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Peu après avoir pris le train, la jolie Anglaise Hellen se retrouve quelque peu perdue dans la campagne française. Elle est heureusement aidée par le sympathique Philippe Mansart, faisant parti d'un groupe de notables se réunissant souvent dans la région. Il les rejoint d'ailleurs le lendemain pour participer à une partie de chasse. Tout semble se passer pour le mieux lorsque les frères Danville croisent Hellen et la violent. Laissant leur victime sur les lieux, les deux frères ne semblent guère inquiétés. L'un d'eux, revient sur ses pas pour récupérer son arme: Hellen s'en empare et lui tire dessus. A présent, un nouveau type de chasse a lieu…



Sous-genres créés au début des années 70, le Survival et le Rape And vengeance sillonnent l'Italie, les USA, le Japon, voire parfois la Norvège ou l'Inde (pour ces deux derniers c'est surtout le RAV qui est concerné) depuis de nombreuses années. Les déceptions sont rares, la plupart des films jouant surtout sur une efficacité et une violence extrêmes. Il arrive même que les deux sous-genres s'entrecroisent en un seul film.

Ce sera la cas pour "La traque" qui, non content de confondre les deux genres, se révèle être bien de chez nous! D'un réalisateur comme Serge Leroy, on est en droit d'être plutôt surpris.



Malgré un petit statut culte, "La traque" n'existera que par ses rediffusions sur France 3 (la VHS semble belle et bien inexistante), qui ne sont pas d'ailleurs d'un grand nombre.

Le coté RAP/Survival rural peut renvoyer éventuellement au chef-d'œuvre "Les chiens de paille", duquel "La traque" s'éloigne largement. Le coté Survival est bien plus important, le film ne prône en aucun cas une certaine ultraviolence et le viol n'occupe heureusement pas une très grande partie du film: "La traque" se montre intelligemment et astucieusement différent. Leroy prend son temps pour développer ses personnages, qu'on découvre lors d'un long gueuleton avant la fameuse partie de chasse.



Un casting de gueules irréprochables, très en vogue dans le cinéma français 70's : Marielle, Constantin, Bideau, Lonsdale, Léotard… Un beau petit monde qui évitera judicieusement le manichéisme. Et puis sans oublier LA victime, la superbe Mimsy Farmer, femme blessée, fragile, brisée et même forte (la scène du fusil, où elle se montre parfaitement directe) fuyant sans cesse ses assaillants dans un bois encore fortement marqué par l'humidité du matin.

Complice du fameux viol, le douteux Albert Danville encourage ses compagnons à poursuivre la victime, les forçant à accomplir une véritable chasse à la femme. Une décision que prendront à contrecoeur certains, mais qu'ils prendront tout de même. Et pourtant le but précis d'Albert est avant tout de tuer la jeune femme. Là où une certaine justice a été appliquée (Hellen tire sur son violeur, lui renvoyant la monnaie de sa pièce) l'impitoyable Albert cherchera tout de même à aggraver la situation: si la jeune femme dénonce le fait à la police, c'est le clan de notables qui sera remis en cause. Plus question de faire un marché pour certains, il faut la supprimer.



Si cela vous rappelle quelque chose, normal, "Calvaire" a très sûrement pris le film comme inspiration pour sa dernière partie. A la manière du futur "Sans Retour" Leroy infuse un coté lourd, interminable, éprouvant à son oeuvre: l'oppression que ressent l'héroïne est tout à fait palpable, rendant la poursuite haletante, suffocante. Les artifices visuels, le grand guignol, l'hystérie, les effets de style, la musique: tout cela est proprement inutile dans "La traque", qui préfère verser dans un style purement réaliste (quasiment documentaire diront certains), accroissant très souvent la puissance qui se dégage de l'ensemble.

La partition musicale de Giancarlo Chiamarello, uniquement présente dans le générique de fin et de début, est d'une infinie tristesse, et colle subitement au terrible destin de la pauvre Hellen. Les grands moments de tension (le tunnel, l'encerclement sur la route, le viol…) réussissent, en quelque sorte, à faire beaucoup avec pas grand-chose, jusqu'à cet épilogue traumatisant d'une parfaite cruauté.
Jamais un "Help" ne vous fera autant froid dans le dos…

Les photos ont été prises sur le forum de Devildead.






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