch", "Day Watch" et "Dusk Watch". Cette trilogie s'inscrit dans la plus pure tradition de l'héroic fantasy avec pour originalité son univers très urbain et une multitude de renvois directs à la culture russe difficile à capter pour le spectateur occidental. L'adaptation de cette épopée russe est une entreprise comparable à l'adaptation du "Seigneur des Anneaux" par Peter Jackson, tant les trois livres de Sergei Lukyanenko regorgent de détails qui donnent sens et atmosphère inédite à son roman. Hélas Timur Bekmambetov n'est pas un Peter Jackson, il n'a réalisé auparavant que quelques pubs et clips, ce qui ne lui permet pas de donner l'ampleur voulue au premier volet de sa trilogie.


En effet, "Night watch" subit les conséquences d'un montage épileptique et brouillon. Les informations nécessaires à la compréhension de l'ensemble sont délivrées en continu tout le long du film, trop rapidement et parfois même simultanément. Ce premier volet est donc très bavard et apparaît comme les règles d'un univers que l'on ne connaîtrait pas et que l'on voudrait nous faire découvrir seulement avec des explications et non par l'expérience. Cet univers aura beau être magique et fabuleux, on se lassera vite de ces longues explications et on n'aura qu'une seule hâte, aller voir par nous même.


Et c'est le cas pour "Night Watch", l'histoire est surprenante et pleine de finesse (pas de manichéisme primaire), les personnages paraissent intéressant, l'esthétisme est d'une magnifique obscurité. Mais il y a un vrai problème de narration, Timur Bekmambetov ne parvient pas à nous apprendre quelque chose de l'univers qu'il veut nous faire découvrir autrement que par les dialogues. Peut être parce que la camera ne s'éloigne jamais du héros du film, peut être parce que la quantité d'éléments de compréhension à fournir était trop grande, peut être que Timur Bekmambetov n'a pas assez aimé son sujet, difficile à dire...


En tout cas, il s'agit là d'une oeuvre originale avec tout de même son lot de bonnes surprises et qui présage d'une suite palpitante. La lutte entre les autres donne lieu à des images d'une grande violence et au pouvoir suggestif important. Il pèse aussi sur le film une espèce de fatalité propre à la littérature russe qui devient de plus en plus intense au fur et à mesure que l'histoire avance. Espérons qu'une fois libéré du carcan de ces informations qui semblaient l'encombrer, le réalisateur sera cette fois porté par la belle histoire des "autres" et parviendra à nous emporter avec lui.