RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Arthur Allan Seidelman

Scénariste
Michael Sloane

Date de sortie
1987

Genre
thriller

Tagline


Cast
Malcolm McDowell
Madolyn Smith Osborne


Pays
USA

Production


Musique
Richard Band

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2
(1 vote)
Peu après avoir fait ses courses, une jeune femme trouve une vieille Cadillac dans la forêt, probablement en panne. Dans la boite à gants: des morceaux de poupées en plastique. Il fait nuit à présent, un froid glacial s'abat sur la région et la jeune femme se rend chez elle pour y préparer un bon repas sans doute réservé à son invité. L'orage approche et quelque chose ou quelqu'un l'épie. On frappe: c'est un homme poli et mystérieux qui se trouve sur le seuil, et il semble bien que sa voiture soit en panne…



A la lecture du pitch, certains feront rapidement le lien avec "Extremities", réalisé l'année précédente, où Farrah Fawcett se faisait attaquer dans sa petite maison de campagne, perdue en plein milieu de la forêt. Aucun élément fantastique ou bizarre cependant, contrairement à "Le Visiteur", qui s'en écarte royalement.

En fait le spectateur s'attendra très sûrement à un Survival voire à un Rape and vengeance. Que nenni malgré la jaquette vidéo orientée Z: "Le visiteur" se montre comme une œuvre audacieuse dans le sillage des séries B Empire & Full Moon des années 80. Ni intello, ni mal foutu, ni contemplatif: en fait "Le visiteur" est même à l'opposé des petits films horrifiques de l'époque. Et ceci, malgré le réalisateur de "Tarzan à New York" aux commandes!!



Englouti depuis fort longtemps dans les limbes de l'oubli cinématographique, "Le visiteur" s'adresse en grande partie aux amateurs de suspense et de huis-clos scotchant: le gore et l'ultra violence ne sont donc pas de la partie, à ce niveau vous pouvez circulez il n'y a rien à voir!!

Deux acteurs, deux personnages, des scènes en extérieur présentes mais bien rares, très très peu d'effets spéciaux (le plus conséquent sera signé par le fameux John Carl Buechler), mais de la manipulation encore et toujours! "Le visiteur" pouvait bien verser dans le jeu du chat et de la souris si classique, si répandu dans le genre, pendant tout un métrage: un psychopathe poursuivant sa potentielle victime dans la demeure de celle-ci. Mais là encore, Seidelman s'en éloigne considérablement, sans doute par peur de rendre son film banal, téléphoné.



Car justement, "Le visiteur" est tout sauf banal et téléphoné, et préfère prendre à contre-pied ces deux principes.
Une nuit d'orage, un homme frappe à la porte d'une maison isolée, habitée par une jeune femme apparemment mère de famille (mais où est sa famille?), qui prendra rapidement peur face à cet intrus pourtant courtois, sympathique et simple. Ce qui ne l'empêche pas de savoir certaines choses sur la vie mystérieuse de la jeune femme, également fort suspicieuse et maligne à l'égard de certaines gentillesses que lui attribue son visiteur.

Nuit d'horreur? Pas vraiment puisque Seidelman préfère disséminer petit à petit des éléments étranges ou intrigants et étaler son film sur trois jours et surtout trois nuits. Qui est cet homme? Quelle est cette boite tachée d'un certain liquide rouge? Pourquoi les personnages ne diront jamais leurs noms? Que cache la jeune femme? Qui est le chat, et qui est la souris?



Seidelman brouille les pistes, amplifie le mystère, aligne les révélations: jamais des dialogues n'auront eu autant d'importance dans une telle production horrifique. Les deux protagonistes se retrouvent affublés d'une psychologie mouvementée, souvent tordue, évoluant entre fascination, haine, masochisme, perversion et amour. Impeccables, les deux acteurs (dont le fabuleux Malcolm McDowell) se lancent avec aisance dans leurs rôles, pourtant peu aisés. Point de grimaces, de cabotinage forcené ou d'expressions excessives pour illustrer le combat mental et verbal (parfois physique) des deux personnages.

Avec sa mise en scène faussement sage, "Le visiteur" déclenche de simples moments de stress par des scènes pourtant si classiques sur le papier: l'ouverture de l'intriguant placard ou du frigo constituent les deux exemples les plus frappants.
D'ailleurs la vision de ces poupées disloquées ne serait-elle pas un clin d'œil à "Les Frissons de l'angoisse"?
Et pour constituer son final, rien de mieux qu'un tournant à 180° pourtant si peu habituel pour l'époque. Autre genre, autre style: le twist peut paraître grand guignolesque au premier abord mais il invite surtout à une nouvelle vision du film sans doute bien différente. La surprise et l'étonnement viennent au final d'un film que certains auraient tort d'oublier.








Du même réalisateur :

LUMIèRE SUR