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A la suite des nombreuses guerres nucléaires qui provoquent une chaîne de désastres écologiques, d'énormes monstres font leur apparition sur terre. Les seuls capables de lutter contre ces créatures démesurées sont un petit groupe de mutants doués d'une force hors du commun. Ils forment l'EDF, pas la compagnie d'électricité, mais "l'Earth Defence Force" qui, comme son nom l'indique, veille au maintien de la paix sur la planète. Tout va bien pour l'humanité, jusqu'au jour où les Xiliens, une bande d'extra-terrestres malveillants, décident de réduire l'humanité en esclavage. Leur technique est simple: ressusciter tous les monstres générés par les pollutions et les contrôler télépathiquement pour qu'ils s'en prennent aux humains. C'est sans compter sur l'EDF qui, ne pouvant pas faire face à autant de monstres à la fois, réveille Godzilla ("Big G" pour les intimes) afin qu'il les aide à faire le ménage.



C'est à Ryuhei Kitamura qu'a été confiée la difficile tâche de réaliser le film du cinquantième anniversaire de Godzilla qui est aussi censé être le dernier film mettant en scène la superstar des monstres (mais ça c'est vraiment difficile à croire!). Le réalisateur du sympathique "Versus" et de l'excellent "Azumi", s'en tire avec les honneurs. Il nous livre bien plus qu'un énième épisode de la licence, il rend un véritable hommage à ce monstre d'anthologie ainsi qu'aux films de "kaiju" (les films japonais avec des gros monstres) et aux "sentai" (les films à la "Bioman"). On assiste donc à un véritable festival de grands monstres en plastique qui piétinent des maquettes et de petits bonhommes en combinaisons moulantes qui font des bonds partout. Vous l'aurez compris "Godzilla Final War" est un pur bonheur pour les amateurs du genre et une véritable honte cinématographique pour les autres. D'ailleurs quand je l'ai vu, la moitié de la salle est partie mais celle qui est restée a passé son temps à se marrer et à applaudir. Moi, je fais parti de ces derniers qui ont passé deux heures quatre de pur bonheur.


La réalisation de Ryuhei Kitamura est, malgré son air brouillon, toujours aussi sèche, nerveuse et efficace. Ce dernier fait preuve d'une dévotion sans borne au genre et respecte chacune de ses caractéristiques. Il parvient pourtant à faire de ce film, non un vulgaire film de licence, mais une oeuvre personnelle. Et ce, grâce à la générosité qui caractérise chacun de ses films. On n'a en effet jamais vu un film de "kaiju" avec des héros aussi kitch et des combats de monstres aussi délirants, dignes des meilleurs combats du "pride" (tournoi de combats libres). Aussi, il n'est donc pas étonnant de voir Don Frye (légende du "pride") en commandant mono expressif de la résistance humaine, et l'apparition de quelques autres combattants célèbres qui ont dû être de précieux conseillés sur le tournage en ce qui concerne les chorégraphies des combats.


Les seuls véritables défauts du film sont qu'à force de vouloir en faire toujours plus, le scénario a tendance à flirter avec les limites du n'importe quoi, et qu'on a droit à des explications scientifiques un peu longues, qui ne veulent pas dire grand chose. L'interprétation des acteurs frôle souvent l'amateurisme mais c'est sans importance parce qu'ici ce ne sont pas les humains les héros mais les monstres.


Toutes ces faiblesses sont de toute manière compensées par l'énergie débordante que donne Ryuhei Kitamura à son film. En prime, on aura droit entre deux combats à quelques répliques dignes de devenir cultes, mais surtout à une scène qui restera dans les annales, et qui pour elle seule mérite que le film soit vu: notre bon vieux Godzilla de plastique, après avoir mis au tapis un bon nombre de créatures aussi "cheap" que lui, se retrouve nez à nez avec le très laid "Godzilla" américain en image de synthèse de Rolland Emmerich. L'image de synthèse se rue sur le monstre de plastique, ce dernier l'évite avec agilité et d'une droite, envoie l'image de synthèse s'empaler sur un lampadaire. Jubilatoire!