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Shock-O-Rama prend définitivement le meilleur des chemins qui soit pour une entreprise de production indépendante. Après le Tromatique "Prison A-Go-Go", Mesdames et Messieurs, voici "Feeding The Masses". "En direct sur Channel 5, l'épidémie s'étend…" Le virus dit "Lazarus" transforme ses hôtes en zombies assoiffés de sang. Cependant le gouvernement décide d'étouffer l'affaire afin de ne pas créer d'émeute, mais aussi pour d'évidentes raisons politiques. C'est ainsi que l'équipe de reportage phare de la 5ème chaîne va décider de reprendre les choses en main et de montrer au spectateur la réalité qui le guète à chaque coin de rue. Qu'importe le gouvernement et ses directives fascistes, qu'importent les risques encourus, seule compte la vérité. Vous en saurez plus lors de notre prochain bulletin d'information.



L'affiche annonce tout de suite la couleur, en reportant un commentaire issu de Screaming Stoner Video : "Nous considérons Feeding the Masses comme supérieur à chacun des trois volets des Morts-Vivants de George A. Romero."
Il fallait tout de même oser inscrire un tel commentaire sur ce qui sert de carte de visite au métrage de Richard Griffin.

Cependant ce culot s'oublie bien vite alors que s'égrainent les premières minutes de ce petit budget aux allures de chef d'œuvre. Si la supériorité à l'œuvre du maître est parfaitement discutable –tout particulièrement d'un point de vue artistique– "Feeding The Masses" n'en réussit pas moins à remplir tous ses objectifs. Tout cela en plaçant la barre très haut et en ne sacrifiant à aucun moment au gore non plus qu'au scénario!



Si comparaison avec Romero il doit y avoir, elle se fera sur le plan de la politisation du thème. Les deux réalisateurs utilisent l'horreur –le zombie– comme un vecteur: grâce à ce magnifique moyen d'expression qu'est le cinéma tout deux relaient ainsi un point de vue, des propos engagés politiquement.
Cependant, Feeding The Masses contrairement à la saga des morts-vivants de Romero, use bien moins de finesse. En effet le message est direct, le film gagne ainsi en virulence ce qu'il perd en esthétique. Ici pas de nuance, le dessein est a peine déguisé: le gouvernement corrompu au possible, ment pour se préserver, quitte à sacrifier son peuple.

Et pour mentir aux masses quel meilleur outil pourrait-il exister que les médias?



C'est ainsi que Feeding The Masses se fait l'avocat du droit d'expression. Mais loin de toute démagogie, le propos est acide et réaliste: si le droit d'expression existe, il est utilisé à des fins bien moins romantiques que celles qu'avaient les "constituants". Certes les médias peuvent relayer toute information qu'ils désirent… pourvu que ces désirs coïncident avec ceux des puissants.

L'état de crise est déclaré, et immédiatement s'en suit une réquisition de toute station de relais de l'information par le gouvernement. Les journalistes sont encadrés par des militaires afin que soit évité tout débordement.
Ces circonstances donnent lieu à des scènes d'anthologie où tous les journaux télévisés présentent les mêmes images, les mêmes informations… Cela ne vous rappelle rien? Allumez votre poste de télévision et jugez par vous-même.




Pour appuyer son propos, Feeding The Masses utilise à merveille le format numérique. L'image est très agressive, l'action est représentée comme elle est ressentie par les protagonistes.
Cependant les ambitions de Griffin étaient telles qu'il n'aurait pu filmer sous un autre format. En effet le numérique est utilisé pour incruster nombre d'élément à l'écran: du sang qui macule les bâtiments publics jusqu'à la destruction de quartiers entiers.
C'est là une qualité à double tranchant. N'ayant pas les moyens à la hauteur de ses ambitions Feeding The Masses sert au spectateur quelques effets numérisés parfaitement immondes.

Il serait toutefois dommage d'être rebuté par cela. La qualité dont fait preuve le métrage est telle que l'on frise le chef-d'œuvre. Les performances d'acteurs sont très justes, et le film utilise en fil conducteur des éléments véridiques.

Au final plus qu'un simple pamphlet sur la place qu'a adopté la machine médiatique, c'est un cri d'éveil que lance Feeding The Masses. Tout n'est pas fini, certains ont encore la foi en leur métier.

Trent Haaga est aussi le scénariste d'"American nightmare".

Des infos supplémentaires sont disponibles sur www.eiCinema.com ainsi que sur www.shock-o-rama.com






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